Rendre heureux un salarié n’est pas si compliqué

Sylvia Di Pasquale

Rendre heureux un salarié n’est pas si compliqué

D’accord, c’est une étude qui vient de loin. OK, c’est même une compilation d’enquêtes diverses. Mais si l’on en croit ces salariés américains cités par la compagnie d’assurances NetCredit, le bonheur au boulot n’est pas vraiment ce que nous en disent les Sherlock du management et les éminents consultants. La reconnaissance, l’entreprise libérée et transformée, le baby-foot dans l’entrée, et la conciergerie qui déniche un week-end en motoski, c’est bien joli, mais à côté de la plaque. 

Car ce qui rend les sondés malheureux, ce n’est pas d’avoir perdu le cochonnet au cours de la partie de boules organisée par le responsable du bonheur de la boîte. Ce qu’ils déplorent est beaucoup plus basique et, pour tout dire, évident. 46 % d’entre eux sont malheureux car sous-payés. Ils sont aussi 34 % à ne pas avoir de possibilité d’avancement. Quant au manque de flexibilité dans les horaires, ils sont 31 % à le dénoncer. Enfin, pour nombre d’entre eux, se fader 60 ou 90 minutes de transport pour se rendre au bureau, est une calamité. 

Ils seraient donc si terre à terre les salariés de là-bas ou même d’ici ? Ne pensant qu’à leur petite personne, leur petit salaire, leur petite carrière et leur petits trajets quotidiens ? Ils sont surtout les révélateurs d’une vérité oubliée, disparue sous les épaisses couches d’un vernis clinquant. Offrir des espaces ludiques, des flatteries et des conciergeries, des fêtes de l’entreprise, fêtes des assistantes et des journées « bien dans ma boîte », c’est très sympa. À condition que les fondations qui garantissent le bien-être au boulot soient solides. Des fondations coulées dans le béton armé d’un salaire décent, de carrières justes et évolutives et de solutions de transport humaines. Oublier ces fondamentaux, rendent non seulement les jolis efforts des gadgets du bonheur au travail vains, mais terriblement suspects. Puisqu’ils ne sont considérés que comme des petits sparadraps sur de grandes prothèses.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

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Dessin de Charles Monnier @Cadremploi

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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