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Ton job, tu l’aimes ou tu le quittes

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Sylvia Di Pasquale

05/10/2015

Encore un dîner de lamentations. "Mon boulot ? J’en ai trop marre", gémit mon voisin de tablée. "M’en parle pas, le mien c’est le bagne", rajoute la copine d’en face. S’ensuit une demi-heure de litanies sur le chef psychopathe "j’te jure", le DSI narco "il s’endort en pleine réunion", et le service d’à côté qui s’engueule toute la journée, "pour appeler un client, je vais aux toilettes". Pendant ce temps-là, on plonge dans son assiette sans en laisser une miette et dans nos réflexions pour ne pas les couvrir de jurons.

On se retient, mais on n’en pense pas moins. Des années à subir leurs jérémiades alors qu’ils n’ont jamais essayé de quitter ce job qu’ils adorent détester. On devrait au moins les confronter à leurs propres contradictions. Celles relevées par le cabinet Robert Walters, qui révèle qu’un cadre reste en moyenne 15 ans dans la même entreprise, alors que, selon l’Apec, 70 % d’entre eux reconnaissent eux-mêmes qu’ils devraient bouger au bout de 3 ou 5 ans. Nos convives sont de ceux-là, évidemment, préférant s’ennuyer au mieux, ou se désespérer au pire, plutôt que de fuir. Par peur ? Le chômage des cols blancs ne dépasse pas 5 %.

Bien sûr, retrouver un nouveau job ne suffit pas. Encore faut-il que le salaire suive et que la mission fasse tilt, rétorqueront-ils – même s’ils ne se plaisent pas dans leur boulot actuel. Et que la boîte soit solide dans un secteur qui a de l’avenir. Pour ce dernier, il existe un moyen qu’un quidam aux compétences d’enquêteur très moyennes saura utiliser sans pour autant être journaliste à Mediapart. Il suffit de se plonger dans la très intéressante étude réalisée par l’institut Xerfi et que l’on découvre dans Le Journal du Net. Ses analystes ont noté, et recensé, les branches d’activités les moins risquées cette année. Celles qui ne devraient pas se retrouver en perte d’activité pendant un sacré bout de temps. On y trouve aux premières loges et sans surprise, les laboratoires d’analyses médicales et la grande distribution. La compta, le juridique et l’énergie sont dans le même lot. Quinze branches sont ainsi presque assurées d’offrir du boulot au moins à moyen terme à ceux qui s’y aventurent. Et où les salaires ne sont pas forcément de misère comme on préfère l'affirmer sans même avoir tenté de postuler.

Alors si d’aventure vos amis se lamentent au cours du prochain dîner, offrez leur l’étude Xerfi en fin de repas avec un petit chocolat. Parce qu’on voudrait tellement qu’ils trouvent des postes où les encadrants ne sont pas tous psychopathes. Et où ils pourront même appeler des clients sans se rendre au petit coin.

@Syl_DiPasquale © Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

 

19

commentaires

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Wimkraz

10/11/2015

à 19:44

Il y aurait bien la solution "Tootsie", mais la météo ne va pas se prêter à l'épilation des jambes. .. ;-) plus sérieusement, bon courage.

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Ramon

09/10/2015

à 09:15

Le titre est de très mauvais goût. Quant au contenu, rien de bien nouveau. Oui, les français aiment râler, où est le scoop ? Oui, ils pourraient essayer de changer de job. Mais le fait que tout le monde râle ne montre-t-il pas un problème général dans le monde des cadres ? Ca ne peut pas qu'être de la faute de ces employés franchouillards jamais contents...
En résumé, on a vu meilleur article sur ce site. Je reviendrai pour voir si la qualité est de nouveau au rendez-vous.

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Roro51

07/10/2015

à 16:01

J'en ai plein de personnes autour de moi qui n'aime pas leur travail et surtout leur entreprise. Ils ont tous une carte, une carte avec quelques lettres. Une fois, j'ai dit à l'un d'eux, si tu n'es pas content, tu peux quitter le service. La réponse a été facile pour lui :"Il faut être dans la place pour combattre la place" CQFD.

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trcnc

07/10/2015

à 15:10

Désolée de vous contredire mais 3 de mes fournisseurs ont proposé des postes identiques sur Paris à des salariés en région, lors de la fermeture des sites, et PERSONNE n'a accepté. Quand on veut vraiment un salaire on se bouge ! Les cas que je vois défiler ne font pas le quart de ce que j'ai fait... qu'ils restent donc au chômage...

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loribus

07/10/2015

à 15:03

Bonne chance FL66 : à 50 ans vous n'êtes pas vieux... si vous vous entretenez, restez actif... peut-être faut-il revoir vos prétentions à la baisse, sans non plus vous mettre au niveau d'un(e) débutant(e). Je vois défiler pas mal de candidat(e)s et ce n'est pas l'âge qui compte mais l'attitude, la motivation. Quelqu'un en recherche d'emploi depuis de 6 mois que n'est pas mobile sur toute la France passe "en dessous de la pile". Il me semble préférable de jouer le jeu à fond... et si vraiment ce qu'on vous propose ne convient pas refuser.

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FL66

07/10/2015

à 10:37

Bonjour,

Je pense que vous n'êtes pas sans savoir que votre direction ne peut refuser à la troisième tentative... à 6 mois d'intervalle entre chaque demande...
En revanche, réfléchissez bien, c'est ce que j'ai fait pensant trouver rapidement du travail et force est de constater que quand on dépasse 40 ans c'est très très compliqué...
Un petit conseil qui vaudra ce qu'il vaudra... Si vous le pouvez prenez une année sabbatique, prenez du recul... faites des retraites dans un monastère (mm si pas croyant(e) ça fait du bien)... Bref, négociez à fond votre changement de vie... A l'heure actuelle c'est très très compliqué !
Bon courage

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FL66

07/10/2015

à 10:32

Intéressant et assez juste sans parler du facteur "âge". En recherche d'emploi depuis deux ans à 49ans dans un secteur (le secrétariat de direction) plus féminin que masculin. Plusieurs handicaps empêchent mon recrutement... mon âge bien sûr, mon genre et mes prétentions salariales... Quelle serait la solution ?
J'ai quitté un poste après 7 ans à cause d'un manager hystérique et pervers. J'entends beaucoup de patrons se plaindre de jeunes collaborateurs (trices) ne sachant pas écrire ou simplement parler mais rebutent à recruter de vrais professionnels d'expérience.
Je viens encore d'en faire les frais pour un poste d'assistant de secrétaire générale où clairement avoir un homme dégarni en poste à l'entrée de la société ne reflète pas l'image de l'entreprise... Seulement voilà, dans ma tête, j'ai 35 ans, je suis plein d'entrain, toujours de bonne humeur et l'envie de bien travailler...

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thierryp

07/10/2015

à 10:04

merci pour cet édito bien à propos, bravo, rien à ajouter

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toto

07/10/2015

à 06:49

seulement si la crémière plaît...

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LetsBeSerious

06/10/2015

à 19:21

Le beurre, l'argent du beurre et la crémière avec ... Je ne suis pas spécialement idéaliste mais je crois vraiment qu'il n'y a rien d'incompatible à "gagner sa vie" ET à passer ses journées à faire quelque chose d'humainement satisfaisant.
J'avoue que je suis toujours partagée entre surprise et inquiétude quand je vois des personnes trouver normal que vie professionnelle soit synonyme de souffrance et de sacrifice. Faut-il que ces personnes soient déjà si ancrées dans leur souffrance qu'elles trouvent naturel, voire souhaitable, que les autres l'éprouvent au moins autant qu'eux ?
Es-tu sûr d'aller bien, Kaiser69 ?
Sinon, je suis d'accord avec toi : plutôt que de "subir" ou claquer la porte, il faut essayer d'améliorer ses conditions de travail, et cela passe par le dialogue. Ca ne fonctionne pas toujours, mais ça vaut souvent le coup d'essayer.

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Bidule

06/10/2015

à 17:30

Deux fois en 3 ans que j'essaie de quitter mon emploi en proposant à mon employeur une rupture conventionnelle. Deux fois que celui-ci refuse. Il souhaite me garder, malgré un manque de motivation évident et exprimé. Mon emploi est très spécifique, et devant le conservatisme des recruteurs (= on veut quelqu'un ayant 10 ans d'expérience dans le même poste EXACTEMENT) , un changement d'emploi nécessiterait pour moi une longue recherche, un intense travail de réseau, bref, du temps que ne me laisse pas mon "job" actuel (répondre à des offres cadremploi ne suffit pas). Avec la rupture conventionnelle, j'espérais avoir ce temps. Mais sans...je ne peux me permettre une démission. Manque de courage sans doute, mais aussi famille à nourrir et prêt à honorer.
Il n'est pas forcément si simple de partir. même quand on le veut.

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loulou29

06/10/2015

à 17:01

Pour avoir un bon job et réussir sa carrière, passer son temps à se lamenter c'est juste l'aveu qu'on n'a pas les ressources psychologiques qu'il faut pour faire face aux situations rencontrées au quotidien. Pour acquérir ces ressources, il n'y a, à ma connaissance qu'une solution très efficace, cela s'appelle le SOLVING.
Voir site http://www.seconstruire.com/

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LetsBeSerious

06/10/2015

à 16:39

Si tant que gens souffrent sans même oser aller voir ailleurs, il faudrait peut-être chercher les coupables du côté des media ... Qui entretient volontiers les névroses du quidam, en tenant boutique sur toutes les misères du monde, de la sinistrose économique jusqu'au terroriste planqué au coin de la rue ?
Ceci dit, restent les faits (au delà des chiffres pas forcément fiables) : taux de chômage en hausse, allongement de la durée du chômage, raréfaction des offres de vrais emplois et baisse des salaires à l'embauche.
Il y a belle lurette que le col blanc en poste a cessé de se croire protégé du chômage. Sauf de posséder l'une de ces expertises rares qui mettent les recruteurs à genoux. Face aux récits de ceux qui galèrent, on ne peut pas vraiment rire de ceux qui s'accrochent à un job - just over bread - c'est à dire un emploi (devenu) alimentaire.

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kaiser69

06/10/2015

à 16:14

Des râleurs cela existera toujours , certaine personne essaie d'avoir le beurre l'argent du beurre plus la crémière, je pense que dans le contexte actuel de fort incertitude aux niveau carrière , il faut dialoguer quitte à créer le dialogue plus-tôt que le conflit, parler d'amélioration de fonction de travail quitte à faire un bilan de compétence, si le supérieur ne veux pas vous voir partir peut être qu'il changera de position. La seule chose est qu’il faut prendre son courage à deux mains et commencer le dialogue.

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Dom

06/10/2015

à 16:13

Il est exact que d'une manière générale à peu près tous les français aiment se plaindre, même quand ils n'en ont vraiment aucune raison... Pourquoi ? Parce qu'en France quelqu'un qui se plaint va spontanément attirer la sympathie, alors que quelqu'un qui affiche de l'auto-satisfaction va déclencher une franche hostilité... C'est comme ça, et finalement, ce n'est pas plus mal que le positivisme obligatoire anglo-saxon, souvent risible, qui finit par déconnecter totalement le discours de la réalité et du ressenti...

Pour revenir au sujet, quel est le pourcentage d'entreprises capables de proposer une fonction à un cadre sans exiger de sa part qu'il ait fait exactement la même chose depuis au moins 3 ans ? Donc déjà ça part mal... Comment peut-on être motivé pour faire ailleurs exactement la même chose que ce que l'on fait déjà depuis des années ?
Vous critiquez le manque de culture du risque chez les cadres, mais quel est le niveau de risque chez les recruteurs ? La frilosité et la plainte sont des traits répandus dans toute la société française, et les cadres n'y font pas exception, c'est tout.

Pour finir, je trouve assez étrange de reprendre en titre un slogan d'origine très douteuse ("la France, tu l'aimes ou tu la quittes").

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blabla

06/10/2015

à 15:00

"Ton job, tu l’aimes ou tu le quittes" : trop fastoche par les temps qui courent......n'empêches, il fallait penser à l'écrire....

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thierryp

06/10/2015

à 13:58

merci pour cet édito bien à propos, bravo, rien à ajouter

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toto

06/10/2015

à 06:25

Bonjour,
le terme "JOB" est un acronyme dérivé de l'anglais "Just-Over-Bread" de l'ère de la révolution industrielle et on est loin de cette période.
Maintenant, si certains trouvent que c'est juste au dessus du pain, alors ils sont libres de s'aventurer ailleurs. Mais qui dit aventure dit risques et il faut savoir les mesurer et trouver l'équilibre (personnel ou pas).

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Isabel55555

05/10/2015

à 21:07

Qu'ils s'estiment heureux ils ont un salaire. Et ces personnes prefrent rester eans un confort puant, plutot que de se risquer à aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Seul les personnes du public peuvent faire des mise à disposition et si le ailleurs ne leur plait ils peuvent revenir sans problème, dans le privé tu pars tu ne reviens pas.... Donc il faut être sur de son coup. Vous allez dans des entreprises ça pue la démotivation, la défaite.

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