Portrait de la France d'en-bas-à-gauche

Publié le 04 décembre 2006 Sylvia Di Pasquale

On pourrait évidemment s'arrêter là. Et réduire le Sud-Ouest à une nuée de canards au foie proéminent, palmipèdes dans les starting-blocks à J-20 de la grande goinfrerie annuelle. On pourrait aussi se persuader que l'autre spécialité de ce coin de l'Hexagone, en-bas-à-gauche d'une carte de France, c'est la gouvernance aux yeux grands fermés. Celle de dirigeants d'un grand avionneur qui n'ont pas vu venir les retards de production de leurs gros porteurs que tout le reste de l'entreprise soupçonnait. Mais par ici, on ne passe pas son temps à se tromper ou à se gaver. De Midi-Pyrénées à l'Aquitaine en passant par le Limousin, on crée, développe, investit, recrute et turbine sans complexes.

 

Le Limousin, justement, la plus petite région de France est devenue en 2004 la première en termes de création d'entreprises. Devant l'Ile-de-France ? Devant toutes les autres, on vous dit. Evidemment, Limoges n'est pas une plaque tournante comme Singapour ni Hong-Kong, et les activités dont il est question sont majoritairement artisanales, commerçantes ou sous statut de profession libérale.

 

 

 

Mais le bonheur est aussi dans les prés limousins pour bon nombre de petites entreprises liées à l'Internet et aux nouvelles technologies. Preuve, s'il en eût fallu, que ruralité et modernité ne se marchent pas nécessairement sur les pieds. Mais aussi qu'un petit coup de pouce régional pour forcer nos opérateurs à l'installation de l'ADSL haut débit jusqu'au fin fond des campagnes ne saurait nuire à la migration des petites entreprises high-tech qui rêvent de se mettre au vert. Le conseil régional ne s'est d'ailleurs pas contenté d'accélérer la connexion à l'Internet de ses moindres recoins, il est également allé chercher des subsides à Paris et à Bruxelles pour créer un « pôle d'excellence » lié à l'e-design
Si on s'active en Limousin, on ne baisse pas les bras en Aquitaine.  Cette région recèle également quelques surprises au classement national des bons élèves. Elle se situe même au second rang des régions françaises en matière de commerce de détail. Une situation florissante qui ne saurait perdurer sans un pouvoir d'achat à la hauteur. Il est ici assuré par quelques secteurs prospères comme la filière bois  qui compte près de 35 000 salariés , ou de la logistique en pleine expansion dans une région carrefour entre l'Espagne et les ports de l'Atlantique.
Région de passage, Midi-Pyrénées l'est également et les plates-formes de stockage s'y multiplient. Reste que Toulouse et ses environs est évidemment très dépendante de l'industrie aéronautique. Mais le sens de l'anticipation pourra peut-être éviter à la région un crash lié aux retards à l'allumage du gros porteur de Blagnac. Dès l'an prochain, un pôle de compétitivité devrait voir le jour sur le site de l'ancienne usine AZF. Ce pôle se consacrera à la recherche liée au cancer et devrait regrouper les principaux acteurs qui s'y dédient. Le choix de la recherche ne doit rien au hasard puisque Toulouse héberge déjà des laboratoires du CNRS, de l'Inserm et de tous les organismes publics, ce qui la situe à la deuxième place nationale dans ces domaines.Nouvelles technologies, logistique, recherche... les régions Aquitaine, Limousin et Midi-Pyrénées  ont oublié de s'engluer dans les secteurs déclinants ou trop anecdotiques. Preuve que le Sud n'est pas toujours à l'ouest. 

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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