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"Numéro Une", le film qui donne des coups de Louboutin aux fesses

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Sylvia Di Pasquale

09/10/2017

Ce n’est pas une comédie de bureau, mais un thriller implacable, une lutte pour une prise du pouvoir. Celle d’Emmanuelle Blachey, une brillante ingénieure qui se laisse convaincre par un club de femmes d’influence, de postuler à la direction d’une grande entreprise du CAC 40. C’est une autre Emmanuelle (Devos) qui l’incarne, dans le nouveau film de Tonie Marshall Numéro Une, sur les écrans ce mercredi.

Cette lutte pour un fauteuil, la réalisatrice de Vénus Beauté Institut, seule femme à avoir obtenu le César de la meilleure réalisatrice, l’a filmé comme un éveil. La prise de conscience d’une héroïne sans aucun a priori féministe et même plutôt candide, qui va peu à peu découvrir tous les freins invisibles qui limitent l’ascension des femmes dans le monde des affaires.

Va-t-elle gagner, ramasser la place de boss à la fin ? Pas question de spoiler l’ultime suspens. En tous cas, les 200 femmes présidentes de réseaux féminins réunies le 20 septembre dernier par le mouvement #PPV pour voir le film en avant-première ont longuement applaudi. Des acclamations qui ne saluaient pas seulement l’opiniâtreté de l’héroïne, mais aussi la vision de Tonie Marshall, celle d’un monde où les femmes ne sont plus des victimes. Un monde où elles sont pourtant confrontées à « la misogynie bienveillante », « organisée et gagnante », « inconsciente, et au final inscrite dans le système », comme elle le filme.

Un monde où les femmes n’osent pas, ne postulent pas. Ce qui laisse le champ libre aux hommes de pouvoir de l’exercer tranquillement, et d’expliquer très sincèrement, et à qui veut l’entendre : « recruter des femmes aux hautes fonctions ? J’aimerais bien, mais il n’y en a pas ».

Film de la décomplexion féminine ? Film de la pulvérisation du plafond de verre ? Numéro Une est aussi cela. Et c’est d’autant plus efficace que ce n’est pas un n-ième film anti-entreprise, bien que Tonie Marshall y montre la violence qui s’y exerce. « Je voulais défendre l’idée que s’il y avait entre 40 et 50% de femmes à la tête des entreprises, entreprendre, lutter et gagner ne serait plus synonyme de guerre de tranchées. »

Mais c’est surtout le film de l’encouragement pour toutes celles qui n’osent pas. Et sortiront de la salle avec un réjouissant coup de pied aux fesses. Le cinéma, parfois, sert aussi à ça.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier ©Cadremploi

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commentaires

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Sofia

13/10/2017

à 06:45

Pas un film anti-entreprise ? Je me suis posé la question. L'entreprise y est montrée comment un lieu d'échanges codés, froids et au final plutôt violents. A choisir entre travailler en entreprise ou ne pas, la question se pose.

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