L’industrie, c’est mieux en vrai

Publié le 26 mars 2018 Sylvia Di Pasquale

L’industrie, c’est mieux en vrai

Elle commence aujourd’hui et dure toute la semaine. Comme chaque année, la Semaine de l’industrie* va charrier son lot de colloques, de conférences et, c’est la nouveauté 2018, son salon dédié**. C’est bien de vouloir changer l’image de l’usine et du turbin des ateliers, c’est bourré de bonnes intentions, mais comment dire. Parler de l’industrie au cours d’une table ronde où l’on se refile le micro, c’est un peu hors sol. Visiter un hall d’exposition où, sur de jolis stands, se mêlent robots, machines-outils et produits finis, ça manque un peu de sel.

Ça manque surtout de l’essentiel : le miracle de la transformation. Ce truc de dingue qui fascine tous ceux et celles qui ont, un jour ou l’autre, visité une usine. Quoique l’on y fabrique, une auto ou un mixer, à la main ou avec l’aide d’un robot à la précision diabolique, on ne peut que rester pantois devant cette magie qui permet, en une journée, de produire 800 Clio ou 10 000 épluche-légumes, en partant de trois bouts de plastique et d’autant de pièces de tôles embouties. Visiter une usine ramène instantanément à l’enfance, celle du Lego ou du Meccano. Et il faut un enfant pour la raconter, et donner envie d’y croire, et d’y travailler.

Dimitri Pleplé n’est plus un enfant, mais il a gardé ses yeux de gosse. A 23 ans, avec un diplôme de Centrale Supélec en poche, il s’en est allé, pendant dix semaines à vélo, faire 2 800 kilomètres et visiter 33 usines. Mais pourquoi, fichtre, faire le tour de France des ZI plutôt que de la Namibie ? Le cycliste ingénieur se souvient au micro de France Info : « La première fois que je suis entré dans une usine, il y a trois ans, j'ai été émerveillé par ce que j'ai vu, par le produit, par le fourmillement humain, par la création de valeur qui se passait sous mes yeux, donc j'avais une curiosité d'en voir plus, d'en découvrir plus (…).»

Ce qu’il a fait, visitant des unités de production aéronautiques, des conserveries, des boulangeries industrielles ou cette PME qui fabrique des grilles et des portails. Partout, l’infatigable visiteur se souvient de gens heureux, de gens attachés à leur métier et à leurs produits. « Ce que l’on constate, c’est une formidable conscience professionnelle, des compétences précises, souvent pointues, un amour du métier et une demande pour une responsabilisation accrue (…), témoigne-t-il dans son livre qui sort aujourd’hui.  Il y a certes des progrès à faire mais il y a surtout des gens qui n’attendent que cela pour y participer. »

Sa démarche est au moins aussi légitime que les pertinents colloques de cette huitième semaine de l’industrie. Son blog intitulé Indus’trip regorge de témoignages glanés tout au long de son périple dans les gigantesques sites industriels de grands groupes et les mini-ateliers de micro-industries. Ils n’espèrent que votre attention.

>> Lire aussi : Industrie française en plein reprise cherche talents

* La Semaine de l’industrie du 26 mars au 1ᵉʳ avril est organisée par le ministère de l’Économie et des Finances via la Direction Générale des Entreprises (DGE).

** Le salon Global Industrie se tiendra du 27 au 30 mars au Parc des expositions Paris-Nord Villepinte.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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