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Les cadres, premières victimes de la fin des 35 heures ?

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Sylvia Di Pasquale

07/09/2015

On s’imaginait les Français arrimés à leurs 35 heures comme l’Hermione à son port d’attache. Et les politiques de tous bords paralysés à la seule idée de les supprimer ; ces derniers redoutant la réaction des premiers. Pourtant, selon un sondage CSA réalisé pour Les Echos, Radio Classique et le très libéral Institut Montaigne, les salariés de l’Hexagone sont majoritairement favorables à un assouplissement du temps de travail hebdomadaire.

À condition que l’entorse se fasse avec leur accord. Au travers d’un accord d’entreprise, donc. Bien sûr, les réponses diffèrent selon que les sondés votent Républicains ou PS. À droite, ils sont favorables à cette évolution pour 83 % d’entre eux. Mais, plus étonnamment, 69 % des sympathisants de gauche le sont aussi. On peut comprendre cette majorité de salariés, loin d’être rassurés par l’état actuel de l’économie du pays et de ses entreprises. L’une et les autres n’étant pas vraiment tirées d’affaire et sorties d’une crise qui n’en finit pas de résister. Des salariés qui accepteraient donc volontiers de travailler un peu plus, pas pour gagner plus, mais pour sauver leur emploi.

En revanche, ce calcul logique ne s’applique pas aux cadres. Travailler plus ? Ils le font déjà. Au forfait jour, ils dépassent très allègrement les 35, voire 40 heures hebdomadaires. Pour eux, la seule compensation depuis l’instauration des lois Aubry en 2000 tient en 3 lettres : RTT, ces jours de congés  supplémentaires qui font passer la pilule des horaires à rallonge. Rien d’étonnant, donc, à retrouver nos cols blancs parmi les plus circonspects quant à la modification du texte. Pour autant, ils sont 58 % - une majorité, même si elle est moins massive que chez les ouvriers et les employés – à être favorables à cette évolution. Comme quoi, même si les cadres n’ont strictement rien à gagner dans cette opération, ils savent que l’intérêt de leur boîte va parfois à l’encontre de leur intérêt particulier.


Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr

Illustration de Charles Monnier

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commentaires

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fleurdelys

10/11/2015

à 17:08

Mon dernier commentaire faisait suite au commentaire de Sam sur le mythe des pays Nordiques qui travaillent plus que la France.

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fleurdelys

10/11/2015

à 15:13

Vivant au Royaume-Uni depuis plusieurs années, je peux vous assurer que seule une minorité d'entreprises travaillent aux 35h. Et lorsque c'est le cas, les cadres et employes dépassent de loin les 35h écrites dans le contrat, qui mentionne bien souvent que des heures supplémentaires doivent être travaillées si nécessaire (ce qui est le cas quasiment toutes les semaines). De plus, les heures supplémentaires ne sont pas recuperees (que vous soyez cadre ou non) et les entreprises qui travaillent 35h ne donnent pour la plupart que 20 jours de vacances par an. Je pense effectivement que les employés travaillent plus en Angleterre. Je ne suis pas allée vérifier les pays du Nord.

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Isabel55555

15/09/2015

à 13:31

Steph : je ne sais pas de qui vous parlez mais les entreprises d
les Assistantes étaient toutes cadres et ne comptaient pas leurs heures (avec ou sans enfants) elles arrivent tôt mais ne savent pas à quelle heure elles quitteront le bureau.
le fameux 16h30 ça concerne les fonctionnaires, les salariés du secteur public, qui arrivent à 9h00 et quittent le bureau pile poil à 17h voire même avant si la veille elles sont restées 30 minutes de plus, dans le secteur privé tu fais très rapidement tu te feras dégager et ce sera amplement mérité, si il y'a du travail il faut le faire point à la ligne.

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steph

14/09/2015

à 16:50

qui n'a pas connu...? Les non cadres justement, ou ceux qui n'encadrent personne. La situation que vous décrivez est une réalité courante qui nuit énormément à l'ambiance de travail (donc à la qualité de celui-ci) comme à l'équilibre vie professionnelle / vie privée des cadres.

Ajoutez à cela un taux d'imposition qui flambe au-delà de 30 k€ de revenu annuel (typiquement les 1er niveaux de revenus pour les cadres), un taux de prélèvements sociaux naturellement supérieur, et un écart de salaires bruts plus faible qu'à l'étranger entre les cadre et les non cadres... vous comprendrez pourquoi dans les entreprises de moins en moins de salariés souhaitent passer Cadre et pourquoi on fait de plus en plus d'articles sur le sujet.

Dans ma précédente boite, les techniciens qui se voyaient promus cadres passaient de 35 hr/semaine à 50 hr/semaine + la pression qui va avec. Mais ils voyaient aussi leur salaire net régresser !

Les 35 heures ne font qu'amplifier tout cela.

J'ai bien peur que dans ces conditions le statut de cadre ne soit plus aujourd'hui "valable" que dans la perspective de devenir cadre sup' après quelques années (avec pour l'occasion de vraies hausses de rémunération). Un peu comme la prépa est la voie royale vers les études supérieures (encore que ça se discute). Mais personne ne fait une prépa pour simplement faire une prépa.

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steph

14/09/2015

à 16:27

Les 35hr ont été globalement une difficulté de plus pour les cadres. En augmentant de fait le coût du travail des salariés, elles ont participé à ce que les entreprises confient de plus en plus de tâches aux cadres, puisque ceux-ci sont "no limit" alors que l'assistante quittera son poste à 16h30, travail fini ou pas. Je ne connais pas beaucoup de cadres qui travaillent 40 heures par semaine, ou moins. En général c'est plutôt 50 heures voire plus. Spécificité malheureusement bien française. Pour rappel, l'Europe (pourtant plutôt libérale) interdit de travailler plus de 48 hr/semaine.

Alors on peut avoir 4 ou 28 jours de RTT pour récupérer en plus des 25 CP... cela n'allège pas les journées à rallonge des cadres français. Bien au contraire. Comme il est dit précédemment, le travail doit être fait.

J'ajoute que cela induit une inégalité flagrante entre les cadres d'entreprises commerciales soumises à la concurrence qui peuvent bénéficier de 5 à 12 RTT bien souvent, et ceux d'entreprises de secteurs "protégés" (en général proches du public) où le volume de RTT atteint les 30 jours/an ! On comprend bien que dans ce cas, il peut y avoir quelques soucis de rentabilité...

Les cadres comprennent bien par ailleurs qu'en améliorant la santé de leurs entreprises, la fin des 35 heures permettra de favoriser l'emploi salarié non cadre, avec pour conséquence celui des cadres. Car il faudra toujours des cadres pour manager les emplois créés. La perte de quelques RTT vaut bien cela.

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Isabel55555

14/09/2015

à 10:41

Le travail masqué ?

C'est quoi ?

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futur retraité

13/09/2015

à 07:42

Je remarque que beaucoup de jeunes pratiquent le travail masqué
Ils sont soumis aux 35 heures Mais reviennent à leur logement pour continuer les tâches Bénéficient ils réellement des RTT ??

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Sam

09/09/2015

à 00:35

Vous parlez de l'exemple des pays du Nord de l'Europe où l'on travailleraient plus. Ceci est un mythe. Saviez-vous qu'au Royaume-Uni (souvent cité en exemple) les cadres (même managers) ne travaillent que 35h par semaine ?

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chduc44

08/09/2015

à 11:31

Si une courte majorité de cadres n'est pas opposé à la fin des 35h, et donc de leurs RTT, c'est peut-être que cette même majorité a compris les dégâts collatéraux de ces RTT, et plus largement du record du monde de congés dont nous bénéficions. Car au bout du compte le travail doit être fait. Et pour un cadre manager, souvent seul dans sa spécialité, il ne peut être fait que par lui. Les jours de congés sont donc autant de reports sur les journées travaillées, expliquant en partie les journées à rallonge des cadres français - autre spécialité nationale, surtout si on se compare aux pays d'Europe du nord. Qui n'a pas connu le pic de stress et d'activité avant ses vacances ou un WE prolongé..? Et la (les?) semaine(s) de reprise 'porte fermée - sans pause' pour éponger le torrent de mails et tenter de rattraper le retard de son absence? Ou pire, le travail masqué sur son Smartphone, entre 2 moments de détente de 'vacances', car on est tellement indispensable...!
Comme les impôts, l'excès de temps libre tue le temps libre. Peut-être sommes-nous allés un peu trop loin en France, et les bénéfices des RTT sont un leurre.

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badgeuse?

08/09/2015

à 11:23

Je suis d'accord avec le 3e paragraphe, par contre pourquoi spécifier "au forfait jour" ?
On peut tout à fait être au forfait heure, et ne pas pointer (donc le paiement des heures sup passe aussi à la trappe).

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