1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'édito de Sylvia Di Pasquale >
  4. Open Space ne m'a pas tuer

Open Space ne m'a pas tuer

open-space-ne-ma-pas-tuer

Sylvia Di Pasquale

29/09/2014

Comment fait-elle ? Comment la comédienne et metteur en scène Mathilda May, baignée depuis toujours dans le monde du spectacle sans connaître le moins du monde l’autre monde, celui de l’entreprise, peut-elle réussir aussi bien sa petite entreprise ? C’est ce qu’on se répète à la sortie d’Open Space, la pièce qu’elle a écrite et mise en scène, et qu’une troupe de sept comédiens donne jusqu’au 19 octobre 2014 au Théâtre du Rond-Point à Paris. C’est que j’y étais entrée en maugréant, m’attendant sans illusion à ce que, comme tous les artistes, elle donne une vision de la vie de bureau faite de harassement, de condition subie, de tripalium auxquels ils ont échappé. Par la force des choses, ils ne la  connaissent pas, ou mal, n’ayant exercé de fonction en entreprise, que contraints par leurs périodes de vaches maigres.

Or, chez Mathilda May, point d’apitoiement. Son spectacle, une comédie burlesque sans dialogue, n’évite pas la difficile condition des open spaceurs. La promiscuité, le manque d’intimité, le côté aliénant de ces curieux regroupements, elle ne les élude pas. Mais curieusement, celle qui n’a jamais travaillé en open space, semble parfaitement comprendre ce qui s’y trame. Comme elle l’explique à Armelle Heliot dans cette interview« cet espace imposé aux salariés oublie l'humain. Mais l'humain se rebiffe ou s'adapte. » Et dans ces contraintes naissent des émotions, des joies et de la séduction. Pas seulement des frustrations.

Et si la comédienne très éloignée des contingences de la vie de bureau l’avait mieux compris que d’autres ? Mieux en tous cas qu’Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, les auteurs de L'open space m'a tuer venus de l’entreprise, la vraie ? Dans leur bouquin, ils ont repeint ces espaces ouverts entièrement en noir, à grands coups de cynisme et de caricature. Comme si un auteur et metteur en scène de théâtre, forçant le trait, avec un décor ringard, situant sa pièce dans une entreprise ringarde, sans dialogue, avec des chorégraphies surréalistes, touchait plus juste qu’un pseudo témoignage réel sur l’open space tel qu’il va.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr

Illustration © Charles Monnier 

4

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

desalex

28/11/2014

à 14:52

vous vous reniez sur le livre L'open space m'a tuer http://www.cadremploi.fr/editorial/actualites/edito/detail/article/lentreprise-ma-tuer.html. Livre qui d'ailleurs a inspiré et non rebuté Mathilda May.

> Répondre

fidèle lectrice

12/10/2014

à 03:13

Ne m'a pas TUÉ...

> Répondre

Letou

05/10/2014

à 10:22

Sylvia di Pascuale n y a t il pas une grosse faute de conjugaison dans le titre??

> Répondre

toto

03/10/2014

à 10:50

bonjour,
je ne vois pas de différence entre le fait de travailler en open space et dans une bibliothèque (quand on était plus jeune). C'est toujours la même histoire caricaturée mais sans plus...

> Répondre

+
Confidentialité de vos données
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires permettant l’utilisation de données relatives à un même utilisateur par notre société ainsi que par des tiers comme les régies publicitaires partenaires, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services en lien avec votre recherche d’emploi, une offre publicitaire adaptée à vos centres d'intérêts et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus
J'accepte