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Rendre heureux un salarié n’est pas si compliqué

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Sylvia Di Pasquale

06/02/2017

D’accord, c’est une étude qui vient de loin. OK, c’est même une compilation d’enquêtes diverses. Mais si l’on en croit ces salariés américains cités par la compagnie d’assurances NetCredit, le bonheur au boulot n’est pas vraiment ce que nous en disent les Sherlock du management et les éminents consultants. La reconnaissance, l’entreprise libérée et transformée, le baby-foot dans l’entrée, et la conciergerie qui déniche un week-end en motoski, c’est bien joli, mais à côté de la plaque. 

Car ce qui rend les sondés malheureux, ce n’est pas d’avoir perdu le cochonnet au cours de la partie de boules organisée par le responsable du bonheur de la boîte. Ce qu’ils déplorent est beaucoup plus basique et, pour tout dire, évident. 46 % d’entre eux sont malheureux car sous-payés. Ils sont aussi 34 % à ne pas avoir de possibilité d’avancement. Quant au manque de flexibilité dans les horaires, ils sont 31 % à le dénoncer. Enfin, pour nombre d’entre eux, se fader 60 ou 90 minutes de transport pour se rendre au bureau, est une calamité. 

Ils seraient donc si terre à terre les salariés de là-bas ou même d’ici ? Ne pensant qu’à leur petite personne, leur petit salaire, leur petite carrière et leur petits trajets quotidiens ? Ils sont surtout les révélateurs d’une vérité oubliée, disparue sous les épaisses couches d’un vernis clinquant. Offrir des espaces ludiques, des flatteries et des conciergeries, des fêtes de l’entreprise, fêtes des assistantes et des journées « bien dans ma boîte », c’est très sympa. À condition que les fondations qui garantissent le bien-être au boulot soient solides. Des fondations coulées dans le béton armé d’un salaire décent, de carrières justes et évolutives et de solutions de transport humaines. Oublier ces fondamentaux, rendent non seulement les jolis efforts des gadgets du bonheur au travail vains, mais terriblement suspects. Puisqu’ils ne sont considérés que comme des petits sparadraps sur de grandes prothèses.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Lire aussi Les chief happiness officer ne sont pas des responsables apéro

Dessin de Charles Monnier @Cadremploi

11

commentaires

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Marc

19/02/2017

à 18:05

deja, rien que parler de "collaborateurs" dans les commentaires me fait beaucoup rire. Ca montre que la novlangue de l'entreprise heureuse est bien etablie.

Apres, lorsque le "bonjour" ne sert qu'a cacher la violence d'une machine qui broie, je ne pense pas qu'il apporte quoique ce soit.

Je suis tres surpris qu'on puisse passer totalement a cote de l'article et s'imaginer qu'un vernis de civilisation puisse remplacer de vrais engagements en profondeur.

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LS

18/02/2017

à 10:56

Outre le fait que l'on existe sur le marché du travail qu'entre 30 et 35 ans, les carrières en région sont réduites à leur plus simple expression du fait de la réduction des positions hiérarchiques locales et leur concentration sur la région parisienne, état de fait qui relève plus d'une volonté de certains que d'une logique autre avérée.
L'entreprise où j'évolue est en crise profonde, noyée sous un administratif dépassant l'entendement; ajoutez à cela une absence de vision et un management ayant une grande carence en matière de jugement et vous obtenez des salariés plus que méfiants vis à vis de leur employeur. Après tout n'est pas noir, si beaucoup de personnes ne viennent au travail que pour remplir le frigo, on y vient aussi pour les gens que l'on y rencontre et pour les connaissances que l'on acquiert...Mais l'on a de plus en plus l'impression que le monde du travail devient idiot et apporte bien peu au final à l'individu, à l'environnement...

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Morwen

20/02/2017

à 11:16

On n'existe sur le marché du travail qu'entre 30 et 35 ans ? Que si on est un homme alors. Car les femmes de cette tranche d'âge ont la malheureuse idée d'enfanter. Donc sont totalement bannies.
Je n'ai pas lu le reste de ton commentaire, navrée, je me suis arrêtée à la première phrase tellement ça m'a scotchée. C'était peut-être très intéressant, peut-être même parles-tu de ces hommes qui veulent aussi s'impliquer dans leur vie de famille et sont aussi mis à l'écart.
Bref... Longue vie (professionnelle) aux velus. Sur ce je vais coucher mon bébé et faire la vaisselle puisque personne ne veut engager et payer correctement une mère de deux jeunes enfants pour que ce soit rentable de sortir de chez soi.

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LS

08/03/2017

à 19:18

J'ai choisi la journée de la femme pour répondre:) le monde du travail et ses suppôts que sont les RH pratiquent la discrimination à tout va, ils n'ont qu'un seul mot à la bouche TROP, trop jeune, trop vieux, trop diplômé, trop noir, trop musulman, trop femme aussi, il y a toujours un problème...Par contre, cooptation, réseautage et piston tournent à plein régime participant à la détérioration de la situation des entreprises. Le monde du travail qui n'est déjà pas un lieu d'expression en soi n'a rien de démocratique et homme ou femme tout le monde en souffre.

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Jean-Paul

18/02/2017

à 23:39

effectivement, je suis d'accord sur l'attrait des trentenaires pour les RH, approchant la cinquantaine cela fait plusieurs fois qu'on me fait bien comprendre que mes jeunes collègues font aussi bien que moi. Ben... y a une limite, ou du moins il est vrai que les derniers pourcentages de performance à obtenir demande un effort exponentiel, mais surtout un effort qui au final n'en vaut pas la peine car, jamais suffisant. De 20 à 40 ans beaucoup d'employés ont l'espoir d'évolution, acceptent l'inacceptable. Mon métier me plait, je suis bien avec mes élèves, et d'un autre coté je ne supporte plus les méthodes de gestion méprisante des employés, manque de communication, non respect du droit du travail. Selon moi les RH sont grandement responsables, car eux aussi sous pression j'imagine. Bref, heureux au travail : absolument pas.

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Gélinet d'Orgeval Sylvie, SG2

10/02/2017

à 13:55

Le bonheur au travail est un assemblage de plein de petites choses.
Commençons déjà le matin par dire bonjour et si possible en se rappelant le prénom du collaborateur (c'est mieux) ! Ces petits riens tout au long de la journée finissent par avoir du poids (bonjour, au revoir, s'il te plait, merci, à bientôt...) car nous sommes humains.
Au niveau des transports et du temps perdu : la RH pourrait travailler sur des projets comme la flexibilité, le télétravail ...d'une part mais aussi trouver le meilleur arrangement possible au niveau de l'heure d'arrivée le matin , comme partir en décalé pour permettre d'amener son enfant à l'école, de prendre un train plus direct et surtout pas bondé.... Pour d'autres, ce seront plus des arrangements le soir, pour arriver à l'heure dans une association... Bref, il faut donc communiquer avec les RH et ses Managers de proximité, car des aménagements peuvent faciliter le quotidien des collaborateurs sans nuire au travail, au contraire. Evidemment, tout cela doit se faire dans un bon climat sans aucune défiance.
La Gestion des Carrières doit être efficace et réelle, accompagnée de formations certifiantes qui aboutiront sur un nouveau poste car la routine conduit au désengagement, à une baisse de productivité. Quand on est passif, on n'est pas heureux. Tout cela pour dire que l'on peut faire déjà plein de choses en engageant peu de moyens financiers. Avoir une augmentation de salaire, c'est bien mais le bonheur se cultive tous les jours, tout au long de l'année et doit être entretenu.

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Catherine B

08/02/2017

à 13:49

Un bonjour, un merci, de l intérêt pour le travail fait par son collaborateur, la prise en compte des vraies compétences sont egaiement des fondamentaux pour rendre un collaborateur heureux
Ça ne coûte rien et peut rapporter gros à l entreprise

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PACMAN57

08/02/2017

à 06:29

On peut aussi parler de la communication et de l'organisation qui jouent un rôle essentiel dans le bien être des salariés au quotidien.

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Christelle - a2RH

08/02/2017

à 05:07

J'apprécie le ton et la justesse des mots employés pour décrire cette situation qui reprend bel et bien les échanges entre collaborateurs autour de la machine à café ou en pause déjeuner voire les confidences de salariés lors de point carrière incl. perte de repères, frustrations ou manque d'estime..

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elidjah

07/02/2017

à 16:51

C'est ça la vie

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Selcan Tokgoz Engrand

07/02/2017

à 16:08

Un grand merci pour cet article. Enfin quelqu'un parle de la réalité de notre quotidien.

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