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Partir ou rester, c'est toujours résister

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Sylvia Di Pasquale

01/02/2016

On ne va pas refaire son CV, ni tirer le bilan de ses trois ans au ministère de la Justice. En revanche, le départ, ses raisons et ses sentiments, peuvent éclairer quelque peu l’attitude de Christiane Taubira et de tous ceux qui, dans leur boîte, se demandent souvent s’ils doivent rester ou pas. « Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir » expliquait-elle sur Twitter le jour de son éjection. Une phrase que nombre de salariés doivent se répéter, même s’ils ne viennent pas au bureau le matin en vélo.

C’est qu’un nouveau salarié arrive très souvent dans une entreprise avec le désir de lui apporter du sang neuf, et c’est même très fréquemment la volonté de ceux qui les recrutent. Mais ils savent, et le fraîchement arrivé le sait aussi, qu’il va d’emblée se heurter à un épais mur, une forteresse de lourdes pierres d’inertie. Et à une volonté farouche de ne rien changer. Alors le petit dernier va s’accrocher, tenter de changer les choses de l’intérieur, résister et rester. Pendant un temps, il va tout tenter, remuer le ciel, la terre, son service et celui d’à côté, s’attaquer au continent de process, d’idées obsolètes et d’organisations archaïques. Si ses idées nouvelles trouvent la brèche et infusent de la nouveauté dans la lourdeur affichée pour l’alléger, il aura gagné. Il s’épanouira et s’installera, jusqu’à ce que ses modernes systèmes de pensée s’engourdissent, deviennent obsolètes à leur tour et soient rafraîchis par ceux d’un plus nouveau que lui. C’est ainsi que l’innovation se renouvelle.

Mais plus souvent que de temps en temps, ce scénario parfait s’échoue sur la grève des réticences, des collègues bornés et des lourdes structures figées. Alors le nouveau, lorsqu’il ne l’est plus trop, se coule dans le moule et se fait avaler par le système. Il ne résiste plus. Mais s’il n’accepte pas son sort, il n’a plus qu’à accomplir un acte fort. Partir est effectivement une autre forme de résistance. Échouer une fois n’est pas échouer toujours. Il suffit d’enfiler son casque, de grimper sur son vélo, et de s’en aller tenter de trouver ailleurs une autre montagne à déboulonner. Les entreprises monolithiques à assouplir ne manquent pas.

@Syl_DiPasquale © Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

7

commentaires

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Guergnon Benjamin

22/02/2016

à 09:28

Tout comme une entreprise doit renouveler son offre de services ou de produits pour continuer à attirer sa clientèle, une entreprise doit aussi avoir une politique RH favorable au développement de ses salariés...
Les salariés, des clients pas comme les autres : http://www.journaldunet.com/management/ressources-humaines/etude-trexia-jdn-2013.shtml

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Maurin, Hilmi

15/02/2016

à 15:32

Personnellement, je pense qu'une entreprise dans laquelle vous êtes resté de nombreuses années et qui ne fait rien en matière de suivi de carrière en votre faveur, il faut s'en aller et les laisser dans leur récession. Car, en effet, je pense qu'une entreprise qui ne considère pas son employé comme son premier client, elle n'a rien compris et à long terme va à sa perte.

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Alexis P.

21/02/2016

à 07:46

Honnêtement, je suis tout à fait d'accord.
Je travaille dans une entreprise d'une négligence sur son personnel qui frôle le délire.
J'assiste impuissant depuis 8 ans à une fuite des talents, nous avons traversé des crises et rachats résultats de ce gâchis professionnel, je ne sais toujours pas comment cela ce fait que nous ayons encore des clients.
Mais il est tellement plus simple d'entretenir un panier de crabes aux compétences limités en lui montrant le miroir aux alouettes plutôt que d'être une pépinière de gens compétents et de les mettre en valeur.
L'entreprise devient-elle un vivier d'opportunistes?
Quant à s'en aller, j'essaie depuis 3 ans mais la société dont je suis l'employé est une vraie casserole.

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toto

04/02/2016

à 19:27

PARTEZ ET INDIGNEZ-VOUS!
C'EST ENCORE LA MEILLEURE DES RESISTANCES!!!

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Pascalou02

02/02/2016

à 14:12

Partir c'est donner raison à toute personne désirant gérer seule. Voyons le monde actuel, aucun n'ose affficher son opinion et résister, le monde se porte t-il mieux! Non.. Ayons le courage de donner notre avis et cessons de subir, ceci permettra de construire ensemble, cessons de fuir ....

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Herve78

03/02/2016

à 07:44

Je suis plutôt en phase
"Partir est une forme de résistance" si elle permet le changement dans la structure que l'on quitte. Hors fréquemment, elle ne le permet pas car l'inertie est forte et les "Mammouths nombreux et fort peu enclin à se laisser dégraissé ".
Merci Sylvie pour cet article

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En réponse à Herve78

Virk

04/02/2016

à 08:30

Partir permet aussi de construire... ailleurs.

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