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Pour travailler bien, faites-en moins

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Sylvia Di Pasquale

15/01/2018

Alors les accros du boulot ? Toujours les premiers au bureau ? Toujours les derniers au dodo ? Et si vous aviez tout faux ? Si tout ce que l’on vous avait enseigné depuis l’école, sur la longue et pénible besogne toujours récompensée, sur le temps passé sur l’ouvrage que toujours il faut recommencer, n’était que billevesée.

C’est ce que nous explique Morten T. Hansen dans un article du Wall Street Journal du 12 janvier dernier. Ce prof de gestion de la fac de Berkeley en Californie en est convaincu : pour mieux travailler, il faut travailler moins. Il a étudié la question, observé des employés et des cadres par paquets de mille et sous toutes les coutures pour arriver à cette conclusion qu’il expose dans un livre qui parait aux Etats-Unis à la fin du mois. Et le garçon ne semble pas avoir raté son coup, puisque l’ouvrage se retrouve, avec 11 autres, en lice pour le livre du management de l’année décerné par le Washington Post.

Mais que recèle-t-il d’exceptionnel, et qu’a découvert le professeur Hansen de si révolutionnaire ? En fait, rien de bien extraordinaire, rien que quelques éléments frappés de bon sens. Selon le chercheur, point n’est besoin de travailler comme une brute pendant des journées de quinze heures pour atteindre son objectif ou réussir son projet : il faut travailler moins et surtout travailler mieux.

Son idée ? Se débarrasser de toutes les tâches parasites qui encombrent les heures de boulot de chacun d’entre nous. Et d’en appeler Saint-Exupéry à la rescousse, puisque l’aviateur-écrivain écrivait :

« La perfection est atteinte, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer. »

Finies les réunions inutiles, les reporting sans intérêt, les mails sans but et les présentations aussi chargées qu’un blockbuster de Marvel. Il faut aller à l’os et se débarrasser du superflu. De cette manière, c’en sera fini des burnout, surchauffes, surmenages et autres maux du boulot.

Voilà qui est fort judicieux, fort simple, et finalement fort convaincant, au point que cette idée a déjà traversé l’esprit de tout un chacun, sans que jamais, elle n’ait abouti au sein d’aucune entreprise de taille. Pourquoi ? Parce que la simplification administrative, la rationalisation des organisations se heurtent toujours au nombre.

On peut faire simple lorsqu’on est seul. On continue à être efficace lorsqu’on est start-up, on l’est un peu moins lorsque l’on devient ETI. Et on ne l’est plus du tout lorsque l’on est un grand groupe. Morten Hansen se situe au niveau de l’individu et ne calcule pas le collectif.

Reste que les salariés peuvent rationaliser et simplifier leur méthode de travail à leur niveau et ce faisant, ils allègeront, un peu, la lourde machine. En travaillant, un peu, moins. Et en travaillant, un peu, mieux.

@Syl_DiPasquale © Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

[Cet article est un éditorial qui reflète le point de vue de la rédaction. Le forum ci-dessous vous permet de le commenter ou d’apporter votre témoignage en lien avec le sujet évoqué, dans le respect des principes éthiques et de savoir-vivre (comprenant l’écriture avec un certain soin). Nous avons hâte de vous lire et vous remercions de votre visite.]

 



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commentaires

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lasegue

16/01/2018

à 13:47

C'est ce que j'ai toujours pensé ! Se concentrer sur sa tâche principale et ne pas se disperser! Si dans une journée nous remplissons bien nos objectifs dans le temps qui nous est imparti, pas besoin de faire des heures supplémentaires. Aller à l'essentiel voilà qui est le plus bénéfique tant pour l'employé que pour l'employeur et cela évite le burn out en vogue de nos jours.

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Jean-David Gallet

16/01/2018

à 12:19

Oui, mille fois oui. C'est exactement ce qu'il faut faire. C'est ce que fait n'importe quel indépendant performant, n'importe quel commercial performant, n'importe quel directeur soucieux d'efficacité.
Mais n'oublions pas qu'en France, nous avons le management le plus bête du monde. Management qui valorise l'effort et pas le résultat. Management qui valorise le temps passé au travail et toujours pas le résultat. Vous savez, le fameux mérite issu de notre bonne vieille culture judéo-chrétienne, un peu maso et pas très efficace.
Et c'est précisément parce que les cadres, après un certain âge, en ont marre de bosser pour bosser, de défaire le mardi ce qu'ils ont fait le lundi et de satisfaire les caprices d'une organisation toujours plus lourde ; c'est précisément pour cela qu'ils se mettent à leur compte pour renouer avec le sens et l'efficacité ; et c'est pour cela aussi que les entreprises se plaignent de plus en plus de ne pas trouver de candidats...
Le virage culturel du management français devient une urgence absolue.

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CYNTHIA

16/01/2018

à 11:35

Je suis tout à fait d'accord avec l'article mais dites à votre chef que vous allez travailler mieux en travaillant moins et voir sa réaction. Et ça ne sera pas joli.

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En réponse à CYNTHIA

ble

16/01/2018

à 17:31

Tout a fait d'accord : ma solution : travailler moins mais efficacement et combler le reste du temps par du faux travail

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