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Pour que la Journée de la femme ne soit plus la Journée de la quiche

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Sylvia Di Pasquale

09/03/2015

Zut, cette année, la Journée internationale de la femme est tombée un dimanche. C’est vraiment dommage pour nous les filles : on n’aura pas eu droit aux bonnes vannes de Gérard à la machine à café. Ce sacré Gégé en mode, « alors, aujourd’hui on se repose ? » nous a manqué. Comme Ludo qui veut absolument nous offrir un court sucré chaque année. Sans oublier ce boute-en-train de Laurent qui, le 8 mars, nous la joue galant et nous tient la porte comme si on était handicapée. En nous grillant la priorité dès le lendemain matin pour retrouver sa muflerie coutumière.

On aura donc échappé à tout ça en 2015. En revanche, nous avons été super gâtées par toutes les promos, opérations marketing et coups de pub rien que pour nous les filles. C’est simple : tout au long de la semaine, on pouvait assister à des matchs de foot gratos, regarder un strip-tease d’homme à l’œil, s’initier à la zumba pour rien, ou repartir avec une culotte gratuite pour tout achat de soutien-gorge. C’est un peu comme si, la Journée internationale pour les droits des femmes*, initiée par l’Onu en 1975 – un organisme qu’on ne saurait soupçonner d’œuvrer pour les commerces de parfums ou de dessous – avait lentement dérivé vers la foire commerciale. Cette journée est devenue une espèce de fête des grands-mères, du nom de ce chaînon manquant de la célébration sponsorisée, lancée par les cafés du même nom.

Alors, plutôt que de s’interroger sur les progrès à accomplir en matière d’égalité entre hommes et femmes, plutôt que de valoriser les entreprises où les femmes se sentent bien dans leur travail, comme nous l’avons fait ici, plutôt que de prendre au pied de la lettre cette journée de lutte pour les droits (bafoués) des femmes, le 8 mars est devenue une St Valentin bis au cours de laquelle les collègues nous souhaitent une bonne fête et les marques nous prennent pour des quiches juste assez futées pour dégainer une carte bleue.

Et si on inversait les rôles ? Si les hommes passaient pour de vrai le pouvoir aux femmes pendant cette journée ?  À la tête des entreprises, dans les mairies, les boucheries, les bars, au parlement, dans les conseils généraux, les stades de foot…  Partout où les rênes sont tenues par un homme, une femme s’y collerait chaque 8 mars. Se passer des femmes 364 jours par an ne paraît pas aberrant. Essayons l’inverse.

Syl_DiPasquale © Cadremploi.fr

* Pour mémo, l’appellation donnée par l’ONU à cette journée est bien « Journée internationale de la femme »

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi

4

commentaires

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azertyuiop1952

17/04/2015

à 13:37

Pour que la Journée de la femme ne soit plus la Journée de la quiche
Vous préférez la journée de la poire ?

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Letitive

11/03/2015

à 11:24

Quand est la journée de l'Homme ?
La journée de la femme étant sept jours par semaine, il faudrait partager une peu.

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Carole

10/03/2015

à 19:30

Bonsoir

Vous n'avez pas regardé dimanche soir Potiche, film de François Ozon avec Catherine Deneuve, Fabrice Luchini et Gérard Depardieu ? La femme qui prend la direction de l'entreprise et ensuite est élue députée.

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celine

10/03/2015

à 16:56

Il me semblait que l'intitulé ets plutot journée de droits de la femme.

M'enfin on pourra discuter étymologie quand la journée en question sera effectivement considérée

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