Supprimer des emplois pour mieux embaucher, an 1

Publié le 21 novembre 2016 Sylvia Di Pasquale

Supprimer des emplois pour mieux embaucher, an 1

Il a bon dos le diesel. Car il serait erroné d’imputer les 30 000 suppressions d’emplois annoncées par le groupe Volkswagen vendredi dernier au seul scandale des moteurs diesel truqués, qui secoue le groupe depuis un an. Et qui l’oblige à verser rien moins que 15 milliards de dollars d’amende. Car ce plan de suppression de 5 % de ses emplois ressemble plutôt au coup d’envoi d’une révolution industrielle aux répercussions beaucoup plus vastes que la seule maison Volkswagen. Une énième destruction créatrice à la sauce Schumpeter.

Certes, l’amende que doit verser le groupe est lourde. Mais Volkswagen était, encore et toujours, le premier constructeur mondial à la fin du premier semestre 2016. La vérité c’est que la bagnole est à un carrefour. Jamais, depuis sa création, elle n’a connu un tel bouleversement. Le moteur à explosion est toujours au cœur du système depuis plus de 100 ans. Mais c’est fini. Dans 5, 10 ou 20 ans, les autos seront électriques ou à hydrogène et se conduiront toutes seules. Quant aux constructeurs, ils ne seront plus seulement constructeurs, mais "acteurs de la mobilité", comme ils le disent, à coups de locations, de services proposés aux villes ou aux entreprises. Et ce changement profond, ils ne sont pas les seuls à le subir.

Le groupe Accor, l’un des plus gros hôteliers de la planète est de moins en moins propriétaire de ses murs, se transformant en boîte de services, de super-concierge. Le métier des producteurs d’électricité aussi est bouleversé par les nouveaux modes de consommation     

La bascule est donc en cours. Sauf qu’elle ne fonctionne pas à la même vitesse pour tout le monde. Les PME sont de petites vedettes rapides et les grands groupes des supertankers longs à la manœuvre. Entre une start-up et le groupe VW, avec ses 600 000 salariés à travers le monde, le virement de bord est forcément plus long et d’une toute autre dimension. Mais le virage a commencé, et n’est pas près de s’interrompre. Avec la casse que l’on sait probable.

Évidemment, VW aurait pu opter pour un plan de formation massif. Au lieu de cela, le groupe montre la sortie aux anciens, histoire de rajeunir ses troupes, et d’embaucher 9 000 personnes spécialement formées aux nouvelles technos. On peut cyniquement féliciter le groupe allemand d’être le premier de son secteur à anticiper ce changement. Mais on peut surtout encourager les salariés, tous les salariés, quels que soit leur secteur, à garder un œil vigilant sur leur employabilité. Se former, se former, se former. Afin d’anticiper les virages de carrière qui devraient faire florès dans les prochaines années.

@Syl_DiPasquale

Dessin de Charles Monnier

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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