Le bilan 2007, forcément

Sylvia Di Pasquale

Et si, chez Cadremploi.fr, nous usions de la même recette que les chaînes de télé pendant les fêtes ? Sans les paillettes du Lido ni l'inénarrable concert de Vienne, s'entend. Mais avec les bonnes vieilles ficelles du best of pour faire un bilan de l'année écoulée.

Au menu, quelques mots apparus ou ressurgis ces derniers temps. Et si certains ne survivront pas au changement de millésime, d'autres risquent de nous coller à l'oreille quelques mois (ou années) encore. On pioche et on trouve en vrac régimes spéciaux, pouvoir d'achat et subprimes. Avouez qu'à la fin 2006, ces quelques termes ne nous évoquaient pas grand-chose. Mais là, un an plus tard, personne n'a pu passer à côté, hormis les casques bleus de la Minurso (Mission des Nations unies pour le Sahara Occidental), censés recenser les Sahraouïs dans les dunes du Nord de la Mauritanie.

Prenez le pouvoir d'achat, par exemple. Depuis quelques mois, l'expression s'accompagne automatiquement d'une autre : en berne. Tout le monde se sent touché, même si certains ne le ressentent que par la taille de l'écran plat qu'ils vont s'offrir, d'une diagonale légèrement inférieure à leurs prévisions. D'autres le mesurent à la taille de leur chariot de supermarché en voie de rétrécissement constant. Si les derniers voudraient juste consommer, les premiers voudraient juste consommer plus. Et tant qu'ils seront les plus nombreux, ils auront raison. Forcément ?

Autre question turlupinante et d'actualité, les régimes spéciaux, qui, contrairement à la précédente que l'on risque de recroiser d'ici pas longtemps, ne devrait pas passer l'hiver. Voilà un avantage presque unanimement conspué, comme tous les privilèges, par ceux qui ne peuvent en disposer. Leur argument : une effarante majorité s'éreinte pendant quarante anuitées et du coup, il n'y a aucune raison pour qu'une petite minorité se la coule douce après 37,5 ans d'un boulot pas plus difficile que les autres. Le plus grand nombre a forcément raison. Forcément ?

Et puis, au début de l'automne, se sont mis à tomber les pré-bilans des banques américaines. Ces nigaudes ont pris le risque d'octroyer des crédits à des boîtes qui se sont révélées aussi solvables qu'une cigale du Lubéron. Une sacrée bourrasque qui a vu les gars de Wall Street dans un embarras que, les mois passant, l'hiver n'a pas effacé. Pire, l'affaire est apparue si contagieuse que même nos respectables établissements français, dont le premier financeur de nos agriculteurs, s'en trouvent enrhumés. Comment des banquiers plus prudents et plus rusés que des sioux des hautes plaines peuvent-ils perdre 1,6 milliard d'euros ? Parce qu'ils se sont fait floués par de vils spéculateurs américains sans scrupules qui ne souhaitent que leur faire du mal, les vilains. Forcément ?

Evidemment, on aurait pu vous dégotter quelques autres mots de l'année comme ceux-là, surgis de l'actualité récente. Mais des expressions comme « contrat de travail simplifié », « séparation à l'amiable entre employeurs et employés », « sécurisation des parcours professionnels », « RTT rachetées » ou« participation débloquée », vous en entendrez parler d'ici pas longtemps. Forcément.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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