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Les jeunes préfèrent les entreprises adultes

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Sylvia Di Pasquale

06/03/2017

Elles ne pensent qu’à ça. Toutes ces vieilles dames, ces entreprises centenaires et verticales ont un fantasme qui les travaille : importer un esprit start-up. La coolitude maximale, l’horizontalité hiérarchique, le canapé dans l’open space, la piscine à bulles pour brainstormer, le chef et le CEO (on ne dit plus patron) qui tutoient chacun et tapent dans le dos de tous : voilà le mètre étalon de la boîte du nouveau siècle, la nouvelle référence de la gouvernance. 

Mais ce fantasme n’est peut-être que celui de quelques entrepreneurs et cadres dirigeants qui ont besoin de faire souffler un coup de jeune sur leur vie trop millimétrée. Et qui s’imaginent qu’ils vont attirer les générations YZ en hissant l’étendard de la coolitude. Sauf que, curieusement, les générations en question ne courent ni après le baby-foot, ni après la déhiérarchisation forcenée, ni la cour de récré permanente.

Selon le dernier baromètre de l’humeur des jeunes diplômés publié par le cabinet Deloitte, ils ne sont que 10 % à se déclarer attirés par les start-up. Un choix qui arrive loin derrière les entreprises de taille moyenne (ETI, PME ou entreprises familiales) privilégiées par deux-tiers des jeunes.

Mais pourquoi cette défiance vis-à-vis des start-up ?  Mathilde Ramadier livre une explication bien à elle. Dans son livre Bienvenue dans le nouveau monde. Comment j’ai survécu à la coolitude des start-up, elle raconte son expérience. Car elle a travaillé dans plusieurs jeunes pousses berlinoises. Et en est largement revenue. Entre contrats ultra-précaires ou free-lance, payés à la sarbacane, la jeune femme dénonce des dérives qui ne sont pas uniquement pécuniaires, mais sont également liées à un état d’esprit proche d’une secte. Une charge, un réquisitoire et surtout, la dénonciation d’un miroir aux alouettes où la vessie d’un travail vain et mal rémunéré se fait passer pour la lanterne d’un boulot entre potes dans une ambiance ultra sympa.

Un hymne pour le retour de l’entreprise à papa, où un travail est un travail, sans faux semblant cool et où les choses sont claires et bien établies ?  

Pas seulement. Car le baromètre Deloitte souligne aussi que ces jeunes veulent des horaires flexibles (87 %), s’auto-manager (78 %) et la possibilité de télétravailler (87 %). Bref, une entreprise qui n’essaie pas de les infantiliser mais les reconnaît en tant qu’adultes.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi – Dessin de Charles Monnier ©Cadremploi

Lire aussi : Les jeunes cadres ont-ils raison de bouder les start-up

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