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Pour vivre vieux, mieux vaut vivre… riche

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Sylvia Di Pasquale

22/02/2016

Depuis quelques jours, l’offuscation fait son grand retour. Comment se fait-ce ? Quoi qu’il se passe ? Les cadres vivraient plus vieux que les ouvriers ? C’est-y pas dieu possible. Suffit que l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) publie pour la première fois un rapport sur l’espérance de vie des Français selon leur niveau d’études pour que tout le monde découvre, atterré, que la différence est  énorme entre les cols blancs et bleus.

Pour être précis, selon l’Institut, elle serait de 6,4 ans entre un ouvrier de 35 ans et un cadre du même âge. Pire : un diplômé de l’enseignement supérieur vivrait 7,5 ans de plus qu’un non diplômé. Évidemment, c’est terrible ; bien sûr cette inégalité est choquante. Mais si elle nous frappe tant, c’est qu’on s’imaginait que l’automatisation mise en place dans les usines et sur les chantiers, les précautions de sécurité prises, et généralement bien prises, pour tous les boulots exposés au danger allaient régler le problème et placer ceux qui travaillent derrière une machine au même rang que ceux qui bossent derrière un bureau. Or le véritable problème, qui explique cet écart d’espérance de vie n’est plus dans la pénibilité du travail, sauf exception, mais dans la vie menée par les uns comme par les autres. 

Cette différence est simplement liée aux revenus amassés par les uns comme par les autres. Toujours selon l’Insee, le salaire moyen des cadres atteignait, en 2012, près de 50 000 euros par an, quand les ouvriers stagnaient à 20 000 euros et que les employés touchaient encore moins, en moyenne. Et quand on gagne près du double que son voisin, on se soigne beaucoup mieux, fort logiquement ; on prend davantage de vacances, ça tombe sous le sens ; et on mange mieux, c’est indubitable. On le sait, l’obésité fruit de la malbouffe, se développe beaucoup plus à Bondy qu’à Neuilly. L’alcoolisme et le tabagisme aussi.

Alors, on continue de s’offusquer en faisant du psychologisme à la petite semaine comme une candidate de Miss France qui expliquerait devant le jury « qu’il vaut mieux être riche que pauvre pour faire de vieux os » ? On peut surtout tenter de positiver, de se dire qu’en tant que cadre, ou que diplômé, on n’est pas si mal loti, malgré le malaise qui nous étreint, le stress qui nous guette et le burn-out qui nous menace.

@Syl_DiPasquale © Cadremploi.fr

Dessin de Charles Monnier

 

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commentaires

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Dom

15/03/2016

à 16:33

N'oublions pas qu'il a été récemment prouvé scientifiquement (article récent de Sciences & Vie à ce sujet) que le stress altérait les télomères (extrêmités des brins d'ADN), et que cela implique des risques accrus de problèmes lors des divisions cellulaires permanentes que connait notre corps pour remplacer ses cellules mortes. Résultat : le stress augmente notamment le risque de cancers. D'ailleurs, réfléchissez-bien à des exemples autour de vous de personnes décédées d'un cancer : beaucoup ont connu un épisode de stress intense quelques temps avant de déclarer un cancer. A cet égard, je ne pense pas qu'un burn-out de cadre soit une épreuve anodine.

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toto

23/02/2016

à 17:04

Je ne suis pas tout à faire d'accord avec cet article qui est, à mon avis, trop occidental egocentriste sur les valeurs comme travail, argent, position sociale, réussite etc...
Je dis simplement que les habitants d'Okinawa étaient jadis des pêcheurs ou paysans souvent pauvre et illettrés alors qu'ils vivaient vieux et en bonne santé. Leurs forces residaient dans ce mode de vie particulièrement tourné vers une cohésion socio-familiale forte, une alimentation simple et saine, une activité quotidienne jusqu'à la fin. Bref, ils essayaient tout simplement d'avoir une bonne vie sans excès et sans stress.
Voilà ce qui rappelle cette anecdote de Bouddha avec malice :
Un jour, alors qu'il méditait, il entendit la conversation d'un musicien et de son élève qui passaient par là, une phrase l'intrigua : "Si la corde est trop tendue alors elle casse, si elle est trop détendue alors elle n'émet aucun son." Il réfléchit et comprit que cela pouvait s'appliquer pour son cas, mais aussi pour toutes les choses en général, qu'il fallait pour avoir un bon résultat, ne pas faire d'excès d'un coté comme de l'autre.
Malheureusement, le mode de vie à l'occidental est aussi parvenu là-bas et avec les effets néfastes à la puissance 10.

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