Et si un nouveau confinement était une bonne chose pour l’emploi ?

Sylvia Di Pasquale

EDITORIAL – Face à la progression de l’épidémie et du variant britannique en particulier, le gouvernement n’exclut pas un nouveau confinement. Contre toute attente, les employeurs verraient ce troisième confinement plutôt d’un bon œil pour en finir plus vite avec ce virus. Explications.

Dessin de Charles Monnier pour Cadremploi

Et si un nouveau confinement était une bonne chose pour l’emploi ?
Dessin de Charles Monnier pour Cadremploi

Attention, ceci n’est pas une provocation, mais une thèse qui serait défendue par nombre de dirigeants d’entreprise et de représentants du Medef selon Emmanuel Lechypre, le chroniqueur économique de BFM Business. Il a consulté « beaucoup de dirigeants d’entreprises » et selon eux, l’économie française pourrait supporter un premier semestre 2021 équivalent aux 6 premiers mois de 2020, mais pas une année complète du même tonneau que celle que nous venons d’essuyer. D’où l’idée de frapper vite et fort, de reconfiner strictement, avant de redémarrer réellement et durablement, vaccin aidant.

 

On le sait, un confinement total, tel que celui que la France a connu entre le 17 mars et le 11 mai 2020, a un coût démentiel, et précisément inchiffrable dans sa totalité, même si l’on évoque un tarif de 60 milliards par mois. Serait-ce le prix à payer pour en finir une fois pour toute avec ce satané virus ?

 

En fait, ce que souhaitent les employeurs avant tout, c’est la fin de l’incertitude, de l’atermoiement et des semi-confinements. Et ils sont prêts à payer le prix fort pour éviter ce flou pas très artistique sur la consommation de ménages et en amont, sur le business BtoB et l’économie nationale. Un flou qui a forcément des répercussions sur l’emploi.

Car la décision d’embaucher est incompatible avec une période incertaine.

Le recrutement d’un cadre est un acte à long terme. Et ne pas savoir de quoi le second semestre 2021 sera fait, freine forcément les embauches dans tous les secteurs qui ne profitent pas directement de la crise, et ils sont plus nombreux que ceux qui tirent leur épingle du jeu.

 

Mais la décision n’appartient ni aux Medef ni aux entreprises. Si effectivement ces derniers optent pour cette solution, et que les instances scientifiques vont dans le même sens, le gouvernement qui, in fine, tranchera, n’aura plus à choisir entre la prévention sanitaire et la sauvegarde de l’économie pour décider d’un nouveau confinement.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

Vous aimerez aussi :