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La Silicon Valley invente l'avantage contre nature

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Sylvia Di Pasquale

20/10/2014

Quelle excellente idée. Bien mieux que de leur offrir une voiture de fonction, Facebook et Apple remboursent à leurs salariées la congélation de leurs ovocytes. Une prime de 20 000 dollars pour renvoyer les layettes aux calendes grecques. Les féministes américaines applaudissent, y voyant une avancée du même tonneau que la contraception. Une révolution  pour ne plus choisir entre carrière et enfants.

Tim Cook et Mark Zuckerberg seraient donc les nouveaux chantres de la cause féminine. Le boss de la pomme et le roi des réseaux font faire un pas de géant à l’égalité hommes-femmes en entreprise. D’autant qu’ils avaient un gros problème sur les bras : comment attirer suffisamment de filles dans leurs équipes mais surtout comment les rentabiliser ? C’est vrai quoi, à peine embauchées, les voilà qui s’en repartent pendant plusieurs mois faire des enfants. De quoi chambouler toute la belle machine organisationnelle qu’ils ont réussi à mettre en place, pendant de trop courtes journées et de très longues soirées, alors que leurs femmes les attendaient sagement sur le pas de la porte de leur magnifique villa de la Silicon Valley, avec leurs bambins dans les bras.

D’où cette idée géniale. Une idée qui coûte cher, évidemment. Mais de cette manière, au moins, elles postuleront plus nombreuses (elles ne représentent qu’un tiers des salariées actuellement) et repousseront leur envie d’enfants à plus tard. D’ici là, Apple et Facebook auront bien le temps de les essorer et, qui sait, d’ici là, leur mari aura peut-être réussi une brillante carrière et elles pourront, elles aussi, rester dans leur belle maison ceinturée de beau gazon.

Une chouette idée surtout pour les boîtes qui les mettent en place. « Une manière de soumettre les femmes aux règles du marché, » comme l’affirme l’économiste Hélène Périvier aux Inrocks. En 1967, toutes celles qui soutenaient le regretté Lucien Neuwirth dans sa lutte (réussie) pour imposer la légalité de la pilule contraceptive proclamaient qu’elles voulaient des enfants « quand elles le souhaitaient ». Aujourd’hui, c’est quand l’entreprise le souhaite.

@Sylvia Di Pasquale

Illustration © Charles Monnier

5

commentaires

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Jean-Louis

03/11/2014

à 13:15

En pratique, rien n'est obligatoire, il y a donc leu de limiter les propos excessifs.
Ensuite, sur une planète en surchauffe pour cause de sureffectif, toute tentative pouvant conduire limiter la prolifération de l'humanité devrait être saluée comme un bien pour la planète et pour l'humanité.

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toto

22/10/2014

à 15:09

bonjour,
flexibilité, quand tu nous tiens!
jusqu'à quel point l'intrusion de l'entreprise dans le sphère privé..........Hélas! sans limite....

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lulu

22/10/2014

à 13:08

La plus grande régréssion sociale de ce début de siécle ou la finance n'héiste plus devant rien pour gagner juste un peu plus !

Mesdames vous n'êtes plus que des poules pondeuses dans leurs batteries et telle une vache vous serez priées de vous reproduire avant de passer par l'abatoir !

1988 de ORWELL Nous n'en avions pas rêver mais ils le font quand même !

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Niavlys

22/10/2014

à 12:34

« […] proclamaient qu’elles voulaient des enfants « quand elles le souhaitaient ». Aujourd’hui, c’est quand l’entreprise le souhaite.  »

Sauf erreur, l’entreprise ne prend pas les ovocytes de force, si ? C’est bien une possibilité qu’elle leur offre pour les attirer dans l’entreprise. Ça m’étonnerait que le contrat contienne une clause « vous ne ferez pas d’avant avant 10 ans passés dans notre entreprise ».
Non, à la limite, c’est peut-être la société qui leur impose quand faire des enfants : on gagne de moins d’argent, on a de plus en plus de mal à avoir une situation stable, et on a besoin de cette stabilité pour s’installer et fonder une famille, donc on attend.

> Répondre

Gel

21/10/2014

à 22:37

Et la congélation des spermatozoïdes et celle des foetus !

Qui est propriétaire de l'ovule ? La femme ou son employeur.

Quid du foetus quand elle quittera son entreprise ?

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