Pour une entreprise plus démocratique ? Les cadres disent… ''mouais''

Publié le 27 janvier 2020 Sylvia Di Pasquale

Un récent sondage Ifop pour le site Philonomist révèle les attentes en termes de bonheur, d'éthique et d'autonomie des salariés vis-à-vis de l'entreprise. L'un des résultats a retenu notre attention : 77 % voudraient qu'elle fonctionne davantage comme une démocratie. Mais si l'on isole les réponses des cadres* en particulier, ils sont moins nombreux à le souhaiter. Pourquoi donc ?
Pour une entreprise plus démocratique ? Les cadres disent… ''mouais''

Les remous sociaux de ces deux dernières années en témoignent, en jaune rond-point comme en rouge CGT : la majorité des actifs français souhaitent plus de démocratie dans leur entreprise. Ils veulent participer d’avantage aux décisions, à l’instar de l’ensemble de la population, pour l’ensemble des situations.

Pour autant, si les salariés refusent majoritairement le fait du Prince, ils ne sont pas égaux devant cette revendication. Du moins selon le dernier sondage Ifop pour le site Philonomist.fr qui mêle habilement chaque semaine philosophie et travail. Selon ce sondage, si 77 % des salariés de tout niveau voudraient que l’entreprise fonctionne comme une réelle démocratie, les cadres* ne sont plus que 66 % à être d’accord pour associer tous les citoyens-salariés aux décisions stratégiques de la « minuscule cité », alias l'entreprise. Ce qui fait 11 points d’écart tout de même.

Les cols blancs seraient-ils moins démocrates que les salariés qu’ils encadrent ? Disons qu’ils semblent plus nuancés que leurs collaborateurs sur les vertus du participatif et surtout sur l’urgence de leur demander leur avis sur tout. Les impliquer pour débattre du sens de leur travail ? Alors que 45 % des collaborateurs le demandent, seuls 33 % de leurs chefs l’estiment utile. 12 points de différence, ce n’est pas rien.

Pourquoi cette réticence ? Philonomist leur a posé la question, et la première réponse qui leur vient à l’esprit est assez curieuse : « On a trop la tête dans le guidon pour penser », clament 43 % des cadres, tandis que seuls 28 % des autres salariés partagent cet avis. 15 points d’écart, c’est beaucoup.

Cette posture est peut-être destinée à cacher une conviction  plus profonde, et plus difficile à avouer. Peut-être ces êtres pragmatiques que sont les cadres savent-ils la difficulté de la démocratie élargie, des temps de validation à rallonge quand on est nombreux à décider. Prendre collectivement des décisions ? Mouais… répondent ceux qui ont testé les réunions à 18 où chaque voix compte mais où les décisions trainent, faute d’éducation au consensus. 

 

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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