Les salariés bien dans leur job font mieux leur boulot

Publié le 10 juin 2014 Sylvia Di Pasquale

On n’est pas tout à fait sûrs d’être champion du monde de foot cette année, mais on est d’ores et déjà certains d’être champion d’Europe du bien-être au boulot. La compète s’est achevée jeudi dernier à Rome et la coupe a été remise à Davidson Consulting, une société de conseil en technologie primée dans la catégorie des entreprises de plus de 500 salariés par l’Institut Great Place to Work.

Évidemment, on pourrait faire l’avion autour du terrain avec le maillot de l’équipe sur la tête, mais il suffit de lire la liste des dix premiers à l’arrivée pour se calmer. Davidson Consulting est bien seule à défendre l’Hexagone. Derrière, on retrouve deux Allemandes, deux Anglaises, deux Danoises, et même deux Belges.  Certes, on perçoit bien la trace de deux autres boîtes françaises, Extia au 24ᵉ rang et PASàPAS, autre société du numérique, mais elle est à la 48ᵉ place dans le classement des PME.

Comme si les entreprises de chez nous n’avaient toujours pas mesuré l’intérêt de travailler avec des salariés bien dans leur peau et dans leur boulot. Comme si la marque employeur et toutes les actions mises en place pour améliorer les conditions de travail et donner la banane à ses collaborateurs étaient, encore et toujours, considérées comme des actes de charité, comme des cadeaux, avec ce zest de condescendance forcément lié à ces bonnes œuvres.

Sauf que les dirigeants ou DRH des quelques 2330 entreprises européennes qui concourent à ce classement, pour lequel la préparation (séminaire, atelier, coaching…)  peut atteindre 13 900 euros, ne le font pas pour soulager leur mauvaise conscience de mauvais patrons, et s’offrir quelques indulgences sociales. Le choix de ces boss sortis du paternalisme est totalement rationnel et directement issu des cogitations de leur calculette. Car ils ont compris que des salariés bien dans leur boulot… le font bien mieux. Les études pleuvent pour le démontrer, comme celle-ci qui mesure un gain de productivité en hausse de 12 % chez les salariés heureux.

Et lorsque, en plus, ces entreprises peuvent se targuer d’être des gentilles face à leurs clients, aux pouvoirs publics, économiques et à leurs partenaires sociaux, le bénéfice de cette marque employeur en devient exponentiel. Parfois, charité bien ordonnée commence par un porte-monnaie bien géré.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr

Dessin de Charles Monnier

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