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Trop de vacances tuent les vacances

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Sylvia Di Pasquale

20/07/2015

Alors que l’on a déjà la tête loin du bureau, et pour certains le corps tout entier, on pense déjà à la rentrée. Car rongés comme nous sommes par ce mal très français, on ne voit que le côté négatif des choses. Et de regretter les vacances avant même qu’elles ne commencent. D’ailleurs, ces vacances, pourquoi sont-elles si draconiennement limitées ? Certaines boîtes – on vous en a déjà parlé ici et  – permettent à leurs salariés d’en prendre tant et plus. Alors que nous, on est coincés dans nos cinq petites semaines de congés. En fait, on est peut-être des veinards sans le savoir.

Surtout si  l’on examine l’expérience  mise en place par cette boîte anglaise d’accessoires photo. Chez Triggertrap, on a voulu se la jouer cool. Son boss, Haje Jan Kamps, a adopté l’idée en vogue et a offert l’an passé à ses salariés des vacances illimitées. Chacun pouvait bosser, ou se reposer, à sa guise. Tant que le boulot était fait, personne n’y trouvait rien à redire. Mais le conte de fées a rapidement tourné au vinaigre. En examinant les chiffres du décompte des jours pris par ses salariés, le patron s’est rendu compte qu’il avait un gros problème sur les bras. Car ses salariés n’abusaient pas, bien au contraire : ils ne prenaient pas assez de congés. En fait, ils en prenaient moins qu’à l’époque où le nombre de jours de vacances était imposé. Et ce, pour une raison toute bête. Dans une entreprise où la compétition entre collègues fait rage, il ne fait pas bon être trop absent.

À l’époque des congés comptabilisés, ces absences étaient considérées comme presque obligatoires, ou tout du moins institutionnalisées, ce qui donnait à chacun un bon prétexte de les prendre. Mais la liberté nouvelle les a freinés. Ils ont travaillé encore plus qu’avant et, au sein de la boîte, le nombre de burnout a explosé. À tel point que cette année, sans pour autant revenir totalement sur cette mesure, la direction de Triggertrap incite son personnel à prendre des vacances en donnant un bonus à tous ceux qui partent deux semaines de vacances tous les 6 mois au moins.

Pour autant, il n’est pas sûr  que tous les salariés de l’entreprise cèdent à cette tentation. Pas sûr qu’ajouter l’appât du gain à la réputation du goût du farniente qu’ils redoutaient il y a un an, les poussent à prendre des congés. Peut-être que le problème de Haje Jan Kamps n’est pas dans le dosage le plus juste des vacances de ses salariés. Mais dans leur bien-être au travail. Et dans la sérénité qui règne, ou pas, à l’intérieur de son entreprise. N’est-il pas ?

@Syl_DiPasquale © Cadremploi.fr 

Dessin de Charles Monnier

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