Mon boss est un robot

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Sylvia Di Pasquale

26/05/2014

C’est quoi l’emploi du temps d’un patron ou d’un cadre dirigeant ? Prendre des décisions et, si possible, ne pas se planter trop souvent. Ce portrait-robot, correspond à quelques neurones près à celui de Vital. Sauf que Vital est un robot. Plus exactement un algorithme, qui engloutit des données et qui tranche. Un vrai boss ce Vital.

Du coup, une boîte hongkongaise spécialisée dans la gestion de fonds à risques, l’a carrément propulsé à son conseil d’administration. Avec un droit de vote, qui compte autant que celui des cinq autres administrateurs de chair et de sang. C’est que Vital est un as du croisement et de l’analyse de données à vitesse fulgurante. Et permet à Deep Knowledge Ventures de décider de ses investissements avec le maximum de sécurité.

Passé le choc, on cherche les raisons qui ont motivé cette entreprise à associer une intelligence artificielle à leurs décisions. D’abord, Vital, c’est le cadre parfait. Le type qui ne rechigne jamais pour entamer un brainstorming après 18h30. Le gars qui ne pianote pas sur sa tablette en pleine réu pour réserver un vol discount pour les prochaines vacances. Le col blanc qui n’a aucun problème d’égo avec Jean-Loup qui veut lui piquer son poste. Le cadre que rien n’arrête, surtout pas les considérations bassement humanistes. Un type au poil quoi.

Et puis c’est pas Vital qui viendra geindre à son entretien d’évaluation annuel. Une augmentation de salaire ? Une augmentation de mémoire lui suffira. Changer son Qashqai de fonction pour un Audi Q5 ? Il n’y pense même pas. Vital est tellement génial que l’on se demande pourquoi tous les conseils d’administration du monde ne l’ont pas adopté. Et l’on ne voit qu’une seule raison qui puisse freiner l’expansion de ses frères dans les centres de décisions des entreprises de la planète : ceux qui décident, ou non, d’embaucher un Vital, sont des hommes et des femmes.

De ceux et celles qui s’ennuient pendant les réunions. De ceux et celles qui hésitent entre deux SUV. De ceux qui travaillent trop. De ceux qui, comme Christian Streiff, ex-pdg de PSA peuvent risquer leur vie, être victime d’un AVC au bureau, s’en remettre difficilement, avouer qu’ils ont dorénavant besoin de 6h de sommeil par nuit « et ne plus se contenter de 3, comme auparavant ». 

Mais surtout, tous ces cadres d’entreprise, tentent de protéger leur espèce. Celle des cols blancs qui font ce qu’ils peuvent, qui essaient de concilier l’inconciliable. Et même d’injecter un peu d’humanité dans l’entreprise et les décisions qui y sont prises.

@Syl_DiPasquale

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Amos

27/05/2014

à 08:15

Est-ce réellement nécessaire de devoir protéger l'"espèce". Après tout si l'on pouvait remplacer des incompétents "chers" (cadres dirigeants humains) par des incompétents moins chers, est-ce que ce serait un plus grand mal ? C'est juste l'évolution naturelle de notre société : diminuer les couts (humains bien sur !). Ce qui me surprend dans cet article c'est le fait qu'il est écrit que nos chers (money) dirigeants penses avant tout à leur congés et leur voiture en réunion ! Moi qui croyait qu'il existait au sein des conseils de direction des personnes attentives au développement de l'entreprise et de ses salariés, je crois que j'avais tord.

Peut-être, tout compte fait, que la menace d'être remplacé par une machine (menace qui était jusqu'alors inexistante) pourra faire réfléchir nos "élites".

> Répondre

Nico

26/05/2014

à 22:12

Oh...
Vous commer a devenir sombre realiste, sombre et concret.

Quand commencons-nous a inventer un nouveau "système" ?

> Répondre

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