Trop cool, la recherche d'emploi

Publié le 16 juillet 2007 Sylvia Di Pasquale

C'est sérieux le travail. Surtout quand on en cherche. Alors, forcément, la lecture d'une offre d'emploi se transforme rarement en une franche partie de rigolade. Sauf que ces temps-ci fleurissent ici et là sur le Web, de drôles d'annonces. Ainsi cette entreprise qui n'hésite pas à rechercher un « Geek, Killer du web, Génie du code ». Une autre qui attend de son futur programmeur qu'il soit un « Tueur en PHP mais sympa, et puis rigoureux aussi ». Evidemment, ces offres s'adressent à la population très particulière des informaticiens.

Mais rien n'empêche les recruteurs de fonctions qui peinent à embaucher de récupérer la tendance et de l'adapter en détournant le jargon des professionnels convoités. C'est vrai quoi, une annonce pour un commercial qui commencerait par « Booster de PDM amateur de PRV bandant » ou « Chasseur émérite sachant chasser le grand compte » aurait une autre trempe que le très classique « Ingénieur d'affaires à fort potentiel ».

Le recruteur libellant ainsi son offre pourrait y trouver deux avantages non négligeables par ces temps de pénurie de vendeurs. D'abord, son annonce bénéficierait d'un buzz parmi les commerciaux connectés. Ensuite, parce que certains d'entre eux pourrait avoir envie d'y postuler parce que l'entreprise donnerait une image « trop bien ». Qui oserait douter qu'une boîte qui se lâche de cette façon dans sa politique de recrutement, n'assurerait pas une ambiance qui déchire ?

Grave question que nous nous sommes permis de poser à quelques cadres. Sans surprise, la réponse est quasi-unanime et tient en un seul mot : « Taratata. » La plupart soulignent qu'une telle convivialité cache forcément un loup. Certains y voient le signe d'un salaire dérisoire pour des horaires de forçat. D'autres, plus retors, se disent que la sympathie affichée est inversement proportionnelle aux conditions de travail à la schlague dans une telle entreprise. Une boîte où la pression est telle, qu'elle ferait passer celle que subissent ces temps-ci les cadres de l'aéronautique pour une cure de sommeil. Au final, une poignée seulement croient à l'idée que l'ambiance de travail sera aussi cool que le suggère l'intitulé de l'offre. Rien de bien étonnant.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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