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Les cadres attendent des offres d'emploi moins floues

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Sylvia Di Pasquale

19/02/2017

Du jamais vu. Près de la moitié des cadres (46 %) sont ouverts aux « opportunités professionnelles », selon le 16e baromètre Cadremploi réalisé par l’Ifop* qui vient de paraître. En clair, ils veulent changer de poste, changer d’entreprise, changer de secteur, peu importe : ils veulent changer de boulot. Champagne ! Ils ont confiance en l’économie qui a retrouvé la frite. Hourra !  Vos collègues vont enfin vous lâcher avec leurs envies (bizarrement toujours remises aux calendes grecques) de claquer leur démission et les services recrutement vont enfin pourvoir les postes qu’ils désespéraient de staffer, faute de candidats mobiles.

Évidemment, il n’y en aura pas pour tout le monde : en 2016, l’Apec a situé le nombre d’offres d’emploi cadres aux alentours de 200 000 alors qu’ils sont plus d’1 million à se déclarer prêts à partir dans l'année qui vient, selon notre enquête. Alors nos cols blancs écument le Web pour y trouver l’annonce qui va bien, l’opportunité qui va leur faire du bien. Et c’est là que ça coince. Toujours selon notre baromètre, les candidats sont relativement déçus par les offres qui leur sont proposées. Non pas que les postes leur déplaisent, soient surdimensionnés ou trop mal payés. Le problème est plus basique : les annonces sont rédigées en langue floue. Un mélange de sanskrit et de cunéiforme. On exagère à peine. Chez Cadremploi, nous incitons bien sûr les recruteurs à rédiger autrement, voire à s'adresser à vous par vidéo. Certains le font, d'autres rechignent.

Selon les sondés, il manque pourtant souvent des informations de base dans les offres. Comme la rémunération fixe et variable. Alors que 93 % des sondés estiment cette info importante, seuls 37 % de ceux qui consultent les annonces l’estiment « bien traitée ». De même quand 94 % des cadres interrogés attendent des infos sur les responsabilités exercées et le nombre de personnes à encadrer, seuls 56 % s’estiment suffisamment informés. Évidemment, 42 % déplorent également que certaines annonces ne mentionnent pas le nom de l’entreprise alors qu’ils sont 91 % à attendre cette info. Un anonymat difficile à éradiquer car nombre d’entreprises ne tiennent pas à faire savoir notamment au cadre encore en poste, qu’on lui cherche un remplaçant. Les déplacements et leur fréquence ? Un point pourtant important, lorsqu’il s’agit de candidater en ayant pris soin d’en parler à ses proches, réclamé par 87 % des sondés et jugé renseigné par 42 % seulement.

Et le pompon sur la cerise : ils ne sont que 27 % à penser que la culture de l’entreprise est bien, ou très bien abordée. C’est peu. Surtout que 85 % des cadres pensent que le sujet est important dans le choix de telle ou telle boîte. Il peut même être déclencheur de l'envie de postuler, n'est-il pas ?

Alors que faire ?  La solution consiste à accélérer le passage au XXIe siècle de l'offre d'emploi, qu'elle soit hébergée sur un jobboard ou sur les réseaux sociaux. Ce qui reviendrait à ne plus seulement la décliner en un enchaînement de phrases creuses mais dans une langue libérée. Qui ose l'humour dans le descriptif de l'entreprise par exemple (il y en a !). Ou qui s'interdit les fades adjectifs mille fois labourés comme rigoureux, organisé, autonome pour saler leurs annonces avec des notions d'"humilité", de "solidarité", de "culture générale" ou même d'anti-routine. Le tout agrémenté d'une vidéo anti-Musée Grévin qui permet de visualiser l’ambiance de l'entreprise, de compter le nombre de plantes vertes dans les open space, de voir l'âge du capitaine, celui des matelots et leur façon d'interagir dans des scènes de vraie vie et non de poses compassées face  caméra. Et même... dans lesquelles les salariés prennent la parole (comme le souhaitent 65 % de nos sondés) et parlent de leur job pour inciter les autres à les rejoindre. Une ère que nous sommes nombreux à appeler de nos vœux.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

* 16e baromètre Cadremploi Ifop, février 2017

Dessin de Charles Monnier ©Cadremploi

8

commentaires

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jacques

22/02/2017

à 16:21

Les infos salaires sont en effet assez flous (volontairement). Attirer un cadre expérimenté avec un package de 50 K€, soit, mais après entretien le 30k€ fixe, plus des commissions éventuellement accessibles à 100%, il y a une marge.
Les annonces qui paraissent également sans aucunes infos sur la société ou le cabinet rendent le suivi impossibles...

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Paule

22/02/2017

à 12:04

Sans compter les précisions inutiles pour un poste de commercial, en home office, avec de nombreux déplacements :
"Package :
Package de rémunération attractif.
Véhicule de fonction, Ordinateur, Téléphone, IPad, Forfait Home-Office, Carte Business..."
Il me semblent qu'il s'agit d'outils de travail de base. L'entreprise laisse alors un goût amer.

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JD Gallet

22/02/2017

à 11:04

Oui les entreprises veulent publier des annonces sans dire qui elles sont, sans niveau de salaire, sans lieu de travail, sans proposition d'évolution... Et bien sûr, elles attendent que le candidat arrive motivé !!! Ben voyons !
Ce qu'elles n'ont pas compris, et tant mieux pour les rares qui l'ont compris, c'est que quand une annonce donne des informations sur l'entreprise, le lieu de travail, le salaire et l'évolution possible, eh bien les candidats répondent beaucoup plus, et on parvient à pourvoir les postes.
En définitive, chaque recruteur aura les candidats qu'il mérite...

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Gilles Rollero, OXYGENIS MANAGEMENT

21/02/2017

à 15:59

Il est vrai que si les temps changent, le style rédactionnel des offres d'emploi semble figé dans le temps comme le granit sur une côte bretonne... Avec une parfaite maitrise du langage bateau. En voulant avancer masquée, l'entreprise recruteuse n'est pas non plus en mesure de susciter le "coup de foudre" qu'elle espère. Alors comment faire?
Une piste, peut-être: remplacer les catalogues d'offres d'emploi par des catalogues de demandes d'emploi. Inverser les rôles, en quelque sorte! Apprendre au candidat à définir ce qu'il recherche, les valeurs qu'il est prêt à porter, la rémunération qu'il souhaite. Une sorte de bibliothèque en ligne de candidatures spontanées. Je lance l'idée. Des réactions?

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En réponse à Gilles Rollero, OXYGENIS MANAGEMENT

LetsGetSerious

23/02/2017

à 00:39

Gilles,
Sachant que le CV anonyme n'a pas sa place sur internet, comment un salarié pourrait-il poster ouvertement sa candidature sans alerter son entreprise et se retrouver pénalisé, si d'aventure il ne trouvait pas chaussure à son pied ? Peu envisageable dans ce cas, donc.
Cette idée pourrait néanmoins intéresser des chômeurs lassés de candidater à tort et à travers, en réponse à des offres mal rédigées. Et elle pourrait aussi éviter aux recruteurs de montrer leur manque d'imagination ou le peu d'intérêt d'un poste ... et d'avoir à éplucher (en quelques secondes, donc "épluchage" très relatif) quand même des montagnes de CV.
Bref, à mon sens, ce catalogue ne répondrait pas à la problématique de base : comment amener les recruteurs à définir, puis à décrire la vraie nature du poste à pourvoir, sans mensonges ni embellissements, ce qui éviterait bien des pertes de temps à tous. A la lecture de l'offre, mais aussi en entretien, en période d'essai ...

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Isabelle Perrin

21/02/2017

à 14:33

J'ai envie de dire : il n'y a pas que les cadres ! Mêmes pour les simples employés, rares sont les annonces indiquant le salaire, encore plus rare le nom de l'entreprise, et ne parlons même pas de la ville souvent remplacée par le nom du département ! Or un département c'est grand...
Donc bienvenue dans un XXIème siècle où l'employeur arrêtera de voir dans le candidat un corvéable à merci auquel il ne faut communiquer aucun renseignement à l'avance ! Bienvenue dans un XXIème siècle où on cessera de voir des annonces énumérant tout ce que l'on attend du candidat sans un mot sur ce qu'il est en droit d'avoir en échange de son temps et de ses compétences !
Bienvenue dans un XXIème siècle où l'employeur comprendra que si l'employé a besoin de lui.... lui a également besoin de ses employés !

> Répondre

toto

21/02/2017

à 14:10

Ah oui, pour être clair, une annonce se doit être insolite et au moins pas de surprises. Regardez un peu ce qui se traîne sur le net....
- Dresseur de Pokémon (par le cabinet de recrutement nantais Persuaders et sur le site Cadre Emploi, MDR).
- PROFESSEUR DE LÉGO À CAMBRIDGE.
-Acérola Carrière organise un vernissage un peu particulier.… de CV
Etc....

> Répondre

Isabelle Perrin

21/02/2017

à 12:51

J'ai envie de dire : il n'y a pas que les cadres ! Mêmes pour les simples employés, rares sont les annonces indiquant le salaire, encore plus rare le nom de l'entreprise, et ne parlons même pas de la ville souvent remplacée par le nom du département ! Or un département c'est grand...
Donc bienvenue dans un XXIème siècle où l'employeur arrêtera de voir dans le candidat un corvéable à merci auquel il ne faut communiquer aucun renseignement à l'avance ! Bienvenue dans un XXIème siècle où on cessera de voir des annonces énumérant tout ce que l'on attend du candidat sans un mot sur ce qu'il est en droit d'avoir en échange de son temps et de ses compétences !
Bienvenue dans un XXIème siècle où l'employeur comprendra que si l'employé a besoin de lui.... lui a également besoin de ses employés !

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