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Ni bleu, ni blanc, place au « col neuf »

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Sylvia Di Pasquale

29/05/2018

On oublie tout, on efface tout. Les bons vieux clivages qui opposent les manuels et les intellos, les littéraires et les scientifiques vont exploser. Le travailleur du futur ne sera ni col bleu, ni col blanc, mais « col neuf ». C’est le cabinet Mc Kinsey qui le dit et qui a même trouvé ce petit nom (« new collar » en VO dans le texte) pour le salarié de 2030, date butoir fixée à son étude prospective parue ces jours-ci. Elle nous explique en substance qu’il va falloir se changer le sang, celui qui nous vaut depuis des siècles d’être bien rangés dans des catégories dès les bancs d’écoles.

En gros, l’automatisation des tâches, grâce à l’engrais des intelligences artificielles, va chambouler le travail. Et dans 12 ans, il vaudra mieux être un col neuf pour continuer à faire sa pelote dans le monde bousculé du boulot. Ces salariés du troisième type, ni manuels ni intellos, ni scientifiques ni littéraires, mais un peu de tout ça, vont devoir mixer les compétences des uns et des autres, et donc de leurs pères et de leurs mères. Car ces compétences respectives de base vont régresser, de 14 % pour les premières et de 15 % pour les secondes.

Fort bien. On ne sera plus manager de collaborateurs, mais super GO pour créer des amitiés entre le numérique et les équipes. Les ingénieurs sauront élaboré tout autant que mettre les mains dans les moteurs des objets sur lesquels ils auront cogité. On ne sera plus vendeur-chasseur de prospects (cette tâche étant assurée par l’intelligence artificielle) mais chouchouteur de clients et bidouilleur de CRM. On ne sera plus seulement prof, mais augmenteur de savoirs hybrides.

C’est justement ce dernier corps de métier qui devra les façonner, ces fameux cols neufs. Car l’éducation nationale, qui n’est pas une exception française, puisque cette forme de tri est assez généralement et occidentalement appliquée, devra en finir avec la sélection classique qui classifie les élèves dès la seconde entre les littéraires et les matheux, entre les doués des mains et les chevronnés de la tête, puisque l’avenir est au mix de tout ça. Ne plus seulement faire, mais contrôler, maintenir et concevoir la machine qui fait.

C’est donc aux enseignants de se transformer vite, de devenir des profs neufs pour former des cols neufs. Mais c’est aux entreprises aussi de transformer leurs manières de former tout au long des carrières. Pour transformer les cols bleus et blancs d’aujourd’hui en cols neufs de demain. 

>> Lire aussi : Quelles compétences l’IA chamboulera d’ici 2030 ?

 

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

[Cet article est un éditorial qui reflète le point de vue de la rédaction. Le forum ci-dessous vous permet de le commenter ou d’apporter votre témoignage en lien avec le sujet évoqué, dans le respect des principes éthiques et de savoir-vivre (comprenant l’écriture avec un certain soin). Nous avons hâte de vous lire et vous remercions de votre visite.]

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Lasegue

29/05/2018

à 20:37

Déjà que dans notre pays l'enseignement n'est pas à la hauteur des résultats espérés, je pense que la transformation devrait démarrer dès aujourd'hui si on veut obtenir ces new collar. Je miserai plutôt sur les entreprises pour ce faire. A moins que l'on mise sur une formation accrue des enseignants en les plongeant à leur tour dans les entreprises pour qu'ils puissent se rendre compte des compétences à transmettre pour formater un bon employé. DONC DES ENSEIGNANTS POUR LES ENSEIGNANTS !

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Jean-David Gallet

30/05/2018

à 12:55

Oui, mais un jour, ce sera aussi l'IA qui chouchoutera les clients, disons quand l'IA aura fait encore plus de progrès. Et puis un peu plus tard, elle se chouchoutera elle-même, car le client sera aussi sous forme d'IA... Et nous, on plantera des choux, on sera à la plage, ou des esclaves biologiques à la Matrix...

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