Les jobs rares s'affichent sur le Web

Sylvia Di Pasquale

La démocratie passe aussi par l'offre d'emploi. C'est ainsi que le job dont rêvent tous les petits garçons (et une poignée de petites filles) est aujourd'hui accessible aussi simplement qu'un poste de chef de rayon chez Lidl : au travers d'une petite annonce. C'est la méthode mise en place par la DRH de l'Agence spatiale européenne sur son site Internet pour recruter ses futurs astronautes.
Évidemment, il vaut mieux parler douze langues, être top scientifique et posséder un mental d'acier pour postuler. Mais quand même, on ne pourra plus dire que les jobs en or ne s'obtiennent que par cooptation. Qu'il faut frayer avec le beau-frère du big boss pour décrocher le jackpot. La compétence, rien que la compétence, voilà qui va révolutionner l'accès à l'emploi en France. Et nous, forcément, on adhère à ce grand soir de la petite annonce.
Bien sûr, les multinationales nous confient parfois des offres insolites afin de trouver leur « Directeur Reste du monde » (l'autre moitié est déjà en main), « Responsable Egypte » (un second pour Moubarak ?) « Permitting manager » (les intéressés se permettront). Mais il ne faut pas se contenter de ces trop rares expériences pour autant. Et exiger que la transparence sur les emplois disponibles soit totale.

Le remplaçant de PPDA au 20 heures, si d'aventure en septembre, le journaliste le plus populaire de France aspire à la retraite ? Une petite annonce permettra de découvrir l'oiseau rare, qui passera son entretien de recrutement à lire un prompteur. Un fauteuil se libère à l'Académie française ? Une offre d'emploi s'impose. Et l'on examinerait plus particulièrement les tournures de phrases des lettres de motivation des candidats. La France a besoin d'un nouveau Premier ministre, au cas où François Fillon, déjà privé de réunions élyséennes, souhaiterait ne s'occuper que de sa commune de Sablé-sur-Sarthe ? Hop, une offre d'emploi sur Cadremploi et c'est l'assurance de toucher toute la diversité des compétences requises en matière d'expertise et de management. Même si l'encadrement de collaborateurs ministres ne figure pas forcément dans le nouveau profil du poste, puisque ce job est directement assuré par le N+1 du Premier ministre en question. Pas grave, la France a inventé le cadre non encadrant et les spécialistes du genre ne manquent pas.
Reste que, malgré cet appel d'air sain qui pourrait renouveler durablement l'accès à l'emploi, il faut malheureusement conserver quelques domaines réservés. Des charges trop sensibles pour être confiées à des candidats, certes compétents, mais dont la haute tenue morale ne sauraient être mesurée à l'aune d'un seul CV ou d'une série d'entretiens d'embauche, aussi poussés soient ils. C'est le cas - par exemple - d'un job d'éditorialiste pour un grand site internet dédié à l'emploi. Une exception, bien sûr.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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