Une année peut-elle sérieusement commencer par un Dry January ?

Publié le 06 janvier 2020 Sylvia Di Pasquale

Malgré quelques résistances, 2020 sera finalement l'année du premier "janvier sec" français. Pour le plus grand bonheur des producteurs de boisson sans alcool, qui ont déjà presque triplé leurs volumes en cinq ans et ne comptent pas s'arrêter là.
Une année peut-elle sérieusement commencer par un Dry January ?

C’est le début et la fin. La fin des agapes, le début de l’année, et la reprise des activités ordinaires et professionnelles depuis ce 6 janvier. Alors on y retourne comme on peut, avec ou sans grève de trains, avec ou sans entrain, avec ou sans vacances avant un temps lointain. Mais il faut bien se jeter dans le grand bain.

Et comme si cette baignade du début janvier n’était pas assez frisquette, voilà que, pour nous plomber un peu plus le moral, on nous colle le Dry January. Ce « janvier sec » est un jeu aux règles simples : ne pas consommer une goutte d’alcool jusqu’à la fin du mois. Un mois qui compte 31 jours qui plus est, sans dérogations possibles même pour une bolée de cidre (à consommer avec modération) qui aurait pu permettre de faire glisser la galette des rois.

Pourquoi un tel acharnement en ce moment ? Pourquoi cette sécheresse de janvier, le moment où l’on s’engouffre dans les trois mois les plus météorologiquement rudes de l’année ? Un moment où les ancestrales soupapes qu’étaient la chandeleur et le carnaval ne sont plus que symboles seulement respectés par les enfants ? Ce Dry January va-t-il se traduire par un mois sans afterwork entre collègues, sans pots de départs entre ex-collègues et sans pots d’arrivées entre nouveaux ?

Certes, on se morfond, on se plaint, mais on sait bien. L’alcool est la drogue la plus destructrice qui soit, loin devant les substances illégales, et il faut bien tenter d’endiguer ses ravages. Quant au choix du mois de janvier, il émane d'une décision du HCCCI (Haut comité pour les commémorations et célébrations internationales) prise après consultation du collège des sages:

-          Bon les amis, il faut trouver le mois de l’année le moins douloureux pour leur faire arrêter la picole. L’été ? Impossible : entre apéro et diners au rosé, le risque de craquage est trop élevé.

-          Et si on casait ça en janvier, chef ? En décembre, ils s’en mettent plein le cornet. Du coup, ils peuvent s’abstenir le mois suivant.

-          Pas mal, mon p’tit JJ. Et comment on appellerait ça ? Il faut un truc à la fois wavy et international. Comment tu dis ? Dry January ? Mais c’est génial, ça !

JJ a été entendu et Dry January retenu. Alors on va s’abstenir et soutenir les industriels des boissons sans alcool qui ont plutôt la banane, comme nous le rappelle l’Usine Nouvelle. De 8,64 millions de litres il y a cinq ans, ils ont presque triplé leur production pour atteindre 23,93 millions de litre aujourd’hui. De quoi reprendre un verre de Champomy et entonner, comme dans le spot de pub d'une autre marque également pionnière du 0% alcool il y a quelques années, que « Sans alcool, la fête est plus folle »

L’équipe de Cadremploi vous présente ses meilleurs vœux de belle et heureuse année !

 

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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