Election présidentielle : et si votre management influençait le vote ?

Sylvia Di Pasquale

Une étude établit un lien entre le management autoritaire et le vote populiste ou l’abstention. On connaissait les bienfaits de la gouvernance soft, on en découvre une autre : la sauvegarde de la démocratie.
Election présidentielle : et si votre management influençait le vote ?

Dis moi comment tu manages et je te dirai comment tes équipes vont voter dimanche prochain. Certes, l’injonction est plutôt énormissime, mais elle n’est pas dénuée de bon sens si l’on en croit l’économiste Thomas Coutrot. Ce statisticien de la Dares s’est penché sur les corrélations entre les conditions de travail des électeurs, et le bulletin qu’ils glissent dans l’urne

L’étude remonte aux récentes élections européennes, mais il n’y a aucune raison pour qu’en trois ans elle soit devenue obsolète, bien au contraire, puisque les votes extrêmes, ou populistes, de droite comme de gauche, n’ont jamais été aussi élevés. Et justement, Coutrot a remarqué que ces fameux bulletins hors du champ traditionnel de la République sont souvent en provenance de salariés qui ont « un travail répétitif et doivent strictement suivre des consignes ».

Un constat parfaitement logique et pétri de bon sens : ces salariés, entravés dans leur autonomie, estiment, par extrapolation, que la société entière est constituée comme la hiérarchie de leur entreprise. Ils ne sont que des obéissants brimés au bas de l’échelle face à une élite dirigeante qu’ils rejettent en votant pour un candidat populiste, ou en ne votant pas du tout.

Car oui, dans l’étude de Coutrot, les abstentionnistes sont dans le même panier que les électeurs de l’extrême. 

Cette enquête n’est peut-être que partiellement exacte, dans le sens où tous les salariés qui ont affaire à un mauvais manager incapable de déléguer ou de faire confiance à ses équipes, ne vont pas glisser dans l’urne un bulletin extrême ou s’en aller à la pêche  dimanche prochain.

Mais à l’heure où il devient urgent de trouver des solutions à la montée du populisme, tenter un management moins autoritaire n’est pas une perte de temps. Parce qu’au-delà de son effet possible sur la démocratie, on connait les autres qualités d’une direction d’équipe plus soft : une meilleure motivation, une meilleure fidélisation et une meilleure créativité. Autant d’arguments en faveur d’un management adulte. 

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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