1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'édito de Sylvia Di Pasquale >
  4. Les salariés s'engagent en douce dans de bonnes causes

Les salariés s'engagent en douce dans de bonnes causes

les-salaries-sengagent-en-douce-dans-de-bonnes-causes

Sylvia Di Pasquale

12/06/2018

L’engagement citoyen des salariés français dans des actions associatives, syndicales, politiques ou autres ? C’est un peu comme les documentaires tardifs programmés sur Arte : tout le monde les respecte, en pense le plus grand bien, mais personne ne les regarde. Et dans le cas de l’engagement extra professionnel, personne ne s’en soucie. Ni les entreprises, peu au parfum des agissements de leurs collaborateurs, ni ces derniers, peu enclins à en parler à leur direction. C’est ce qui apparaît dans une étude réalisée par Opinionway et divulguée lors du Forum de l’Engagement qui se tient aujourd’hui à l’Université Paris Dauphine. 

Certes, lorsque les enquêteurs ont demandé à 1000 salariés français, « s’ils étaient engagés dans la sphère privée », c’est derniers ont dû vivre un instant de solitude devant l’ambiguïté de la question. Mais lorsqu’ils ont compris qu’on ne leur demandait pas s’ils étaient de bons conjoints, ils ont répondu qu’ils adhéraient, pour 41 % d’entre eux, à une association, à 24 % à un syndicat ou un parti politique et qu’à 21 % ils participaient à un projet humanitaire solidaire ou humanitaire.

C’est beaucoup. 

Sauf que ces actions, les salariés ont plutôt tendance à les engager en douce. Et l’étude a beau positiver l’affaire, affirmant que « les engagements des salariés français dans la sphère privée commencent à être de plus en plus visibles au sein de l’entreprise », il n’empêche que la direction des boites de ces « bénévoles », (ce qu’ils sont dans l’écrasante majorité des cas) ne sont au courant de leurs engagements que dans 13 % des cas. Les managers, qu’ils côtoient au quotidien, et les collègues qui sont dans le même cas, savent leurs penchants pour 26 % des premiers et 42 % des seconds.

On peut aisément comprendre ce cloisonnement, cette volonté des salariés de ne pas mélanger la chèvre et le chou, le pro et le perso. Un engagement est un choix personnel, un violon d’Ingres qui n’a pas à être clamé, comme un vote à bulletin secret. Mais on peut aussi se demander pourquoi les entreprises ne sont pas plus tentées d’encourager leurs salariés à révéler leurs actions caritatives. Et même d’en proposer elles-mêmes. D’autant que dans l’enquête d’OpinionWay, cette idée est accueillie par un grand « oui ». 73 % des interrogés estiment que l’entreprise est parfaitement légitime pour leur proposer des initiatives d’engagement. Il n’en a pas fallu plus pour qu’une autre étude, qualitative celle-ci, s’en aille voir de quoi il s’agit.

C’est un prof de Paris-Dauphine qui s’en est chargé en auscultant 10 boites qui se livrent à cette pratique et proposent à leurs salariés des actions bénévoles. Et ça marche. L’action de mécénat de l’éditeur de logiciels SAP se déroule aujourd’hui dans une trentaine de pays. Celle de Danone a permis d’effectuer 530 missions dans 12 pays. Axa a enregistré 28 000 actes de bénévolat à l’interne et chez Sodexo, un salarié sur cinq participe à une action contre la faim dont profite 500 000 personnes.

On peut certes reprocher à ces boites de s’immiscer dans d’autres vies, et d’autres sphères, que les siennes. Mais plus pragmatiquement on peut aussi applaudir l’effet gagnant-gagnant obtenu. Car non seulement les salariés des dix boites examinées ont un sentiment nouveau d’appartenance à l’entreprise, et de cohésion avec leurs collègues, mais de plus, l’ampleur des actions a permis de créer de nombreux ateliers solidaires (pour Leroy Merlin), ou de redistribuer des denrées alimentaires en conséquence (pour Sodexo). Parfois la faim justifie les moyens.

2

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

réaliste

16/06/2018

à 17:07

Je suis un élu-bénévole d'un OTD sportif. Quand je relate le fait que je transferts mes compétences entre les milieux professionnel et associatif, il y a toujours une indifférence voire un désintérêt pour mes capacités d'utiliser mes compétences dans divers domaines.
Le marketing RH a un discours en dissonance avec les pratiques de recrutement.
Quant aux sapeurs-pompiers volontaires, alors qu'ils sont des appuis en cas de problème de sécurité dans l'entreprise, ils sont souvent mal vus par nombres d'entreprises - surtout dans le monde rural - puisqu'ils doivent répondre à des appels d'urgence.
Alors, il faut taire ces engagements.

> Répondre

Dom

12/06/2018

à 18:46

évidement que les salariés sont discrets sur leurs engagements associatifs ou autres.
Les entreprises voient en général d'un mauvais œil le fait que leurs salariés et surtout les cadres gaspillent leur énergie en dehors de la société. Ayant été cadre dirigeant et pompier pendant des années j'ai toujours du le cacher. Même après une nuit sur un feu. J'étais resté en plus auparavant réserviste dans l'armée et c'était la même chose.
Indiquer "pompier volontaire" sur un CV est une quasi certitude de non embauche

> Répondre

+
Confidentialité de vos données
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires permettant l’utilisation de données relatives à un même utilisateur par notre société ainsi que par des tiers comme les régies publicitaires partenaires, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services en lien avec votre recherche d’emploi, une offre publicitaire adaptée à vos centres d'intérêts et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus
J'accepte