Les stagiaires de 3e ne sont pas des K-way

Publié le 12 décembre 2016 Sylvia Di Pasquale

Les stagiaires de 3e ne sont pas des K-way

Quand Noël approche, ça sent l’époque des stages. Pas ceux des étudiants de niveau bac +12, mais ceux des collégiens de 3ᵉ. Un sparadrap que tous les managers se refilent. C’est qu’il s’agit de les caser, les Coraline et Mateo. Où ? Peu importe après tout. Faut bien les occuper pendant une semaine entre décembre et février nos accros des jeux vidéo. 

 

Et si on arrêtait de les prendre pour des imperméables ? Et si les ados n’étaient pas ces K-Way étanches à l’entreprise, au boulot, aux métiers ? Ils sont en 3ᵉ, l’âge déterminant. Pas forcément celui où l’on choisit sans le moindre droit à l’erreur, ils ont bien le temps de se tromper. Mais l’âge où l’on découvre. Celui où l’on ne sait pas grand-chose, sauf qu’on n’a pas forcément envie de faire comme papa ou comme maman. Celui où l’on débarque dans un monde où tout change. Un monde où, dans 10 ans, les métiers ne seront plus ceux d’aujourd’hui.

 

Alors, plutôt que de les caser dans son bureau à soi pour qu’ils se morfondent, avant de retourner au collège avec un rapport de stage insipide, faisons-leur prendre l’air. Allons leur montrer de quoi les boulots de demain seront faits. Fouinons pour eux jusqu’au cinquième étage, là où les geeks restent entre eux. Bousculons-les, imposons-leur Coraline ou Mateo. Et si l’on est geek soi-même, n’attendons pas d’être secoué par ce tonton du quatrième. Proposons des stages. Et pas qu’en interne, pas seulement aux enfants des collègues.

 

Le fils du boulanger n’a pas envie d’en faire autant ? Qu’il vienne se frotter à une autre vie. La fille du charcutier n’a pas envie de fabriquer des pâtés ? Qu’elle essaie de coder. Au moment où l’enquête Pisa pointe du doigts les inégalités sociales françaises et le culte de l’entre-soi en vigueur chez nous, il est un moyen tout simple, non pas d’en venir à bout, mais de tenter d’améliorer les choses. C’est vrai qu’un stage de 3ᵉ, ce n’est pas grand-chose pour un adulte. Mais pour les ados, c’est une aventure. 

 

Alors, on s’en occupe. On leur propose de découvrir les métiers de notre boîte, et quand ils arrivent, on ne les colle pas devant un copieur. On leur concocte un petit programme de découverte. C’est compliqué à faire ? Aucune excuse, des modèles tout prêts existent. C’est un peu de temps, un peu d’investissement. Mais si on laisse tomber, c’est une génération qu’on laisse tomber.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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