La Position Du Démissionnaire #4 : A quand la démission pour causes climatiques ?

Publié le 23 septembre 2019 Sylvia Di Pasquale

[Chronique] Que se passe-t-il avant, pendant, après la démission ? Toujours à l’affût de vos expériences, je partage dans cette chronique ce que j’observe et ce que l’on me raconte sur ce sujet gravement tendance. Cette semaine, Fanny et Lilian partagent leurs dilemmes éthiques sur leurs employeurs.
La Position Du Démissionnaire #4 : A quand la démission pour causes climatiques ?

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai comme l’impression qu’il y a du climat dans l’air. L’ONU réunit les chefs d’État ce lundi pour en causer, quant à la rue, elle s’en est emparée vendredi et samedi dernier. Le dérèglement affole, inquiète ou interpelle selon le niveau de collapsologie de chacun.

Et les entreprises dans tout ça ? En dehors de la marque de vêtements de sport Patagonia, qui s’est fait son petit buzz en fermant ses magasins les jours de manif, elles se font plutôt discrètes sur le sujet.

  • « Quand elles ne sont pas carrément complices. »

Fanny éructe. Sa boîte conçoit des logiciels permettant de détecter les nappes de pétrole.

  • « Et ce que redoute le plus mon boss, c’est la fin des énergies fossiles ! »

Alors Fanny, qui fait du vélo et travaille aux RH, voudrait coller sa démission, et s’en aller travailler dans une entreprise qui correspond à son éthique.

Lilian est dans le même état d’esprit. Son employeur ? Une compagnie aérienne. Lui ? Il milite pour l’abandon des voyages lointains et pour le TGV lors des destinations proches. Une manière de se tirer une balle dans le train d’atterrissage, non ?

  • « Je dois absolument clarifier ma position. Pour ce faire, je souhaite aligner ma façon de vivre et de travailler. »

Évidemment, Lilan ne parle pas comme ça. Ce n’est qu’une traduction de ses véritables paroles, plus proches de

  •  « j’en peux plus de vendre des billets low-cost à des touristes qui se fichent totalement d’envoyer des tonnes de C02 dans l’atmosphère juste pour se faire bronzer la couenne ». 

Devant leurs turpitudes respectives, qu’est ce qui peut bien empêcher Fanny et Lilian d’envoyer valser leurs employeurs ?

D’abord la peur de ne pas trouver immédiatement un job correspondant à leur éthique, et celle de ne pas trouver en Pôle emploi une empathie indemnisée, en soutien de leur quête de l’employeur idéal :

  • « Défendre le climat et faire du profit, c’est incompatible. Quand elles ne font pas du greenwashing, les entreprises font l’autruche. Et c’est partout pareil !  »

Heureusement, il existe des boîtes qui ne s’en fichent pas. Et des métiers qui permettent d’a-li-gner ses valeurs à son boulot. Quand la morale devient pratique et l’éthique raisonnable, il n'est pas impossible que les démissions pour causes climatiques fleurissent en toute saison. 

 

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Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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