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Une semaine de fureur, d'enthousiasme et de lassitude mêlés

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Sylvia Di Pasquale

12/10/2015

Il aura fallu qu’un gars fasse 9 000 km pour dire du bien de nous. Il aura fallu que John Chambers quitte San José en Californie pour venir expliquer à Paris que « la nouvelle Silicon Valley est ici », et qu’il croit en la France « sur le point de se transformer en profondeur ». Histoire de prouver ce qu’il avance, le patron de Cisco a même annoncé qu’il doublait ses investissements dans l’Hexagone, à hauteur de 200 millions d’euros.

Évidemment, il a dû répéter la même chose à Londres, en mieux, puisqu’il a signé un chèque à nos amis grands bretons de 500 millions d’euros. Bien sûr, il ne va pas expliquer à Emmanuel Macron, qui lui a déroulé le tapis rouge et a inauguré en sa compagnie son nouveau centre R&D, que la France est un pays de fainéants toujours en grève. Mais on ne va pas faire surenchère d’aigritude et on va déguster le compliment, pas si fréquent.

Surtout que cet heureux épisode survenait au lendemain d’un autre, plutôt malheureux. Un épisode, ou plutôt une photo, qui a fait le tour de la planète. L’on y voit le DRH d’Air France, Xavier Broseta, la chemise arrachée, réussissant à échapper aux manifestants d’Air France.

Une fureur française tempérée dès le lendemain par un enthousiasme américain. Un mélange de froid et de chaud, de sucré et de salé plutôt à l’image de cette époque chamboulée. Une période où personne ne sait plus très bien à quoi se vouer, et par quel moyen se tirer de cette mauvaise passe dans laquelle l’économie semble engluée. Elle est finie cette crise oui ou non ? Oui, disent certains économistes. Non disent les chômeurs, toujours plus nombreux. Chacun sait que quelque chose cloche, et tout le monde, à force de supputer, finit par se lasser.

Ainsi les cadres interrogés par Viavoice pour HEC, Le Figaro et France Inter. Ce baromètre, lui aussi publié cette semaine nous apprend que les cols blancs, sont, dans leur majorité d’accord avec les réformes du code du travail envisagées par le gouvernement. Pour autant, ils sont tout aussi majoritairement convaincus que cette mesure amoindrira les droits des salariés. 42 % d’entre eux pensent qu’elle ne créera pas d’emploi et, histoire de bien signifier qu’ils ont toujours le moral au fond des ourlets, ils sont 81 % à estimer que leurs opportunités professionnelles sont faibles.

Tenter de s’en sortir en étant persuadés que cela ne servira pas à grand-chose, tels sont nos cadres. Tenter de s’en sortir en croyant à sa réussite, tel est le boss de Cisco. Tenter de s’en sortir par la violence en désespoir de cause. Telle était la semaine passée en France, toute de fureur, d’enthousiasme et de lassitude emmêlée.  

@Syl_DiPasquale © Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

 

 



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