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Comment rédiger un CV en allemand ?

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Régis Delanoë

Si le marché de l’emploi du voisin allemand est florissant, des efforts d’intégration s’imposent pour un candidat français souhaitant l’intégrer. La prérogative de base : présenter un CV soigné, adapté aux attentes des recruteurs locaux. Voici la marche à suivre.

Un CV plus long qu’en France

Première différence notable avec le CV français : bien souvent son homologue allemand ne se limite pas à une page. « Il est plus détaillé et descriptif et peut donc aller jusqu’à deux pages, voire trois dans le cas des candidats expérimentés », signale Pauline Lahary, fondatrice de myCVfactory. Une longueur qui nécessite de rédiger un CV spécifique et non pas de traduire son document français, estime Jérôme Lecot, du cabinet Eurojob-Consulting : « Les recruteurs locaux ne doivent pas avoir l’impression de lire le CV d’un Français, il doit être parfaitement rédigé et sans économiser sur la longueur ni sur les informations requises. »

 

Sobriété exigée sur la forme

Moins outil marketing qu’en France, le CV doit avant tout être clair, selon Pauline Lahary : « Les Allemands ne sont pas très fans des couleurs et des fioritures, type graphiques et tableaux. Soyez scolaire en restant classique. » Un constat également partagé par Jérôme Lecot : « Le marché de l’emploi allemand conserve une tradition protestante de sobriété, y compris dans la manière de postuler. »

 

Tous les détails sont bons… ou presque

Sobre sur la forme, le CV allemand se doit d’être exhaustif sur le fond. C’est la préconisation de Jérôme Lecot : « Sur deux à trois pages, vous avez la place pour décrire le contenu de vos expériences professionnelles, alors profitez-en. Les recruteurs locaux veulent connaître les tâches que vous avez réalisées, les résultats obtenus, les missions menées à bien… Facilitez-leur le travail : donnez des indications sur le secteur d’activité des entreprises par lesquelles vous êtes passé en France et qu’ils peuvent ne pas connaître. » Un paragraphe de quatre à cinq lignes par expérience n’est pas superflu, avec un seul interdit, prévient le consultant d’Eurojob-Consulting : « En Allemagne, on ne donne aucun nom de clients. »

 

Une synthèse en en-tête

Comment se présenter ? La réponse d’Anja Hiller, consultante du cabinet EuroRekruter : « En en-tête, la règle en Allemagne est de fournir une photo de soi, toujours professionnelle. On indique ses coordonnées et quelques informations personnelles sont appréciées, par exemple la situation maritale. Des liens vers des comptes sur les réseaux sociaux apporteront une touche de modernité, mais ne sont pas forcément habituels. » Si LinkedIn existe outre-Rhin, les Allemands sont plus habitués au réseau local Xing. « Les Français désirant intégrer le marché allemand ont tout intérêt à s’y inscrire », préconise Pauline Lahary.

 

À défaut d’équivalences, soyez explicites

« En Allemagne, on débute généralement la rubrique consacrée aux formations par l’obtention du Bac et le nom de l’école », explique Anja Hiller. Ensuite, il faut dérouler jusqu’au dernier diplôme acquis, en n’oubliant pas de mentionner des séjours à l’étranger pendant ses études, ainsi que les formations professionnelles (beaucoup plus habituelles en Allemagne qu’en France) le cas échéant. « Je recommande aux Français d’indiquer quelques mentions à la suite de leurs diplômes français pour bien se faire comprendre des recruteurs allemands », ajoute Anja Hiller. Vous pouvez ainsi donner des éléments sur le domaine des études et même le contenu des cours : électronique, informatique, etc. « Un ingénieur généraliste doit faire l’effort de détailler ses compétences acquises en formation, complète Jérôme Lecot. Les Français sortant de Polytechnique par exemple doivent savoir que c’est une référence peu connue en Allemagne, où il existe peu de grandes écoles de ce type. »

 

Niveau de langue : transparence exigée

« S’agissant du niveau de langue, les tests de type TOEIC sont moins indiqués dans les CV allemands qu’en France, fait remarquer Anja Hiller. Préférez la simplicité : niveau intermédiaire, courant, etc. Vous pouvez aussi faire un distinguo entre votre niveau de langue écrit et oral, pour plus de clarté. » Et gare à ne pas se survendre, prévient Jérôme Lecot : « Il faut être objectif sur ses compétences en allemand. Les recruteurs locaux vont préférer un candidat honnête, d’autant qu’ils sont habitués à traiter des CV d’étrangers, dans un marché très dynamique. »

 

Un document à officialiser et à accompagner

Dernier élément, et non des moindres : « La tradition veut que le candidat indique en bas de page le lieu, la date et signe son CV, observe Anja Hiller. C’est un signe d’engagement, d’officialisation et d’authentification. »

 

Exemple de CV allemand fourni par myCVfactory

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commentaires

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Rima Gilbert

22/05/2018

à 18:13

Je partage l'avis de Katharina. Un CV en 1 page suffit! Les résultats académiques sont importants en Allemagne!

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Katharina Horst

20/05/2018

à 11:45

Merci à Cadremploi pour cet article, nécessaire et utile.
Les différences entre les CVs allemands et français sont en effet réels. J'ajouterais que les résultats / notes obtenus pendant les études, y compris le bac, sont bien vus, voire obligatoires.
La photo pro est bien vue, voire obligatoire. Un instantané voire ces terribles portraits de photomaton ne passeront jamais!
On a droit à un certificat de travail après chaque emploi. Il est de coutume de les joindre au "dossier de candidature" (Bewerbungsunterlagen), ou tout au moins, de les avoir à disposition et d'être prêt à les partager quand ils seront demandés.
Enfin, le CV partagé par myCVfactory n'est pas très utile. Finalement il ne fait qu'une page, l'en-tête formel et des rubriques comme par exemple les centres d'intérêt manquent. L'étudiante ne donne pas de détails sur les cours suivis, ni ses résultats. Elle n'explique pas l'équivalence de son école "EM", etc...

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