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Pénurie de candidats : et si c’était de la faute des managers ?

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Sylvia Di Pasquale

02/02/2015

Et si la période d’essai était le vrai baromètre de la pénibilité d’un métier ? On serait drôlement enclin à le penser en lisant la récente note de la Dares. La direction de l’animation, de la recherche et des études du ministère du Travail s’est penchée sur le recul des recrutements en CDI en 2014. Elle nous joue un air connu : la durée indéterminée recule comme jamais depuis 2009 (en baisse, les CDI ne représentent plus que 9,8 % des embauches). Mais cette note recèle aussi un autre message, un avertissement pour quelques secteurs plutôt geignards qui sont généralement en pole position dans cette curieuse discipline qui consiste à hurler à la pénurie de candidats.

Car les statisticiens de la rue de Grenelle se sont aperçus que pendant la période 2011-2012, 36 % des CDI signés ont été rompus au cours de la première année. Dans le secteur de la construction, cette pratique a doublé en cinq ans. En y regardant de plus près encore, ils ont constaté que ce taux de rupture atteignait carrément 58,6 % dans l’hébergement et la restauration. Et dans la plupart des cas, ces contrats se sont interrompus par des démissions, donc à l'initiative des fraîchement embauchés.

Alors, on peut, bien entendu, solder le problème au comptoir du café du commerce, en s’exclamant « que les jeunes sont des fainéants qui ne veulent pas travailler plus de 35h ». Sachant que dans ces secteurs, les heures sont longues. On peut aussi se lamenter sur les temps qui changent et qu’avant, au moins on avait, chevillées au corps, de saines notions de labeur. On peut, également, mettre à jour son logiciel de management. Et se dire que si ces secteurs peinent à recruter, et surtout à conserver leurs effectifs, c’est avant tout parce que ceux qui les encadrent en sont restés au temps de leur propre jeunesse. 

Tenter de diriger une brigade de restaurant à la baguette n’a peut-être plus cours, sous peine de double peine : l’accumulation d’un boulot pénible et d’un encadrement qui l’est tout autant. Le chef étoilé Thierry Marx l’a compris. La zenitude appliquée au monde de l’entreprise lui réussit. Évidemment, tous les patrons de PME du bâtiment, ou de la restauration n’ont pas son talent, ni sa sagesse. Mais on ne leur demande pas de faire du béton ou de la cuisine moléculaire. Juste d’insuffler un peu d’air dans leurs parfois curieuses manières de cheffaillon d'un autre siècle.

 À lire aussi : Améliorer son leadership

 

@Sylvia Di Pasquale

17

commentaires

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quaterback75

25/03/2015

à 13:24

Bonjour à toutes et tous

Avec des périodes d'essai de près de 6 mois légales le cdi contourne x difficultés
recruter des candidats expérimentés qui n'auraient jamais postulé pour un cdd
après 6 mois la rupture peut se faire sans justifier des véritables raisons
pas de prime de précarité soit une économie très substancielle
pas de risque de Prudhommes ni de payer le salaire jusqu'à la fin du contrat en cas de
fin de chantier ou de projet.
Des collaborateurs super motivés et dispo qui pour montrer leur motivation n'hésiteront
pas à travailler 12 h et plus par jour voire 7/7 24h/24 (merci les smartphones...)

En gros c'est le meilleur moyen de recruter une compétence nécessaire à une réorganisation par exemple ou contourner une difficulté passagère (syndicat,finance, législation etc). On fera le sale travail Machiavel (et son Condottiere) à relire d'urgence

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bravogolf

15/02/2015

à 19:09

Le processus de recrutement dans notre société soi-disant "moderne" est devenu d'une hypocrisie totale, voire pitoyable ! Les entreprises se marchent sur la tête car elles persistent à chercher le clone parfait qui n'existe nul part, pour qu'il soit opérationnel et rentable à court terme, le tout baigné par des méthodes de management d'un autre temps pratiqués par des individus qui baignent dans leur bulle du pouvoir à défaut de démontrer leurs véritables qualités. Et je ne parle pas des cabinets de recrutement qui sont de toute façon payés pour réussir leur mission : donc pas de risque non plus. Bref, cela n'a plus de sens ! Après de nombreuses hésitations, j'ai décidé d'entreprendre et je ne le regrette pas, même si entreprendre dans notre beau pays reste un véritable parcours du combattant.

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Stma

12/02/2015

à 11:09

Je ne comprend pas pourquoi les entreprises n assument pas leurs recrutements.
Beaucoup passe encore par des cabinets pseudos spécialistes dans tous les domaines. Ils connaissent votre métier..il paraît, il vous testent psychologiquement... Pour la plus part ils n ont aucune créativité, toujours la même rengaine de raconter son parcours , ils vous demandent des chiffres invérifiables, des noms de n+1 pour compléter leur bases de données de profils.
Qui mieux que l entreprise peux recruter, elle connaît son métier, ses valeur, ses attentes. Les cabinets à mon sens allongent les délais des dossiers, il faut qu'ils justifient leurs utilités et au final beaucoup d annonces se retrouve en ligne quelques mois après avoir été passée. Pourquoi ?
Plutôt que de s intéresser à l'homme on va chercher ses faiblesses, on va le déstabiliser pour voir sa réaction, cela n inspire pas pour intégrer une entreprise, car on se dit qu'elle est à l image du cabinet qui vous convoque.
Je n inclus pas dans ma réflexion les chasseurs de têtes très spécialisés dans leurs domaine qui ont une expertise bien supérieure aux cabinets généralistes

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Francois BON.:

11/02/2015

à 12:15

Je pense qu'il est souhaitable, en effet, de faire confiance à la bonne volonté et au talent de chacun , en recadrant juste si nécessaire, et discrètement, à l'abris des regards et des oreilles des collègues et de la clientèle. Mais le faire chaque fois que nécessaire. Dans un climat de partenariat et de confiance. Graduellement. La carotte et le bâton peuvent payer avec des collaborateurs qui souhaitent instaurer ce rapport. Certains ont besoin d'être sous pression pour donner le meilleur d'eux même. En fait, chaque cas est unique, il faut savoir écouter, faire preuve de psychologie pour mieux se faire entendre...

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Bertrand M

11/02/2015

à 10:50

Bravo pour cet article courageux.
La carotte et le bâton sont des manières obsolètees de manager : on ne finit par obtenir que des...ânes.

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Taistouahhh

10/02/2015

à 08:21

Pour compléter la réaction de yernaux1, surtout éviter de faire un carton dans les tests de logiques et autres QCM pseudo- psychologiques de super profil de poste (il y en a tant que je ne sais plus les nommer)... cela aura pour seul résultat d'effrayer votre recruteur ou votre n+1. Dernière remarque d'un consultant: trop intelligent. Ouch!
Ben finalement, trop c.. oui! La prochaine fois je fais des ratures ^^...J'ai déjà commencé à modifier qq données sur mon CV en minimisant les résultats obtenus lors de mes précédentes expériences.
Bref, l'article pourrait se nommer: les méthodes de recrutement actuelles ou comment tirer les candidats vers le bas.

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moutonà5pattes

08/02/2015

à 11:01

après une carrière de 32 ans dans l'assistanat de direction, j'ai fait une reconversion dans les ressources humaines ; j'ai obtenu une licence RH pensant que j'aurai une meilleure employabilité dans le monde du travail !!!! j'ai recherché des postes en tant que gestionnaire paie : même chose : pas d'expérience dans la paie ; pas de connaissance de tel logiciel de paie etc .... j'ai réussi à avoir quelques missions intérim en paie ce qui a réussi à m'ouvrir quelques portes mais très peu : ya toujours quelque chose :
exemple : pour une offre en intérim qui se terminait au 31 décembre, on a rejeté ma candidature car je n'avais jamais établi a DADS : Excuse pitoyable en sachant que la DADS ne peut être commencée qu'après la fin des paies de l'année précédente.
ou autre entreprise qui a trouvé que je lui paraissait trop "rigide" car j'avais eu une expérience dans un direction JURIDIQUE !!!!
on devrait tous écrire un livre en rassemblant toutes les excuses "vaseuses" que les employeurs nous ont sortis de leur chapeau !!!
OUI le chômage augmente à cause de la frilosité des employeurs ; certains mettent trois semaines à se décider à donner une réponse au candidat choisi ; qu'ils ne s'étonnent que les candidats ne les attendent pas : les candidats prennent le boulot chez le premier employeur qui leur répondent et les employeurs passifs doivent se rabattre sur les moutons bancals !!!!

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Rachel678

07/02/2015

à 23:37

Exactement ça yernaux1 : ils changent leurs exigences au gré des humeurs des opérationnels ! tout simplement, ils s'en fichent eux ils ont leurs assises au travail, ils ont une certaine stabilité, peu importe qu'ils fassent n'importe quoi, les supérieurs ne seront pas très regardants ... voila

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Isabel55555

07/02/2015

à 21:55

Le problème vient du fait que les employeurs ne veulent pas embaucher. Cela commencera par le fait que l'opérationnel ou la crh s'amusera a surenchérir dans les exigences. Souvent je constate que lors de la publication d'une offre sur internet, la première chose c'est qu'elle restera longtemps sur le site ( processus long à cause des chichis et faux prétextes des employeurs) et voire parfois il modifient le titre de l'offre pour relancer le process et avoir encore plus de cv, tandis qu'ils n'arrivent déjà pas à se débrouiller avec les milliers de cv reçus.

Pourquoi ça se passe car les entreprises sont peuplées par des personnes incompétentes, inefficaces.

Aussi très souvent, l'entreprise dans le cadre d'un remplacement d'une personne qui évolue, va vouloir avoir le clone de la salariée qui évoluera... or techniquement cela est impossible car nous sommes tous uniques, ce qui fait que l'employeur peut voir passer des candidats qui matcheront parfaitement en tout point et pourtant ne pas le voir car aveugler par ses lubies ! résultat : hésitation constante et perpétuelle de l'employeur qui ne sait pas quoi faire, donc pas de recrutement ou mauvaise recrutement.

Le problème vient de l'incompétence des crh et des opérationnels. Sans parler des exigences écrites sur la fiche de poste et celles que déclarent oralement l'employeur et qui sont très souvent totalement différentes.

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Teddy

06/02/2015

à 18:37

Pénurie ?
les fausses pénuries comme en informatique dont le taux de chomage est de 12.8% (chiffres pole emploi) sont elle créée par les journalistes ?

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domi

05/02/2015

à 22:14

Yernaux: que Dieu vous bénisse! Je suis 1000000% d'accord avec votre commentaire. Vous avez tout dit.
PS: les cabinets de soi-disant recrutement devraient se remettre en cause d'une manière radicale: méthode inadaptée, béniououi de leur client, des consultants pseudo-psychologue qui ne connaissent rien au monde du travail. Franchement , il y a même des cabinets connus de la place que je trouve absolumment pathétique dans leur approche.

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Carole

04/02/2015

à 11:11

Bonjour

En lisant le titre je m'attendais à autre chose. Je pensais que vous évoquiez le manque de candidats suite à la diffusion d'annonces.

En ce moment je vois des annonces de gestionnaire de paie qui restent en ligne. Il faut être expert, autonome - 3 à 5 ans d'expérience. C'est drôle parce que je vois d'abord une annonce, ensuite une autre avec une autre agence d’intérim ou cabinet de recrutement, puis une autre...... sur différents sites. L'employeur s'échine à écumer toutes les agences de recrutement de la région, pensant qu'à un moment le/la candidat(e) qui est en recherche d'emploi et qui correspond aux critères va voir l'annonce. On nous prend pour des idiots. On ne consulte pas un seul site d'offres d'emplois et une fois par mois. C'est risible.
Je ne vois jamais d'offre de gestionnaire de paie débutant. On se forme, mais après pour trouver un emploi c'est mission impossible. On reste donc toujours débutant. Les employeurs n'ont pas du tout envie de perdre du temps à recruter un(e) débutant(e) et de la faire monter en autonomie au fil des mois. Il faut être rentable tout de suite.

Voilà comment le chômage continue à augmenter (nombre et durée).

> Répondre

Nando

04/02/2015

à 09:12

Messieurs , si je peux me le permettre n'oublions pas le cinéma exagéré des recruteurs , chasseur de tête pour souvent des postes bien plus facile que ce qu'il annoncent . Alors que 6 mois a 1 plus tard vous retrouver très très régulièrement le poste de nouveau sur le marché grâce aux recruteurs qu'il se ce sont planter grave cause le cinéma engendrés pur toucher des sommes folles par les entreprises perdu , alors qu'ils sont passé à côté surment dun bien meilleur candidat moins vendeur le jour du grand rendez vous en leurs bureau ultra moderne

> Répondre

Christ

03/02/2015

à 13:55

Pour avoir connu ma premiere periode de chomage a 40ans, j avoue que le ciel m est tombé sur la tête...j ai decouvert un veritable parcours du combattant avant de réaliser sue finalement je travaillerais pour mon propre compte! Il y eu un enchainement d entretien avec des soi-disant cabinets de recrutements...cabinets tout court je dirais-)) . L on demande aux candidats de s adapter, demontrer leur enthousiasme etc etc... En in finé
C est l humain le problème, les process de recrutements " has been", des chefs d entreprises qui ne comptent surtout pas sur la capacité aux candidats de s adapter, et une confiance mise en berne!! Le moutons a 5 pattes n existent pas, et quant aux salaires derisoirs... Gardez votre poste, on travail notre autonomie!! Etonnez vous qu en france nous avons du mal économiquement!!
Sur ce gardons le moral pour nous autres, échangeons, formons nos reseaux.
Bon courage!

> Répondre

yernaux1

03/02/2015

à 10:25

Au chômage depuis trois mois, j'ai également un autre constat. Les entreprise sont tétanisées, voire en panique. A force de chercher le mouton à cinq pattes et, pire, souvent dans l'incapacité de savoir ce qu'elles recherchent exactement, les embauches en sont gravement freinées. Et je ne parle même pas des cabinets de recrutement. J'estime que ceux qui peuvent se targuer d'en faire partie se comptent presque sur les doigts d'un moignon. je ne compte plus les remarques à l'emporte pièce et contradictoires sur le même poste où on me trouve trop ou pas assez, selon l'humeur du moment, vieux, diplômé ou expérimenté. Dernière remarque en date ? J'étais trop ... cultivé !!!
Quand il s'agit de jeune recrues, issues d'un joli Master, sans expérience terrain, à qui on demande d'aller à l'abattage, je peux le comprendre. Quand je reçois une réponse automatique d'un robot, dix minutes après et l'envoi de mon CV et de ma lettre de motivation, je suis dubitatif. Enfin, quand je suis reçu par un senior, qui il y a 5 ans encore vanter mon parcours et me reproche aujourd'hui d'avoir été trop mobile, je préfère m'abstenir de tout commentaire.
En conclusion, oui, la pénurie de candidats est souvent liée à la frilosité non pas de fainéants de chômeurs qui profitent du système mais de la pusillanimité de recruteurs qui, sur le papier, demandent au candidat le beurre, l'argent et etc. sans être en mesure de prendre des risques.

> Répondre

Martial

03/02/2015

à 10:05

Et c'est exactement la même chose dans l'informatique, et en particulier le développement : Pression de malade, absentéïsme, démission durant la période d'essai, encadrement désorganisé et dépassé par la charge de travail, pas vraiment fait pour l'informatique en fait ou le "state of art" n'est généralement pas à l'ordre du jour dans la culture d'entreprise, ni les budgets qui vont avec (cf USA).

En fait, l'étude révèle une chose que tout le monde savait largement depuis très longtemps : Les patrons français sont bien souvent incompétents doublés de gros c...

> Répondre

Mykerinos314

03/02/2015

à 09:17

J'ai bientôt 20 ans de travail derrière moi, et la seule fois où j'ai rompu mon contrat en cours de période d'essai, c'était à cause de ma responsable de service.
Travailler 10 à 12h par jour sous le prétexte qu'on est cadre, oui, mais à condition d'être considéré à sa juste valeur. Si on vous hurle dessus à longueur de journée, ou si on rabaisse vos idées à chaque fois que vous proposez quelque chose, ce n'est pas pas acceptable.
J'ai pris la décision de partir le jour où je suis arrivée au bureau avec une énorme boule au ventre et en pleurant. Je préfère conserver ma santé.

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