1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'édito de Sylvia Di Pasquale >
  4. Législatives : les 67 cadres en marche

Législatives : les 67 cadres en marche

legislatives--les-67-cadres-en-marche-

Sylvia Di Pasquale

22/05/2017

Ça y est, on les connait. Les 521 candidats aux élections législatives de La République en marche sont désormais en campagne. Et sont dûment répertoriés sur le site du parti du président Macron. Une liste que le site du magazine Marianne est allé compulser pour s’intéresser à la fameuse « société civile » sur laquelle nous nous étions déjà penchés ici. Pour une surprise, c’est une surprise, la catégorie la plus représentée parmi ces novices en politique sont les cadres d’entreprises.

Ils sont 67, loin devant les entrepreneurs, avocats et autres enseignants et chercheurs. Parmi eux, on retrouve de purs cols blancs comme Amélie de Montchalin, responsable de la prospective chez Axa, Philippe Latombe, responsable du contentieux au Crédit Agricole Vendée, Gaëlle Marseau, « revenue manager » dans le groupe Ibis ou Didier Baichère, « VP human resources » chez Akka Technologies.

Ainsi donc la malédiction semble avoir été vaincue. Celle de l’invisible mur de verre qui a toujours empêché des cadres en pleine carrière d’ouvrir une parenthèse, de quitter leur CDI pour un CDD certes renouvelable, mais parfois moins bien rémunéré que leur précédent métier. Les temps ont peut-être enfin changé. La malédiction qui faisait hésiter les plus vaillants se serait donc évaporée. Une malédiction semblable à celle des femmes en congé parental qui trainent leur absence des affaires comme un boulet dans leur évolution professionnelle. Il serait donc possible de quitter son bureau pour rejoindre les bancs de l’Assemblée tout en faisant marche arrière le cas échéant. Car cet aller-retour est quand même le principal motif d’absence de salariés du privé sur les bancs du Palais-Bourbon.

Il semblerait qu’un mouvement soit en train de se dessiner, que de grandes entreprises comme Bouygues, ADP et Saint-Gobain se penchent sur la question, et montrent de l’intérêt pour la geste politique. Michelin va encore plus loin en accordant des jours de congés à ceux qui souhaitent se lancer. Le manufacturier de pneus s’engage également à leur laisser reprendre leur poste s’ils sont battus à la fin de leur mandat.

On peut applaudir, ce qui n’empêche pas de se demander à quoi est lié ce soudain sursaut de citoyenneté de la part de ces entreprises. À moins que ces employeurs ne s’imaginent, peut-être à juste titre, que l’influence et le carnet d’adresses constitué dans le public ne soit fort utile dans le privé, une fois leurs cols blancs réintégrés. Un usage de la politique pas vraiment bordé d’éthique. En attendant que ces problèmes soient clarifiés, et que le législateur veille au respect des règles en matière de conflit d’intérêts, on ne peut que saluer les nouveaux aventuriers de la politique de quelque bord qu’ils soient et surtout, observer ce que ces cadres apporteront, le cas échéant, à la vie publique.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

[Cet article est un éditorial qui reflète le point de vue de la rédaction. Le forum ci-dessous vous permet de le commenter ou d’apporter votre témoignage en lien avec le sujet évoqué, dans le respect des principes éthiques et de savoir-vivre (comprenant l’écriture avec un certain soin). Nous avons hâte de vous lire et vous remercions de votre visite.]

Il n'y a pas de

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

Soyez le premier à commenter cet article.

+
Confidentialité de vos données
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires permettant l’utilisation de données relatives à un même utilisateur par notre société ainsi que par des tiers comme les régies publicitaires partenaires, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services en lien avec votre recherche d’emploi, une offre publicitaire adaptée à vos centres d'intérêts et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus
J'accepte