« Bienvenue dans nos bureaux chauffés »

Sylvia Di Pasquale

Et si la crise de l'énergie était pain béni pour faire revenir les télétravailleurs récalcitrants ? Les DRH qui cherchent par tous les moyens à remplir les openspaces, ont, avec le froid automnal, un atout inespéré. Car chauffer ses bureaux devient, à l’heure où les dépenses d’énergie augmentent, un argument chaud devant.

Dessin original de Charles Monnier pour Cadremploi

« Bienvenue dans nos bureaux chauffés »
Dessin original de Charles Monnier pour Cadremploi

Et si la crise énergétique devenait la meilleure amie des DRH ? Vous savez ces drôles de personnages qui hantent les couloirs à la recherche des salariés disparus, qui implorent le ciel pour qu’ils reviennent au bureau, ces sacrés salariés qui préfèrent travailler chez eux. 

Pourtant, depuis cet automne, Borne ma sœur Borne en doudoune, que voyez-vous venir ? Un choc énergétique aux côtés duquel celui de 1973 n’était qu’une infime fluctuation boursière. Le prix de l'énergie, de toutes les énergies, augmente, et lorsque ce phénomène s’ajoute à celui du home working, comme c’est le cas en ce moment, ça coince forcément.

C’est qu’avant, au temps du bureau, on programmait son petit chauffage à la maison. Il était réglé au minimum dans la journée, et se réchauffait de quelques degrés le soir venant et nous autres du bureau revenant.  Mais depuis le Covid, tout fout le camp. Puisqu’on est à la maison toute la sainte journée et qu’il faut bien se chauffer tout le temps. On aurait voulu choisir le pire moment pour lancer la mode du télétravail qu’on ne s’y serait pas pris autrement.

Alors on peut s’attendre à un nouvel exode, à un retour vers l’openspace. Histoire de faire quelques économies de chauffage diurne, les salariés pourraient bien être tentés de regagner le bureau, ces 19 degrés (comme la nouvelle éthique gouvernementale l’exige). L’Angleterre, où la hausse de l’énergie est autrement plus sévère qu’ici, se prépare déjà au phénomène.

Ici, on chauffe gratis.

Chez nous, les DRH doivent être ravis de ne pas avoir eu à négocier un accord de défraiement des frais de chauffage pour les télétravailleurs avec les partenaires sociaux. Il leur suffit aujourd’hui de conseiller à leurs happiness officers d’arrêter les tournois de baby-foot et les chouquettes du matin. Ces officiers du bonheur pourront dorénavant se contenter d’annoncer qu’au bureau, il y a du chauffage et, accessoirement, de la moutarde à la cantine, pour leur donner envie de revenir.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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