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Le nouveau mouton à cinq pattes est un.e démissionnaire

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Sylvia Di Pasquale

19/09/2017

Dans la belle langue de l’entreprise réfugiée derrière ses pudeurs de gazelle, on appelle ça la « mobilité externe ». Dans la vraie vie, on change de boîte. Un sport en vogue par ces temps de plein emploi et de recrutements massifs chez les cadres. L’affaire est tentante et les tentations haletantes. Entre les offres publiées ici, et les sollicitations de ce vieux copain de promo qui nous fait du coude, le cadre jusqu’alors au chaud dans sa boîte, hésite. Et fait de savants calculs. 

L’Apec pourrait bien l’influencer avec sa dernière étude pousse-au-crime qui incite nos cadres à démissionner. C’est que, selon l’Agence pour l’emploi des cadres, 70 % des démissionnaires ont obtenu une hausse de salaire dans leur nouveau job. Pas moins. Un cauchemar de DRH qui préférerait que l’info reste confidentielle.

Ce dernier peut toujours se consoler en espérant faire des économies. C’est que, toujours selon l’Agence, la rupture conventionnelle n’est pas la stratégie de départ vers un job mieux payé.  Pas à tous les coups, semble-t-il. Seulement 46 % des signataires d’une-dite convention ont décroché une augmentation après être parti avec un petit pactole. Quant à ceux qui s’imaginent qu’après de longues années de bons et loyaux services ils ont droit, aux frais de Pôle emploi, à quelques mois de répit pour (enfin) chercher sérieusement le poste dans lequel ils seront (enfin) payés à leur juste valeur, ils ont tout faux. Seuls 38 % de ces breakers gagnent plus qu’avant leur parenthèse.

Cette étude dévoile donc en creux deux ou trois petites choses que l’on feignait d’ignorer sur les mythologies des recruteurs. Et en premier lieu, leur fascination pour le goût du risque chez un candidat. Oser démissionner sans filet pour rejoindre sa nouvelle boîte serait la preuve d’un courage et d’un volontarisme certain. Un esprit d’indépendance qui plait, visiblement. 

Les entreprises ont toujours cherché à recruter des moutons à cinq pattes, ces perles rares dotées de qualité hors normes, qui ne figurent pas sur le CV. La cinquième patte bankable aujourd’hui, c’est la dignité que confère la démission.

Mais attention à bien ranger son auréole de rebelle une fois recruté. Car les entreprises ont en même temps besoin d’un encadrement surtout docile et faisant peu de vagues une fois doté du badge d’accès à l’entreprise.   

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

[Cet article est un éditorial qui reflète le point de vue de la rédaction. Le forum ci-dessous vous permet de le commenter ou d’apporter votre témoignage en lien avec le sujet évoqué, dans le respect des principes éthiques et de savoir-vivre (comprenant l’écriture avec un certain soin). Nous avons hâte de vous lire et vous remercions de votre visite.]

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Kevin

20/09/2017

à 09:04

J'ai effectivement vu beaucoup de collègues au fil des différentes expériences faire une mobilité externe payante. Si ce n'était pas forcément une augmentation de salaire, une amélioration du cadre de vie suffisait.
Par ailleurs, l'Apec n'est pas une "agence" mais une association.

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Anonyme, Anomynous, Anonymous

19/09/2017

à 17:16

J'ai été débauché par un recruteur. Je pensais au départ que ce serait un bon tournant pour ma carrière et mon équilibre familial mais j'ai vite déchanté. Je n'avais pas pris la mesure des multiples tâches qui m'attendaient; mon nouvel employeur était très exigent et ne m'a pas laissé la chance et le temps de trouver mes marques. En bref, je n'ai pas validé ma période d'essai et je me retrouve actuellement sans emploi.
Le rêve d'un nouveau poste peut donc très vite au cauchemar quand on n'est pas prêt au changement.

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En réponse à Anonyme, Anomynous, Anonymous

André

20/09/2017

à 09:10

Bonjour. J'ai connu un employeur qui pour se débarrasser d'un de ses anciens salariés devenu trop revendicatif à son goût a profité d'une proposition de poste d'une de ses relations pour faire partir son salarié sans indemnité, et sans que le salarié soit maintenu ensuite après sa période d'essai...

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Nolwenn P.

19/09/2017

à 16:10

Merci pour cet article. De ma propre expérience, j'ai toujours constaté que les recruteurs préféraient débaucher des profils "en poste", qui à leurs yeux sont déjà dans le rythme. Quitte à devoir les attendre longtemps (préavis etc). Je suis perplexe de "la dignité que confère la démission". Attention à ne pas donner de faux espoirs !

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