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Les femmes exceptionnelles restent chez elles

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Sylvia Di Pasquale

01/12/2014

Tous les hauts fonctionnaires sont beaux, sympas et archi-brillantissimes. Sinon, comment pourraient-ils attirer des femmes aussi exceptionnelles ? En tous cas, c’est ainsi qu’eux-mêmes qualifient leur moitié dans une enquête menée par le Centre d'études de l'emploi (CEE) sur ce monde à part qu’est la haute fonction publique. Et ce constat n’est pas le résultat d’un sondage téléphonique. Les enquêteurs s’en sont allés interroger personnellement 60 cadres à Bercy et dans d’autres ministères. Ceux-là même qui ont épousé ces créatures de rêve.

Un rêve peuplé de poussettes, de casseroles et de chasse à la poussière. Car ces messieurs l’avouent, pour qu’ils puissent se plier aux exigences de leur poste, « leur femme assume l’exclusivité des charges familiales et se sont désinvesti de la vie professionnelle. » Évidemment, et c’est tentant, on pourrait s’imaginer que nos énarques et science-potards ont des formations top qui leur permettent d’accéder à de chouettes postes. Des jobs bien meilleurs que ceux que leurs épouses pourraient convoiter. Au point que, pragmatiques, elles se sacrifieraient pour le bien du budget familial. 

Que nenni… elles sont aussi diplômées qu’eux, selon l’enquête du CEE. On les imagine donc, ces pauvrettes, contraintes de mener une vie de mère au foyer sous le joug d’un mari autoritaire. Sauf que les interrogés réfutent tout machisme. Si madame reste à la maison, c’est parce que « c’est son truc », « ça lui plaît », comme l’expliquent certains sondés. « Parce qu'elle a eu un deuxième enfant depuis et tout ça demande beaucoup de temps » poursuit tel autre.

Mais chassons vite cette vision rétrograde. Après tout, on ne parle que de quelques hauts fonctionnaires sûrement très âgés. Aujourd’hui, l’ère des nouveaux pères est advenue, le partage des tâches est acquis. Vraiment ? La conclusion de l’enquête indique que l’appartenance générationnelle a peu d’incidence sur cette (mauvaise) manière de concevoir le rôle de chacun. Elle rappelle encore que les femmes sont 54 % dans la fonction publique, mais seulement 26,5 % à des postes d’encadrement et de direction. Et elle finit par lapider tout sentiment d’optimisme en expliquant que « les hommes aux arrangements conjugaux égalitaires sont pénalisés ».

Heureusement, tout cela se passe dans les couloirs feutrés des ministères. Dans l’entreprise c’est totalement différent. Dans le privé, c’est connu, les femmes accèdent aux postes de direction comme les hommes. Elles gagnent autant qu’eux et quand le petit dernier fait ses dents, c’est indifféremment papa ou maman qui prend sa journée « enfant malade ». Et chacun se partage les tâches domestiques dans une parfaite harmonie. En 2014, il paraît qu’il en serait ainsi, dans toutes les entreprises du pays de Oui-Oui.

 
Sylvia Di Pasquale

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la voix de la raison

14/12/2014

à 15:49

pourquoi ne souleve t on pas le probleme de la retraite parce que toutes les femmes restant a la maison, quand l heure viendra et si le mari decede malencontreusement et bien toutes ces femmes ne toucheront pratiquement rien de la retraite de leur mari quand a elle tant bien que mal devront survivres avec tres peu je le vois autour de moi, je cotoie malheureusement toutes les femmes qui n ont jamais travaillées helas elles ont tres peu de revenus a la retraite si elles se retrouvent seule. voila pourquoi aussi de nombreuses femmes travaillent

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la voix de la raison

14/12/2014

à 13:29

les femmes exceptionnelles sont celles qui concilient travail maison enfants et pas toujours celles qui restent a la maison en attendant que la paye arrive

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Nonmais

03/12/2014

à 13:20

"La conclusion de l’enquête indique que l’appartenance générationnelle a peu d’incidence sur cette (mauvaise) manière de concevoir le rôle de chacun".

Qu'est ce qui vous permet de porter un tel jugement ? Nous sommes dans un pays libre me semble t il ?

Cette dictature de la bien-pensance est fatigante et s'applique à tellement de domaine aujourd'hui ! Il faudrait toujours penser comme "il faut" ! Dire ce qu'il faut pour faire bien, "passer bien" dans l'ère du temps !

Mais vous êtes vous interrogé sur le pourquoi ? Ce que cela peut apporter aux enfants par exemple ? Les faits et une vraie analyse auraient été les bienvenus.

Vous êtes libres d'avoir vos opinions et convictions mais ne les imposez pas aux autres avec ce ton sarcastique ! Ne dénigrez pas ce choix !
Ces couples* sont tout aussi respectables, voir plus car certains, plus modestes, doivent se contenter d'un niveau de vie inférieur en faisant ce sacrifice.
Mais c'est difficile dans notre société matérialiste !

*Je ne parle pas ici de leur niveau socio-professionnel mais de leur choix.

Je suis de la génération Y, mes parents ont fait ce choix et je leur en suis reconnaissant ! Je pourrais à mon tour évoquer ce que peut provoquer à mon sens une éducation calamiteuse, on le voit tous les jours ! Plus aucun respect mais je tomberais à mon tour dans les préjugés n'est ce pas... ?

A bon entendeur !

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professionnelle affirmée

02/12/2014

à 12:33

je suis une femme cadre senior dans une ONG et j'occupe un poste clé et aussi mariée et maman de 2 garçons en bas âge.
Mon mari travail dans le domaine de la formation et le le consulting en free lance et se déplace bcp, on a le même profil et on gère tout vraiment tout à deux, du changement des couches, préparation des plats et de la table jusqu'à les plans de réponses à fournir à ses prestataires.

je ne partage pas du tout la perception faite dans l'article aux femmes qui ont fait le choix de gérer en parallèle la famille qui reste une grande école aussi et entreprises qui donne à ses femmes des expériences ayant la même valeur que celles acquises au milieu professionnel.

C'est dans la tête que tout se passe et dans la perception de la personne à ce qu'elle fait, c'est ce qui rend difficile ces jugement et ce regard apporté sur ces modèles qui sont les mêmes mais qui vécus différemment d'une personne à l'autre.

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FemmeDePouvoir

02/12/2014

à 09:22

Je fais partie de ces creatures de rêve: j'ai un diplôme de cadre, 30 ans, 3 enfants et un mari directeur de projet. Je me suis arrêtée de travailler par choix. Parce que je gagne plus ainsi que si je payais une femme de menage et une garde pour chacun de mes enfants et parce que les enfants dont un des parents reste à la maison réussissent en moyenne mieux que les autres. Parce que je sens que j'y ai ma place. Parce que c'est stimulant et épanouissant quand on en a fait le choix. Mais NON je ne suis pas "affalée". Pas une seconde de ma journée. Ou peut-etre de 20:30 à 21h apres le repas et avant le repassage. Mais dans 5 ans, quand mes enfants seront plus autonomes, je reviendrai sur le marché du travail forte de mon expérience et je détrônerai qui il faudra. Parce que je ne suis pas "pauvre", pas "victime" et parce-que, comme "un homme", plus qu'un "homme", j'ai la force de caractère et l'intelligence de me faire une place. Ne vous laissez pas diminuer par ces articles ! Nous ne sommes pas impuissantes face à un inéluctable. Nous sommes pleines de ressources et peut-être qu'il faut faire preuve de plus de courage. Moi du courage, j'en accumule tous les jours. Et quand on obtient enfin ce qu'on mérite, on ne peut en être que doublement fière. Et OUI j'ai participé à la réussite de mon mari. Parce que quand un enfant est malade, maman en prend soin. Parce qu'il est moins fatigué que ceux qui doivent tout assumer seuls. Et alors? J'en suis fière! Je suis un atout pour tous les miens. J'ai déjà accompli de grandes choses et ce n'est pas terminé!

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femmecadre

01/12/2014

à 22:40

Je suis une femme cadre dirigeante et j'élève seule mes enfants. Je fais le constat que la vie est plus facile maintenant que lorsque leur père vivait avec nous. 2 raisons : 1- je n'ai plus en prendre en charge ses problèmes et 2- mes enfants m'aident plus car ils n'ont plus le modèle de leur père qui ne participait pas aux tâches ménagères.
Ces "femmes exceptionnelles" décrites dans l'article sont de moins en moins nombreuses.

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Brooke

01/12/2014

à 20:56

3 diplômes d'ingénieur, 1 MBA, une carrière en dents de scie, je me verrais bien affalée comme ces soit disant créatures de rêve à jouer les portes-clés pour un de ces hauts fonctionnaires ! Vision rétrograde ? Que nenni... Pragmatisme et surtout réalisme.

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