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L’argent n’est pas le seul facteur de motivation au travail, c’est le premier

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Sylvia Di Pasquale

04/06/2018

Je veux des happiness officers, des afterworks, des tournois de baby-foot pour me motiver. En substance, voilà ce que des légions de spécialistes RH, de managers et de dirigeants pensent que pensent les salariés. Mais la réalité est peut-être plus triviale et, du coup, beaucoup moins ludique que tous les outils rigolos du bien-être au boulot. Car selon la toute fraîche étude publiée par ADP*, le pape des solutions RH, le premier facteur de motivation reste toujours la fraîche et ça n’a pas changé depuis 2016.

Des pépettes, des thunes, de la caillasse : voilà ce qui est, en l’occurrence, « le plus grand facteur émotionnel du bien-être au travail ». C’est du moins le premier critère de motivation exprimé dans l’étude par 50 % des hommes et 44 % des femmes en Europe.

La rémunération est un facteur d'engagement certes non suffisant mais néanmoins primordial

Quelle meilleure manière de leur faire comprendre que l’on fait un bon job que de les payer en conséquence ? Une notion bête comme chou qui semble régulièrement perdue de vue. Évidemment, les salariés européens ne sont pas seulement rivés à leur fiche de paie. 22 % tiennent également à leur équilibre vie perso et vie pro, mais ils sont moins nombreux que l’an passé (28 %). Les relations avec les collègues ? Voilà qui est bigrement important, certes. Mais 21 % des sondés seulement veulent copiner au boulot.

Les Français sont-ils plus vénaux que leurs cousins européens ? Pas spécialement mais nous sommes moins âpres au gain que les Polonais : 60 % d’entre eux estiment que la bonne paie détermine la bonne motivation. A l’inverse, les Suisses ne sont que 35 % dans ce cas. Au pays des salaires parmi les plus élevés d’Europe, on est moins regardant.

Cette situation ne date pas d’hier. Depuis trois ans, le spécialiste du logiciel RH pointe les mêmes aspirations en matière de rémunération comme facteur d’engagement certes non suffisant mais néanmoins primordial. Et ADP n’étant pas une petite TPE confidentielle, ses études sont très largement diffusées, surtout auprès de ses clients, les entreprises. Mais alors, pourquoi un tel déni ? Parce que les happiness officers, les afterworks et les tournois de baby-foot coûtent moins cher et s'avèrent plus rentables pour la productivité qu’une bonne vieille augmentation de salaire ? Ce serait d’une parfaite mauvaise foi que de prétendre cela.

* Etude «The Workforce View in Europe in 2018 » explore l'état d'esprit et les opinions des collaborateurs vis-à-vis de l'avenir du travail. Elle a été menée par l’agence indépendante Opinion Matters, pour le compte d’ADP. L’échantillon était composé de 9908 adultes actifs dans 8 pays européens : Allemagne, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni et Suisse.

 

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

[Cet article est un éditorial qui reflète le point de vue de la rédaction. Le forum ci-dessous vous permet de le commenter ou d’apporter votre témoignage en lien avec le sujet évoqué, dans le respect des principes éthiques et de savoir-vivre (comprenant l’écriture avec un certain soin). Nous avons hâte de vous lire et vous remercions de votre visite.]

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P

07/06/2018

à 14:59

Mes critères ont toujours été Mission (ce que je vais faire), Environnement (celui de l'entreprise et les alentours) et en dernier salaire.
Aujourd'hui, le critère salaire prend plus d'importance car en recherche d'emploi et difficulté à trouver un emploi ou à un salaire sacrifié (30-35K€ pour un cadre de 50 ans !!!).
Toujours locataire et pas d'épargne suffisante pour devenir propriétaire, Aujourd'hui, l'argent devient mon premier critère.

Si les entreprises versées des salaires décents, l'argent ne serait pas le facteur de motivation.
Et celles qui proposent des afterworks, elles empiètent sur la vie privée des salariés mais cela fait "dans le coup" et sont récompensées par le bien-être au travail

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Laure

07/06/2018

à 11:13

Il ne faut pas confondre facteur d'engagement, besoins, motivation, démotivation... ce n'est pas le salaire qui donne de l'enthousiasme pour aller au travail tous les matins, qui va faire qu'on est content au boulot, qu'on a envie d'y aller. Par contre si on s'estime sous payé, si on n'arrive pas à joindre les deux bouts, si on ne se sent pas reconnu, alors on va chercher un autre job pour répondre à ces besoins fondamentaux.
Il s'agit davantage de désengagement si on ne l'a pas, que de motivation si on l'a.

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P

06/06/2018

à 14:19

Mes critères ont toujours été Mission (ce que je vais faire), Environnement (celui de l'entreprise et les alentours) et en dernier salaire.
Aujourd'hui, le critère salaire prend plus d'importance car en recherche d'emploi et difficulté à trouver un emploi ou à un salaire sacrifié (30-35K€ pour un cadre de 50 ans !!!).
Toujours locataire et pas d'épargne suffisante pour devenir propriétaire, Aujourd'hui, l'argent devient mon premier critère.

Si les entreprises versées des salaires décents, l'argent ne serait pas le facteur de motivation.
Et celles qui proposent des afterworks, elles empiètent sur la vie privée des salariés mais cela fait "dans le coup" et sont récompensées par le bien-être au travail

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Lasegue

05/06/2018

à 19:31

Nous avons eu le cas d'un cadre à qui l'on a proposé dans l'entreprise 30 % de supplément à son salaire s'il partait dans une région qui ne lui convenait pas. Ce dernier a décliné le poste pour privilégier sa vie de famille. Son épouse se sentait très bien dans son travail, ses enfants étaient dans des clubs sportifs et autres, lui-même chasseur et pêcheur, a voulu garder son confort de vie. J'en connais d'autres qui ont également fait ce choix ! Donc l'argent n'est pas le premier facteur de motivation pour tous.

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Ivan

05/06/2018

à 21:13

La pyramide de Maslow explique très bien pourquoi un cadre qui gagne parfaitement sa vie est moins sensible à 30% de salaire qu'un ouvrier payé au SMIG. Il ne faut pas non plus généraliser.
Les jeunes qui arrivent sur le marché du travail sont en général beaucoup plus exigeants en termes de qualité de vie que les générations précédentes. Le salaire n est donc plus la seule motivation même si les besoins matériels a cet âge là sont supérieurs, lorsqu'il faut tout acheter.

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Anthony

06/06/2018

à 09:34

Je suis moitié d'accord avec vous.
Je suis jeune (27 ans) en début de carrière, et le salaire a une grande importance puisque nous découvrons encore en quelques sortes tout ce que nous pouvons acquérir avec cet argent gagné tandis qu'une personne plus âgée dispose certainement d'une situation plus stable (famille, maison, biens matériels...). Donc en effet les conditions de vie deviendront probablement prioritaires.
Cela aurait été intéressant dans cet article d'avoir la tranche d'âge des personnes sondées.
Maintenant cela peut dépendre également du secteur d'activité, du statut...

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BB

05/06/2018

à 16:14

Il y a quelques années, j'ai le souvenir de formations où l'on nous racontait que la motivation des salariés venait principalement de la reconnaissance. Est-ce que cela a évolué ? Nous aurait-on menti ? Ou est-ce que la question était posée différemment ?
Merci

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Alain

06/06/2018

à 11:03

La rémunération fait partie intégrante de la reconnaissance. Elle est insuffidante sans reconniassance plus informelle("humaine"). Mais a l'inverse, que valent des commentaires "tu fais du super boulot" si ca ne se traduit pas réellement en reconnaissance financière? De la poudre aux yeux ou de l'hypocrisie...

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Jean-David Gallet

05/06/2018

à 19:24

Oui c'est ça ! D'ailleurs, alors que par le passé, je demandais une augmentation, mon patron me répondit :
- JD, les gens ne travaillent pas pour l'argent, ils travaillent pour le challenge !
- D'accord, alors donnez-moi votre argent, je vous donnerai mes challenges...
C'est à cette occasion que j'ai définitivement quitté l'entreprise pour créer la mienne. Et j'ai alors découvert qu'une fois à son compte, l'important, c'est l'ardeur...

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