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Qui veut la peau du CDI ?

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Sylvia Di Pasquale

22/09/2014

À quoi bon s’embringuer dans un tunnel de stages, d’emplois en intérim ou de CDD en début de carrière ? Car ces mini contrats mènent de moins en moins à un CDI, selon l’Insee. Histoire de bien déprimer son monde, l’Institut a remonté le temps jusqu’en 1982 dans sa dernière étude Emploi et salaires qui vient de paraître.

- À l’époque, les petits contrats représentaient 5 % des embauches totales contre 13 % en 2011.

- En ce XXe siècle, les salariés en CDI restaient 6 ans à leur poste. Au XXIe, cette durée s’est allongée à 10 ans.

- Surtout, en 1982, la moitié des salariés en CDD, intérim ou stage basculaient vers un CDI l'année suivante. En 2011, ils ne sont plus qu’un sur cinq dans ce cas.

20 % seulement de ceux qui enquillent les jobs précaires avec l’espoir chevillé du contrat à durée indéterminée réussissent donc à atteindre l’oasis de la stabilité. Les autres ? Ils enchaînent d’autres stages, d’autres missions temporaires et d’autres contrats à durée déterminée. On a beau nous seriner que les CDI représentent toujours 87 % des emplois français, ils sont aux mains des expérimentés qui ne sont pas près de les lâcher. Les recrutements directs à durée indéterminée ne représentent plus que 5 % des embauches totales, toujours selon l’Insee.

Évidemment, la crise est passée par là. La simplification du code du travail demandée par tous les dirigeants d’entreprise sans exception est compréhensible. Et la peur d’embaucher est patente. Voire la difficulté à trouver les compétences ad hoc. Reste que cette précarisation galopante qui, selon les syndicats de salariés ferait le bonheur du patronat, n’est peut-être pas la panacée pour faire avancer une entreprise.

Comment motiver des jeunes sans la carotte du long terme ? Comment innover, développer des projets à moyen ou à plus long terme avec des salariés qui ne verront même pas l’aboutissement de leurs travaux ? Et comment concilier au sein d’une même entité des nantis du CDI et des délaissés du CDD. Avec l’espoir très amoindris pour ces derniers de rejoindre la cohorte des premiers ? Toutes ces considérations, les DRH les ont évidemment prises en compte. Et il n’est pas du tout sûr qu’ils soient d’ardents défenseurs de cette flexibilisation galopante. 

@ Sylvia Di Pasquale

Illustration © Charles Monnier

6

commentaires

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toto

25/09/2014

à 10:42

Bonjour,
l'article est intéressant, mais il existe aussi des CDI qui n'ont que le nom comme chez Easyjet et cie. Les pilotes comme le personnel navigant ont le CDI dont les droits sont basés dans un autre pays et n'ont pas tous les avantages habituels d'un CDI. On ne peut pas s'empêcher de penser aux plombiers polonais et aux chauffeurs routiers roumains, espagnols etc..
Vive Europe du code du travail, par conséquent ou cela continue à être le marché des CDI européens

> Répondre

Cosy

24/09/2014

à 15:40

Je suis moi même concernée par ce probléme.Cela fait 18 ans que je suis enquêtrice vacataire pour l'IFOP, un des plus gros instituts de sondage dont Madame Parisot Laurence est PDG.......j'ai plus de 700 contrat et je me bat pour obtenir un CDI.J'ai 52 ans et ai fait pratiquement carriére pour cet institut .......les prud'hommes trancheront fin novembre mais c'est le pot de fer contre le pot de terre malheureusement......

> Répondre

Inès de Beaucerval

24/09/2014

à 15:36

Cet article est intéressant car il explique bien l'évolution négative des choses en matière d'emploi en France! ça ressemble un peu à ce que j'ai vécu dans le domaine de l'emploi sauf que je ne travaillais pas en entreprise mais dans l'enseignement. Je n'étais que maîtresse-auxiliaire et au début de ma "carrière", j'obtenais des postes à l'année puis, alors que je commençais donc à avoir une certaine ancienneté, je n'ai plus obtenu que des suppléances. Je m'en suis étonnée mais on m'a dit : "Les postes à l'année sont maintenant réservés à ceux qui ont fait l'Ecole normale!" En effet, il existait dans ce département qui était un DOM, une Ecole normale dans laquelle tout le monde, surtout les femmes, se ruait après le bac pour avoir, deux ans plus tard, un poste dans l'enseignement et un salaire, avec en plus un statut de fonctionnaire. Le statut était celui de P.E.G.C. [Professeur d'enseignement général des collèges]. Aujourd'hui je crois qu'il n'existe plus mais à l'époque, il sévissait grave! Qu'est-ce-que j'ai pu en baver de la part de ces maudits PEGC qui n'en rataient pas une pour afficher leur mépris pour mon pauvre statut de "maîtresse-auxiliaire"...! J'aurais pu essayer de "passer titulaire", comme on disait, mais pour moi, c'était difficile surtout que je ne me considérais pas comme faite pour l'enseignement! Alors, tout ce qui est "statut précaire" avec impossibilité de promotion, je connais et je constate que le temps passe mais que, pour autant, la France ne s'améliore pas, bien au contraire!

> Répondre

Pat Cansocal

24/09/2014

à 14:11

si je me réfère au doc original http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/EMPSAL14g_FTLo3qualit%C3%A9.pdf (3.9 p 143)
le taux d'entrée en CDI est globalement à 9,8% et non 5 % comme votre article l'affirme.
Ce n'est certes ni brillant, ni rassurant, mais c'est quand même le double....

> Répondre

françois

22/09/2014

à 17:54

Mais qui veut la peau du CDI ?

Je n'ai pas compris.
Est ce uniquement une mode, une idéologie?
Combien de point(s) de croissance en plus ?

> Répondre

Jeff

22/09/2014

à 17:13

Bonjour,

Article intéressant, mais attention le 5% d'embauche en CDI est trompeur, car sur les CDD et intérims, il y a plusieurs embauches (disons sur un an) pour la même personne !
Il faudrait calculer le pourcentage, par exemple sur un an, en nombre de personnes embauchées en CDI, rapporté au total d'embauchés (qui sont en poste en fin d'année).
Ou au moins donner le nombre d'embauches en CDI, et aussi le nombre de personnes quittant un CDI.
Et p-e distinguer les premiers postes des autres?

On n'arrivera pas à une mesure exacte, mais 5%, cela ne parait pas possible !

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