L'arnaque du Blue Monday

Publié le 18 janvier 2016 Sylvia Di Pasquale

L'arnaque du Blue Monday

Arrêtez tout. Oubliez la sacro-sainte réunion du lundi matin et ce rendez-vous client de l’après-midi. Car ce jour est maudit. C’est le plus déprimant de l’année et c’est scientifiquement prouvé par une formule mathématique où s’entremêle la météo pourrie, le temps écoulé depuis les fêtes de Noël, les factures qui s’amoncellent, et l’abandon des bonnes résolutions prises au début de l’année.

Une belle formule, mais surtout une belle arnaque montée de toutes pièces en 2005 par l’agence de pub d’une compagnie aérienne qui promettait du soleil à ses clients déprimés par le fameux lundi. Ce qui n’empêche pas ce Blue Monday de refaire surface à chaque début d’année à coup d’articles alarmistes ou de conseils de coach qui tentent de nous faire surmonter ce lundi noir. Même Wikipédia a consacré une page à ce phénomène. Alors, plutôt que de suivre les recommandations du site Atlantico qui, il y a deux ans tombait dans le panneau et susurrait à ses lecteurs avec une remarquable sobriété de formule, de « réenchanter ces instants et de licencier la platitude supposée de ces nuances de gris sans perspectives », faisons comme si de rien.

C’est l’hiver ? La belle affaire. C’est lundi ? Quelle folie. Nos résolutions se font la malle ? Quel scoop international. Alors on retourne à sa réu du lundi comme chaque semaine et on file chez ce client qui nous enquiquine tant. Et si la vue des collègues vautrés autour de cette table vous agace, si le fait d’avoir à subir les récriminations de ce "partenaire extérieur" (puisqu’on ne les appelle plus ni clients ni fournisseurs, vous avez remarqué ?) vous font cauchemarder, arrêtez d’incriminer le Blue Monday bidon.

Si vous êtes déprimés, ce n’est pas la faute au début de semaine, à la neige qui tombe, aux impôts à payer ou aux fêtes qui s’éloignent. C’est parce que le boulot que vous exercez ne vous plaît pas, ne vous plaît plus ou ne vous a jamais plu. Inutile de se cacher derrière son petit doigt en forme d’étude publicitaire à deux balles. Changez de boulot, tant qu’il est encore temps.

Syl_DiPasquale © Cadremploi.fr

Dessin de Charles Monnier

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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