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Secteur privé, secteur public : même pression

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Sylvia Di Pasquale

24/10/2011

C'est une forme de pantouflage à l'envers qui pourrait bien disparaître. Quitter sa boite (privée) pour s'en aller couler des jours heureux dans une administration (publique) risque de n'être plus qu'un souvenir. Car dorénavant, on va quitter sa boîte où l'on est (relativement) bien payé et pressurisé pour une administration où l'on est (relativement) mal payé et pressurisé aussi. Et la pantoufle, même à l'envers, de se transformer en soulier neuf qui fait mal aux pieds.

C'est en tout cas ce que vient de constater la Cegos en interrogeant 1300 salariés et 466 DRH du privé et du public. Après les questions d'usage sur le temps qu'il fait et la motivation au travail, on ne peut qu'être frappé par les réponses des uns et des autres concernant le réchauffement ou la glaciation du climat social depuis un an. Surtout en ce qui concerne les fonctionnaires. 58% d'entre eux trouvent qu'il s'est dégradé. Soit dix points de plus que chez leurs collègues du privé, que des études précédentes ont toujours érigé en râleurs croulant sous le poids du stress, de la pression et du surcroît de travail.

Voilà donc que les clichés tombent. La pression a gagné la fonction publique. Sans pour autant délaisser le privé. Mais en la côtoyant depuis toujours, ses cadres se sont insensibilisés. Alors que leurs collègues du public la découvrent, cette fameuse pression. Grâce à la RGPP. Les fameuses mesures de « Révision générale des politiques publiques » sont avant tout ressenties par les fonctionnaires comme une révision générale des effectifs publics. Pour 74% d'entre eux, les mesures qui visent à réduire le nombre d'agents, grâce au non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux, ont « un impact sur la qualité de service rendu au public ». Comme elle a un impact sur leur vie au boulot.

Pas question d'exhumer le débat sur la nécessité de cette RGPP, mais de pointer l'une de ses possibles et inattendues conséquences : la désaffection des cadres du privé pour le secteur public. Jadis, le pantouflage pouvait attirer les cols blancs pour trois raisons : la sécurité de l'emploi, l'intérêt de l'emploi et la tranquillité de l'emploi. Ce dernier point ayant disparu, c'est un peu d'attraction que la fonction publique a peut-être perdu.

Sylvia Di Pasquale© Cadremploi.fr - 24 octobre 2011

 

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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

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commentaires

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Fred

06/11/2011

à 23:05

"la sécurité de l'emploi, l'intérêt de l'emploi et la tranquillité de l'emploi"...

depuis la loi de juillet 2009, la sécurité de l'emploi a aussi disparu : en cas de disparition de son service ou de son poste, un fonctionnaire qui refuse 3 "propositions de reclassement" ( pouvant être hors département ) est licenciable.

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dedonista

30/10/2011

à 11:11

"la sécurité de l'emploi, l'intérêt de l'emploi et la tranquillité de l'emploi"...
Pour ma part, contractuelle depuis + de 2 ans dans une collectivité et certainement reconductible de nombreuses fois, donc sécurité de l'emploi ?
Intérêt de l'emploi, oui car hyper polyvalence
Quant à la tranquillité de l'emploi et les "pantoufles", ça existe certes encore mais de moins en moins je pense, étant donnée la conjoncture actuelle !

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Florence

27/10/2011

à 10:49

D'accord avec Florent. J'ajouterai juste qu'il faut aussi nuancer le climat de travail selon les fonctions publiques. Le non remplacement d'un fonctionnaire sur 2 s'applique dans la fonction publique d'Etat, pas dans la territoriale, qui ne cesse de recruter.

> Répondre

X

26/10/2011

à 17:17

Aprés une expérience "découverte" dans la fonction publique, j'ai pu constater que la pression et le niveau d'exigence professionnelle ne sont pas du tout les mêmes que dans le privé.
Je rejoins pleinement Jérémie sur le parcours d'intégration surréalsite puisque j'ai eu droit au même. Les fonctionnaires vivent dans le monde des droits acquis sans réaliser la chance qu'ils ont, et la sécurité absolue d'emploi qui de nos jours est tout même un élément rare.

> Répondre

A.

26/10/2011

à 11:51

Bonjour,
je suis tout à fait d'accord avec Florent. Vous l'aurez compris, je travaille dans le privé. Mais je tiens à préciser que je n'ai absolument rien contre les fonctionnaires en général. Toutefois je trouve très dommage que l'on en ait une image si dégradée, entre autre parce que trop de cadres "stressés" du privé sont venus y trouver une bonne planque. Et si un cadre recherche "la tranquillité de l'emploi", on sait déjà qu'on part sur de mauvaises bases...

> Répondre

Sabaidee

25/10/2011

à 14:04

Hmmm, vous n'êtes pas, Madame, épargnée par les clichés: il n'est plus si certains que les salaires du public soient vraiment plus bas que ceux du privé.

En début de carrière, pendant les 5-10 premières années, je me demande même s'il ne vaut pas mieux bosser dans le public.

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J

25/10/2011

à 12:10

En ce qui me concerne, je suis d'accord...j'ai travaillé dans une chambre des métiers dont je tairai le nom, le manque de respect envers tous nouveau arrivé est le même (pas de considération sur la motivation ou le travail du salarié, Intégration au service sans accompagnement ou peu les premiers jours ; entre autres...) aujourd'hui public ou privé c'est plus un concours de casting que de compétences ; car on regarde d'abord la tenue vestimentaire ou la couleur des cheveux avant les capacité.

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Florent

25/10/2011

à 10:41

"Ce dernier point ayant disparu, c'est un peu d'attraction que la fonction publique a peut-être perdu"

J'aurais une interprétation exactement contraire. J'ai un temps travaillé dans le public, et c'est justement par peur de m'y endormir que j'ai fui pour le privé, certes plus exigeant, mais aussi beaucoup plus motivant.

Quitte à me faire incendier, autant aller jusqu'au bout : s'il est confirmé, ce changement de mentalité dans la fonction publique réduira peut-être l'attraction pour ceux qui avaient l'intention d'y pantoufler, mais devrait l'augmenter pour ceux qui ont envie de s'y investir. Et pour nous contribuables, c'est une excellente nouvelle à long terme pour l'efficacité du service public.

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