1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'édito de Sylvia Di Pasquale >
  4. Pourquoi 60 % des femmes n’auraient pas envie du pouvoir

Pourquoi 60 % des femmes n’auraient pas envie du pouvoir

pourquoi-60--des-femmes-nauraient-pas-envie-du-pouvoir

Sylvia Di Pasquale

21/03/2017

Pourquoi les femmes n’occupent-elles pas davantage le pouvoir en entreprise ? Elles ne sont pourtant pas plus stupides que les hommes, ni moins âpres à la tâche, nom de Zeus. Il semble que, très majoritairement, elles leur cèdent la place, dans une forme de galanterie inversée. Sans même que ces messieurs n’éprouvent le besoin de leur barrer la route. Ce découragement, cet abandon, Dominique Lévy-Saragossi le voit dans les chiffres d’un sondage que l’institut Ipsos qu’elle dirige a mené pour le Forum Elle Active, à paraître le week-end prochain mais dont elle a soulevé le voile sur Europe1, au micro de David Abiker.

Ipsos a interrogé 2 000 femmes sur leur rapport au pouvoir. À la lecture des résultats, la patronne d’Ipsos s’est trouvée face à un curieux paradoxe :

60 % des femmes voudraient davantage de femmes au pouvoir, mais 60 % des femmes ne veulent pas le pouvoir. Faites ce que je dis, mais pas ce que je ne fais pas. « Elles pensent que ce serait une bonne chose qu’il y ait davantage de figures féminines de pouvoir mais à titre personnel ce n’est pas la chose qui leur inspire le plus de désir », souligne délicatement Dominique Lévy-Saragossi.

Pourtant 70 % des femmes interrogées s’épanouissent au boulot et y trouvent leur équilibre. Alors qu’est ce qui coince ? Le prix à payer serait trop lourd pour elles. Trop de stress, trop de temps passé au boulot au détriment de la vie privée, selon 78 % des femmes… Et l’argent ne compense pas les sacrifices, car pour les femmes, toujours selon l’enquête Ipsos, les pépettes ne sont pas une condition première de leur épanouissement.

Du coup, on pourrait se dire que si les femmes ne sont pas assez souvent CEO, Pédégères du CAC, patronnes d’ETI ou boss de PME, c’est à cause d’elles, et de leurs freins mentaux. Sauf que deux autres airs, moins connus et plus inédits, se font entendre dans ce sondage :

1)      Si elles passent cheffes, elles craignent le risque d’une détérioration des relations avec les collègues et de « devoir prendre des décisions qui ne vont pas plaire », donc ne pas être aimées. L’émotionnel et le relationnel sont davantage précieux à leurs yeux.

2)      Ce qui les hérisse, c’est le management directif et les figures symboliques du pouvoir tel qu’il est aujourd’hui majoritairement exercé dans l’entreprise. Ce qu’elles préfèrent, c’est le management délégatif. « Pas participatif, précise Dominique Lévy-Saragossi, ce n’est pas la même chose.  Quand un chef délègue une partie de son pouvoir – et non pas partage le pouvoir – alors les ambitions se réveillent, se révèlent, et elles ont davantage envie d’être chef. »

Finalement, les femmes ressemblent en partie aux Millennials, ces jeunes Y et Z qui ne sont pas du tout attirés par les boîtes enfermées dans des verticalités du siècle dernier. Le pouvoir les inspire quand ils respirent avec ceux qu’ils guident. Eux, comme elles, se passeraient volontiers de l’anachronique virilité du management directif.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

12

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

ni cadre ni soumise

02/07/2018

à 14:57

"Le pouvoir les inspire quand ils respirent avec ceux qu’ils guident"

sauf qu'ils l'ont pas le pouvoir, et végètent pour la plupart avec des cDD ou contrats de missions les managers à visage humain ou pas savent déléguer ça c'est certain! de l'art de faire avaler la pilule de l'exploitation .

"management délégatif Pas participatif, précise Dominique Lévy-Saragossi, ce n’est pas la même chose.» en effet!

Vive le pouvoir participatif

> Répondre

santarelli Chris

03/05/2017

à 21:56

oui pour le pouvoir, si les rennes qui sont données permettent une réelle construction dans l'entreprise et dans l"équipe. Mais effectivement, cela induit de délaisser ce fameux pouvoir que nous les femmes nous détenons malgré nous au sein de "l'entreprise familiale" car même si nous pouvons devenir plus monotâche en vieillissant , nous restons certainement multitâches et pouvons affronter les problèmes calendaires imposés par la vie quotidienne. et effectivement, le pouvoir implique un investissement qui ne nous permet pas de rester aussi tardivement que nos chers moitiés, car nous sommes bien conscientes de la détérioration que cela implique dans notre deuxième journée - et à plus long terme- Personnellement j'aime avoir le pouvoir d'assumer chaque chose que je fais, que je lance : mais dès qu'on quitte la capitale on se retrouve indéniablement dépendant de long transports non communs (moins de repos de l'esprit) qui nous imposent un retour décent pour le bien de tous.

> Répondre

dominique

13/04/2017

à 13:46

pourquoi le pouvoir si c 'est pour rentrer tard ?
Pourquoi le pouvoir si c est pour s'faire mal voir ?
Beaucoup de femmes aimeraient travailler avec des pairs et non avec des hommes (ou des femmes) leur donnant des ordres, ou des "hommes-ados" ayant besoin de gros salaires, grosses voitures etc pour se sentir exister.
a quand la mode aux hommes doux, partageurs, indifférents aux honneurs/gris-gris ? et aux femmes non vénales, non sensibles aux hommes de pouvoir ?
Ah! si tout le monde était un saint, ma bonne dame !

> Répondre

Cassandra

10/04/2017

à 22:21

Eh bien je suis d'accord avec les femmes de l'étude statistique. Pourquoi ce serait négatif de refuser le pouvoir, si c'est au détriment de la vie personnelle, familiale ? Qu'on le veuille ou nonune femme n'est pas un homme, elle ne pourra jamais faire comme un homme, je m'expliquev si elle reste au travail tard, bosse trop, parce qu'elle chef, elle va penser aux enfants, à la maison, des choses quo ne sont pas rangées etc, un stress de plus, croyez le, les femmes ne font si confiance que ça à leur homme pour s'occuper de ces choses... Donc laissons ce truc de vouloir que les femmes soient des chefs comme les hommes, ça ne leur va pas...

> Répondre

En réponse à Cassandra

santarelli Chris

03/05/2017

à 21:54

oui pour le pouvoir, si les rennes qui sont données permettent une réelle construction dans l'entreprise et dans l"équipe. Mais effectivement, cela induit de délaisser ce fameux pouvoir que nous les femmes nous détenons malgré nous au sein de "l'entreprise familiale" car même si nous pouvons devenir plus monotâche en vieillissant , nous restons certainement multitâches et pouvons affronter les problèmes calendaires imposés par la vie quotidienne. et effectivement, le pouvoir implique un investissement qui ne nous permet pas de rester aussi tardivement que nos chers moitiés, car nous sommes bien conscientes de la détérioration que cela implique dans notre deuxième journée - et à plus long terme- Personnellement j'aime avoir le pouvoir d'assumer chaque chose que je fais, que je lance : mais dès qu'on quitte la capitale on se retrouve indéniablement dépendant de long transports non communs (moins de repos de l'esprit) qui nous imposent un retour décent pour le bien de tous.

> Répondre

Perops

23/03/2017

à 09:21

Il est surtout évident que les femmes en plus d'assurer leur journée de travail à temps plein ont un autre travail qui les attendent le soir à la maison. Il faut peut être également revoir notre vision de la place de l'homme au sein de la famille. Et si l'homme prenait le relais à 18H00 permettant ainsi à sa femme de rentrer sereinement à la maison ?

Cela ensuite appartient à chacun d'organiser son couple comme il le souhaite...

> Répondre

En réponse à Perops

Cassandra

10/04/2017

à 22:15

La solution n'est pas non plus d'inverser les rôles. Si un homme est chef dans sa boîte que la femme le devient aussi, c'est pas poir autant que l'homme va renoncer à sa position pour la femme. Ils vont devoir tous les deux en rentrant à 18h00 partager les tâches. Chacun sa place, il ne faut pas commencer à faire prendre à la femme la place de l'homme ni inversement...

> Répondre

Leila

22/03/2017

à 20:54

Malgre les progres accomplis en faveur de l egalite entre marocains et marocaines reste dificile a atteindre

> Répondre

CatB

22/03/2017

à 13:39

Les conclusions et le cheminement de cet article me paraissent inexacts. Le seul passage qui me paraît ntéressant est celui-ci "Le prix à payer serait trop lourd pour elles. Trop de stress, trop de temps passé au boulot au détriment de la vie privée, selon 78 % des femmes".

L'auteur(e) de l'article fait l'impasse dessus et associe cela à des "freins mentaux". Permettez-moi de dire que choisir d'avoir un équilibre vie privée vie professionnel n'a rien d'un frein mental. Les femmes ont le droit de vouloir avoir une vie équilibrée sans que cela ne s'apparente à quelque chose de négatif.

Si d'autres souhaitent consacrer tout leur temps au boulot ça les regardent.

> Répondre

Lazaar Abdellatif

22/03/2017

à 13:14

Intéressant paradoxe dont la vulgarisation mènera inéluctablement à une prise de conscience utile pour l'entente conjugale et sociale. Merci

> Répondre

mcl

21/03/2017

à 23:28

Je trouve cet édito très juste car on parle bien de statistiques, donc de chiffres qui sont à prendre avec du recul.
Personnellement, j'aime le management participatif et j'ai été confronté à des hommes seniors qui voulaient de ma part un management directif. Pas simple à gérer. Et oui, la seule bonne solution est la sacro-sainte flexibilité, avec les autres, et avec nos préférences.
Quand à vouloir le pouvoir, je ne pose pas trop la question. Quand il faut prendre le lead, je le prends. Et quand d'autres veulent le prendre, je m'assois dans le siège passager. C'est aussi reposant.

> Répondre

schbl

21/03/2017

à 18:02

Des fois je plains les chercheurs, sociologues, historiens (...) qui lisent ce genre d'article, ramassis d'inepties. Ca fleure bon les statistiques de DRH...

> Répondre

+
Confidentialité de vos données
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires permettant l’utilisation de données relatives à un même utilisateur par notre société ainsi que par des tiers comme les régies publicitaires partenaires, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services en lien avec votre recherche d’emploi, une offre publicitaire adaptée à vos centres d'intérêts et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus
J'accepte