RTT, participations : entre ola et holà

Sylvia Di Pasquale

Alors, cet écran plat pour Noël ? LCD ou plasma ? Et la console du petit dernier ? Wii ou PS 3 ? Pas encore décidé ? Question de budget peut-être. De pouvoir d'achat en somme. La grande affaire du moment. Celle qui est passée en tête des préoccupations des Français, devant la sécurité. C'est qu'à force de leur répéter que rien n'a augmenté et que c'est bien de leur faute s'ils ont décidé de s'offrir des babioles numériques ou des fraises en plein hiver, ça commence à les chauffer, les Français, à les titiller sévère.


Et ils le disent. Tous ensemble, ou par catégorie socio-professionnelle. Comme les cadres. Selon le baromètre CFE-CGC Opinionway, leur niveau de rémunération est aussi leur première préoccupation (à 31%) devant l'intérêt du travail qui ne récolte que 27% d'adhésion. Vous me direz que 4 petits points ne font pas une révolution. Que moins d'un tiers d'insatisfaits ne vont pas renverser un gouvernement. Sauf que le problème du salaire n'apparaissait pas en tête du classement des mécontentements depuis des années.

Et puis, il y autre chose, caché tout au fond de cette enquête. Une petite question subsidiaire. Lorsque l'on interroge les cols blancs et qu'on leur demande si, en cas de mouvement de grève dans leur entreprise, ils seraient prêts à y participer, ils répondent par l'affirmative. A 65%. Une majorité telle que l'on n'en trouve même plus dans les dépôts de la SNCF.

Evidemment, nos cadres prêts à en découdre avec les gardes mobiles ont été interrogés entre le 10 et le 19 novembre, soit près de deux semaines avant l'annonce par Nicolas Sarkozy de ses quatorze mesures pour l'amélioration du pouvoir d'achat. Mais il n'est pas sûr qu'au lendemain de ce prime time multi chaînes, le résultat en eût été changé. Bien sûr, la possibilité de rachat des RTT non prises est accueilli avec une ola par des cadres qui ne pouvaient les prendre à cause du boulot maximum ou de la pression hiérarchique, maximum elle aussi. Les bras se sont levés, tout pareil, à l'annonce d'un possible déblocage exceptionnel des participations.

Pour le reste ? Quelques craintes à l'évocation d'une vieille antienne, de retour des pays nordiques : la fameuse flexisécurité. Et surtout, un grand bâillement pour accueillir un autre refrain entendu pendant la campagne électorale, le fameux « travailler plus pour gagner plus ». Les cadres qui n'ont pas baillé en écoutant une fois de plus ce slogan ont dû esquisser un sourire las. Car pour les forfaitisés qu'ils sont, il n'est pas question de toucher un euro de plus en échange d'un travail supplémentaire, même s'ils sont ouverts le dimanche. Même lassitude pour ceux qui ne sont plus cadres ou qui ne le sont pas encore. Ceux qui cherchent un boulot normal et normalement payé. Tous ceux qui aimeraient travailler un peu pour gagner un peu.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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