Génération Covid, Bac+5, job alimentaire et pourtant... ils s’accrochent

Sylvia Di Pasquale

C’est la galère. Pour ceux qui étudient comme pour ceux qui ont fini d’étudier. Une récente étude le dit : près de 50% de la promo 2020 des jeunes diplômés bac+5 est aujourd’hui sur le carreau. Ils étaient 26% les années précédentes. La génération Covid prend cher. Alors la rédaction de Cadremploi part à la rencontre de ces jeunes qui décrochent des jobs déconnectés de leur formation. Et leurs témoignages sont plutôt inattendus.

Dessin de Charles Monnier ©Cadremploi

Génération Covid, Bac+5,  job alimentaire et pourtant... ils s’accrochent
Dessin de Charles Monnier ©Cadremploi

Leur arme anti-chômage pendant la Covid ? Le job alimentaire plutôt que le repli et l’attente. Comme Alexandra et sa formation longue comme le bras qui devait la conduire tout droit vers un poste de cheffe de produit. A la place, elle est inside sale. C’est un joli nom pour dire qu’elle vendra inside un centre d’appels en passant 50 coups de fil par jour. De quoi déprimer ? Pas vraiment. Pour elle, c’est une école, celle de la « pugnacité, de la persévérance, de la résilience, et de la force de persuasion ».

 Lire le témoignage d'Alexandra (le prénom a été modifié à sa demande) :

Emilie quant à elle a une très solide formation dans l’art et la culture et un CV à même de lui ouvrir les portes de tous les grands musées et des institutions. Mais ils sont fermés depuis presque un an. Alors Emilie enseigne l’art et l’anglais aux enfants. En attendant ? Pas forcément. « Je me suis découvert une vraie appétence pour l’enseignement et la transmission des savoirs » a-t-elle expliqué à notre journaliste Sylvie Laidet. Finalement, la future commissaire d’expo est peut-être en train de revoir son futur en se voyant, pourquoi pas, développer des projets ludiques et artistiques pour les enfants.

 

Et si le bon vieux job alimentaire avait appris les bonnes manières ? Et si, à cause de la crise il n’était pas seulement ce petit boulot destiné à joindre les deux bouts ? Et s’il permettait d’obtenir le beurre, l’argent du beurre et le CV de la fermière ? Un peu de beurre dans des épinards trop secs (vital), une formation complémentaire (toujours utile) et des compétences que l’école n’apprend pas (indispensable). Le jour où les affaires reprendront vraiment, ceux qui se seront aguerris dans ces petits boulots auront une longueur d’avance sur ceux qui se seront contentés d’attendre le bon job.

  

A qui l'tour ?

Vous êtes jeune diplômé (2019 ou 2020) ? Si vous avez accepté un job alimentaire en attendant mieux et vous souhaitez partager votre expérience (anonymement), écrivez-nous et un journaliste de la rédaction de Cadremploi prendra contact avec vous :

info@cadremploi.fr

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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