Pourquoi le running stimule l'intelligence

Publié le 3 octobre 2016 Sylvia Di Pasquale

Pourquoi le running stimule l'intelligence

Ils courent partout et par tous les temps. Soir et matin, en solitaire ou en meute. Un million de runners aurait rejoint ces légions d’agités du mollet rien qu’en une année. Si l’on en croit le dernier recensement de l’agence de communication Sportlab, 25 % de la population française a succombé. Et de plus en plus d’entreprises poussent leurs collaborateurs à chausser les baskets le temps d’un décrassage entre collègues derrière le parking de la ZI ou lors d’un weekend incentive au marathon de New York.

Comme toutes les modes, celle-ci a envahi les médias et les discussions, en suscitant adhésion ou consternation. Mais peut-être que, pour une fois, une tocade pourrait avoir de véritables bienfaits. Tout simplement parce que la course à pied, plus que tout autre sport, nous ramène tout droit à notre état néandertalien.

Et ce retour aux origines serait loin d’être néfaste, puisqu’il « stimule la production de neurones dans l’hippocampe du cerveau adulte », la zone responsable de la formation de la mémoire et de l’orientation spatiale, comme l’indique un article de slate.fr qui a compilé quelques études sur la question.

Mais c’est quoi donc et pourquoi donc ?

C’est une histoire qui nous ramène au bon vieux temps de la « chasse à l’épuisement ». Un temps d’avant le GPS, la carte Michelin et le badaud indicateur de chemin. À l’époque, l’homme plutôt velu et de peaux de bêtes vêtu, coursait les bestioles dont il voulait s’accaparer le civet jusqu’à ce que le pauvre animal, fatigué, se laisse attraper. Mais encore fallait-il que le cuisinier de course, avec son butin sur le dos, retrouve le chemin de sa grotte parfois éloignée de 10 bons kilomètres. Pour y parvenir, l’évolution l’a aidé et l’a pourvu de ce formidable mécanisme de récompense, qui lui permet d’apprendre vite, de se repérer fissa et de ne pas oublier tout ça. Comme un « filet de sécurité prévu par l’évolution pour les situations où l’on se retrouve hors de sa zone de connaissance, quand on ne sait plus où l’on est et que l’on doit apprendre vite, » souligne l’auteur de l’article.

Les scientifiques en ont déduit que ce curieux état se déclenchait toujours au temps de la course en short et basket, comme un héritage génétique. Pas de quoi rendre un Sapiens idiot du XXIe siècle plus intelligent. Mais de stimuler ce qui peut l’être, ce qui en soit est déjà considérable. Autant dire que cette bonne nouvelle devrait faire exploser les rubriques « Loisirs » des CV de tous les candidats à tous les jobs. Et les statistiques fournies par les applis de running, comme les numéros de dossards, pourraient bien devenir les nouveaux diplômes et coefficients Toeic.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

Lire aussi : Courir, c'est bon pour le CV

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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