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L'embauche des seniors ? La bonne variable d'ajustement

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Sylvia Di Pasquale

09/02/2015

Pour tenter de leur trouver du boulot, experts et communicants se creusent le ciboulot. Comment convaincre les entreprises d’embaucher des seniors, quand elles ne jurent que par les juniors ? On a presque tout essayé : expliquer en long, en large, et souvent en travers, que les quinquas sont aussi connectés que les geeks bourrés d’acné. On a aussi tenté de prouver qu’ils sont aussi dynamiques que le meilleur sauteur à l’élastique. Rien n’y fait. Leur taux de chômage a augmenté de 10,8 % l’an passé, près du double du reste de la population qui n’a subi une hausse « que » de 5,7 %.

Alors on se résigne à la casse ou on se décarcasse ? La première solution semble s’imposer, même si elle est cachée sous un épais maquillage de plans seniors successifs. Mais un DRH a peut-être l’idée, pragmatique, économique et efficace qui pourrait remettre en piste les plus de 50 ans qui stagnent dans les statistiques de Pôle emploi. Une idée que d’autres avant lui ont peut-être muri. Mais lui, en parle ouvertement, au détour d’une question du Club emploi de cette semaine.

Ce directeur des ressources humaines s’appelle Philippe Calmels et il est à la barre des RH du groupe Crédit du Nord, de ses 8 banques et de ses 9 200 salariés. Son idée est une véritable idée de crise, elle consiste à favoriser l’embauche des seniors pour une raison simple : la courte durée de leur présence dans l’entreprise, avant leur départ en retraite, est du pain béni pour ajuster naturellement les effectifs en période de faible croissance. « Nous avons un goût pour l’embauche des seniors, explique-t-il ici, nous le devons au management. On ne peut pas toujours repartir pour quarante ans avec tous les salariés, parce que la croissance n’est plus ce qu’elle était ».

Bien sûr on peut se draper et hurler. Se dire que les seniors sont une variable d’ajustement des effectifs d’une boîte puisque leur embauche génère un turnover naturel plus rapide. On peut aussi se réjouir et se dire que cette motivation d’embauche n’est pas moins recevable que celle qui consiste à embaucher des juniors parce qu’ils sont payés à des salaires inférieurs. Et, surtout, qu’elle peut permettre à des quinquas de se rendre utiles jusqu’à ce que l’heure de la retraite ait enfin sonné.

@Syl_Dipasquale 

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi 

19

commentaires

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sergium

15/03/2015

à 10:10

C'est vrai que tout ceci est désolant.
J'ai fini par accepter, j'ai pris un "petit" boulot inadéquat avec ma formation, mes objectifs. Grâce à cela, je suis maintenant en arrêt maladie.
Nous vous remercions de nous rejeter.
Les compétences se perdent mais surtout un savoir vivre, savoir faire, savoir être !
Et ... le goût du travail ! Les jeunes ne veulent plus se casser le nez !

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HVF

10/03/2015

à 10:09

ex "chef d'entreprise de TT", et donneur de leçons !!! Non mais je rêve..

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vieuxboxeur

23/02/2015

à 13:56

Il faut arrêter l'hypocrisie qui consiste à repousser l'âge de la retraite et à exclure définitivement les plus âgés du monde du travail.
Qui procède à cette exclusion si ce ne sont les services des Relations Humaines.
Monsieur CALMELS a probablement des idées excellentes, les met il en application ?
A ce jour, je n'ai vu rien de tel émanant de sa société.
Agé de 59 ans licencié après avoir occupé un poste important, mon conseiller "Pôle-Emploi" m'a dit : "pour la durée de travail qui vous manque vous pouvez vous contenter d'un poste subalterne peu rémunéré. Une banque ,(... autre que Crédit du Nord ) propose une formation en alternance réservée aux seniors de plus de 55 ans et aux handicapés". Je me suis donc présenté aux entretiens, j'ai d'abord été surpris par une forte présence de handicapés très mineurs et de seniors de 50 ans voir moins. Après l'entretien final qui a été très chaleureux, j'ai constaté qu'étaient retenus ceux qui avaient encore 10 ans devant eux et ceux dont le handicap n'est pas trop voyant...
Cette constatation s'explique et se comprend. Il faut cependant arrêter l'hypocrisie vis de ceux qui sont exclus du marché du travail qu'elles que soient leurs compétences et prendre les mesures adaptées, plutôt que de jouer à "cache cache" avec la réalité.
Monsieur de VILLEPIN avait, en son temps, mis en place une mesure de prise en charge de la totalité des charges sociales des plus de 55 ans pendant trois ans. Celle ci s'est avérée efficace. Bien entendu Saint Nicolas le Petit a déployé toute sa haine contre cette "catégorie de profiteurs" et l'a supprimée. François HOLLANDE a fait des promesses qui semblaient sérieuses au mois de novembre. Pour le moment rien de concret et de raisonnable n'est proposé. Espérons.

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vieuxboxeur

23/02/2015

à 12:18

Que dirait le "super héros" du monde de l'entreprise qui se présente "vivi83" et auquel tant de salariés doivent leur salut si, après 31 ans de service très intense et sans le moindre arrêt de travail, six ans avant l'âge légal du départ en retraite, on l'avait "chassé" de son entreprise comme on "chassait" une servante au 19° siècle et qu'ensuite on l’empêchait de retrouver un travail parce qu'il a engagé une procédure contre son employeur.

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vivi83

16/02/2015

à 10:59

Qui peut proposer aujourd'hui des emplois garantis longue durée,sinon quelques grosses entreprises?
J'ai été chef d'entreprise, de ma propre création, de 3 entités dans 3 domaines différents:
la construction de maisons individuelles(30 personnes),le vrd(30 personnes),le travail temporaire(140 personnes),puis DAF,DRH et je sais donc de quoi je parle.
Vous ne pouvez vous imaginer l'énergie qu'il faut déployer commercialement pour faire vivre tous ses salariés!
Tout ceci se passait dans les années 80/90.Imaginez aujourd'hui!!!
Et vous comprendrez ma retenue à vouloir absolument un emploi plein temps garanti à vie!
Il faut se rendre à l'évidence:la difficulté doit ètre partagée!C'est la seule solution en attendant des jours meilleurs!

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fefe34

15/02/2015

à 14:34

Que dire d'un DRH qui propose de type de solution de contournement. Il existe déjà des contrats qui permettent ce genre de flexibilité.
De la part d'un DRH cette proposition est étonnante...
Pour aller plus loin, les entreprises passent par les cabinets de recrutement pour imposer des recrutements avec des critères discriminants.
Qui lance les campagnes de recrutement dans les entreprises, si ce n'est pas la DRH ?

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chance

15/02/2015

à 13:39

je suis sidérée lorsque je lis votre réaction
cela revient à dire que maintenant le Salarié n'est qu'un pion que le Manager a tout droit sur "sa chose" l'exploiter, le faire devenir le meilleur qu'il puisse être, faire un gros effort pour se maintenir à de fortes cadences de travail ou de stress pour obtenir le poste en CDI et ensuite se voir laisser pour compte !! et on recommence avec un autre
cela est arrivé à ma fille (infographiste)

cela revient à dire que c'est une nouvelle forme "moderne" d'esclavage pour l'employer et de profit pour les Chefs d'Entreprise ....

où est passé le temps où l'on trouver facilement du travail et que chacun pouvait envisager un avenir .... acheter une maison, changer de voiture, faire des travaux ... ah !! les belles années 1970/1980 !!

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vivi83

15/02/2015

à 10:33

Dans le contexte actuel de difficultés à assurer à tout salarié un emploi durable comme par le passé,je comprends la peur des chefs d'entreprise.Ceci est tout à leur honneur,car leur attitude est responsable et voire remplie d'honnèteté.
En effet,embaucher quelqu'un en CDI et le débarquer quelques mois après n'est agréable pour personne.
Ces constats établis,quelle est la meilleure solution pour les uns et les autres?
N'est ce pas l'embauche adaptée en temps déterminé pour honorer des commandes ponctuelles?
Qui peut le mieux satisfaire à cette nouvelle donne:le salarié très expérimenté et qui consentira à s'adapter à cette flexibilité devenue obligatoire.
Cette attitude contribuera à la survie des deux parties:l'entreprise qui assurera à son client la qualité exigée et le salarié qui retrouvera une estime de lui même.

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Marylise

12/02/2015

à 11:04

Votre commentaire me paraît très pertinent et juste.
J'ai 50 ans, ex-cadre commerciale.
Aussi, dorénavant et à partir de maintenant, je vais "ouvrir" ma recherche d'emploi en ajoutant le critère "CDD".
Au pire, je retrouverai une activité, même brève, qui me relancera ; je serai à nouveau acteur sur le marché du travail. Moralement, ça compte.
Au mieux, au regard de mes résultats, on m'embauchera en CDI à l'issue de mon CDD.
Rien à perdre, tout à gagner.
Merci SDS

> Répondre

zoo

11/02/2015

à 15:17

Dans cet hécatombe, je regrette que nous ne puissions passer notre savoir à la génération montante. Il y aura une cassure dans le savoir faire au détriment de
la qualité de la main d'œuvre. Nous passions notre temps à expliquer le pourquoi des choses, la manière de gérer l'échec dans une vente etc etc ..................
Messieurs, ne venez pas pleurer dans quelque temps sur l'impossibilité de trouver des personnes compétentes et fiables.
Merci aux faiseurs de cette situation.

> Répondre

M4242

11/02/2015

à 14:30

Le problème d'un senior pour une entreprise, c'est que compte tenu de son expérience,il ne croit plus du tout à la propagande que les entreprises infligent à leurs employés.
Il connait les dessous des cartes. Or, un junior est encore permeable au discours neuneu et ampoulé des DRH et des directions.

> Répondre

lekh

11/02/2015

à 13:41

D'accord à part pour cette phrase:
"quand elles ne jurent que par les juniors ? "

C'est faux les entreprise visent les profiles intermédiaires (5 ans expériences, junior c'est moins de deux ans), il n'y a qu'à regarder le taux élevé de chômage chez les jeunes et le nombre de jeunes diplômés contraints de partir à l'étranger, pour s'en rendre compte.Pour avoir fait une formation d'insertion à l'embauche, la moitié des gens sont des seniors, l'autre moitié des jeunes. Il est extrêmement difficile pour un jeune diplômé de trouver son premier emploi. Il y a un double problème on se débarrasse des expérimentés parce que trop couteux et on ne forme pas de jeunes. Les entreprises ne recherchent uniquement quelqu'un qui a fait le boulot pendant 4-5 ans ni plus ni moins. Dans le service où je travaille, il s’étonne de ne trouver personne avec 5 ans d'expérience, pourtant l'origine de ce problème est évidente, en 2009 de nombreuses entreprises (dont la mienne) ont gelé les embauches des profils non expérimentés. Les choses ne vont pas en s'améliorant, ce n'est pas spécialement dû à un mépris des seniors mais à la vision à très court terme des entreprises, senior=chers à payer, jeune diplômé= chers à former.
Le problème doit être traiter en simultané, forcer les entreprises à former des jeunes et à garder leurs expérimentés. Sur le long terme, c'est complètement dans l’intérêt de l'entreprise.

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Lubenice

10/02/2015

à 16:30

La façon de traiter les seniors est significative de l'avenir que l'on defini aux juniors ,il ne faut pas s'etonner que les meilleurs s'en aillent

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Sdepomyers

10/02/2015

à 13:04

Philippe Calmels a une vision intéressante qui se rapproche des missions des Managers de transition.
L'important est d'offrir une contribution efficace et professionnelle à l'entreprise en ligne avec ses besoins pendant la période où elle en a besoin.

> Répondre

mary

10/02/2015

à 10:34

Si les "fameux" cabinets de recrutement sont les plus pétris de conformisme, pour ne pas dire de préjugés, à qui la faute ? Ils agissent en effet pour le compte de clients qui ont réuni dans un cahier des charges des critères d'exigence que les seniors n'ont aucune chance de satisfaire à l'heure actuelle.
La question-clé reste : "Comment faire changer les mentalités ? Profondément, durablement.
Cela fait désormais des années que chacun explique le "pourquoi", se tortille autour d'un "quoi" qui embarrasse mais peu s'engagent dans le "comment". Alors, je suis à l'affût, pour la saluer, de la moindre initiative qui vise à associer toutes les forces vives de ce pays au lieu de faire porter tout l'effort de création de valeur sur les 25-45 ans.

> Répondre

sds

10/02/2015

à 10:17

Evidemment que c'est une excellente idée !

Allons plus loin et éliminons le CDI, car c'est un vrai frein à l'embauche, qui fait peur, à juste raison, à l'employeur et qui lénifie l'employé.

Je suis un "quinquas" heureux (pour l'instant) car j'ai abandonné le CDI voilà bien des années, après un période de chômage.

Ce qui m'a décidé à faire ce choix, c'est le vocabulaire, quand les entreprises ont cessé de s'appeler "entreprise" pour devenir des "centres de profits".

Je ne compte que sur ma valeur et un contrat "moral" pour convaincre : voilà ce que je suis, ce que je sais faire, vous avez un besoin maintenant mais vous ne savez pas si vous pourrez le pérenniser ?

Et bien faisons un bout de chemin ensemble et, quand ce sera le moment, nous nous séparerons rapidement, sans douleur pour votre entreprise et bons amis.

Et cela fonctionne ! Je suis en plein emploi depuis ce choix.

Le fait que je travaille dans le BTP est peut-être nécessaire pour réussir, mais cela peut être vrai pour chaque domaine professionnel où se réalisent des projets.

Bonne journée !

> Répondre

olivier

10/02/2015

à 09:18

Il y a un moyen simple de contrecarrer le phénomène de jeunisme qui prévaut dans les recrutements de la part des entreprises. Le registre des entrées/sorties de personnels est obligatoire. dans les entreprises. L'inspection du travail pourrait tout simplement controler ces registres sur une période d'un an et vérifier que les seniors ou les minorités ont été discriminés, (ou pas), dans le cadre des embauches inscrites sur les registres. La loi sur la discrimination sanctionne de 45000Euros d'amende et 3 ans d'emprisonnement les personnes ayant discriminé, elle n'a qu'à etre appliquée aux personnes responsables de ces situations c'est à dire solidairement les DRH et les DG.
Pourquoi la loi n'est-elle pas appliquée ? On se le demande. Tant que par des exemples de sanctions, les responsables de ces situations ne seront pas inquiétés, rien ne changera dans leurs comportements. .

> Répondre

lucien

10/02/2015

à 09:06

Combien de fois j’ai entendu en toute fin de discussion par ces « fameux » cabinets de recrutement, sur un ton un peu gêné « vous avez quel âge déjà…. »

En sympathisant avec certains, ils m’ont avoué avoir des critères d’âge bien définis avec le client, ils sont désolés, mais le client est roi, et nous, à partir de 45-50 ans plus compétitif selon eux (trop cher, pas assez malléable, risque de maladie, que sais-je encore comme bêtise) !

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Senior +

10/02/2015

à 08:09

Lorsque des sociétés se mettent à mépriser leurs "seniors", celles-ci signent indubitablement leur fin. Se passer de l'expérience et des compétences des seniors, c'est se tirer une balle dans le pied ...

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