Comment décrocher son premier poste ?

Publié le 21 mars 2012 Nicolas Chalon

Vous avez brillamment obtenu votre diplôme et vous vous lancez, enthousiaste, à l’assaut d’un emploi. Cependant, même pour le meilleur des élèves, cette étape exige de disposer d’outils bien affûtés.

J’affine mon projet professionnel

« Un recruteur se demande toujours : où va ce jeune ? Que veut-il ? », remarque Nathalie Marty, consultante RH chez Horizon Resources. Ces questions, il faut vous les poser dès maintenant. Qu’est-ce qui est important pour moi ? Quels sont les moteurs de votre motivation ? Quelles sont vos valeurs, vos envies ? « Il faut se forcer à mettre des noms sur les choses et votre argumentaire en découlera naturellement, souligne Nathalie Marty. 9 fois sur 10, j’observe un manque de précision du projet professionnel. C’est pourtant ce qui fera la différence entre deux jeunes candidats. »

Je récolte des infos

Tout le temps que vous passerez à vous renseigner sur la réalité d’un métier et l’actualité d’un secteur, c’est du temps que vous gagnerez par la suite. Le but, c’est de savoir précisément où vous mettez les pieds. « Allez à la rencontre des professionnels qui font ce métier ou évoluent dans ce secteur. C’est essentiel pour savoir à quoi s’attendre et s’y préparer », conseille Isabelle Liotta, auteur du livre « Premier job, réussir son premier choix de vie ».

Je peaufine mes documents

Vous savez à présent qui va lire votre CV, et quelles compétences il recherche. Ces compétences, il s’agit de les faire apparaître clairement. Un recruteur lit un CV en 12 secondes, alors mieux vaut qu’il soit efficace ! « Même dans le cas d’une candidature spontanée, il faut viser un poste précis et montrer tout de suite ce qu’on veut », souligne Nathalie Marty. Quand à la lettre de motivation, elle doit justifier son nom : « on dévoile un bout de notre caractère, poursuit-elle. On cherche à susciter l’intérêt du recruteur, l’envie d’en savoir plus ».

Je privilégie la qualité à la quantité

Surtout qu’envoyer CV et lettres tout azimut est contre-productif. Alors visez avant d’attaquer ! Vous devez postulez uniquement aux postes que vous avez une chance de décrocher et qui vous motivent vraiment. Avant d’envoyer votre candidature, prenez le temps de bien la travailler et de l’adapter à votre destinataire. Un destinataire dont, si possible, vous connaissez le nom et l’intitulé de la fonction. Moins de candidatures, donc, mais de bien meilleures.

Je me bats sur tous les fronts !

Répondre aux offres d’emploi, c’est indispensable, mais ça ne vous empêche pas d’activer parallèlement votre réseau. C’est ce qu’on appelle le marché caché, comme nous l’explique Nathalie Marty : « On dispose d’un réseau primaire (parents, amis, profs) et d’un réseau secondaire (contacts faits pendant un stage, maître de mémoire, autres connexions). Il est primordial d’entretenir les liens avec ces réseaux tout au long des études puis de votre carrière ».

Devant le recruteur

Les recruteurs ne cherchent pas un étudiant : ils cherchent un collaborateur. Soyez donc prêt à vous imaginer en poste et à réfléchir de manière professionnelle. Comment vais-je gérer ce poste ? Si vous racontez un stage, parlez objectifs, actions, résultats. Adoptez un langage pro et rebondissez en posant des questions à votre interlocuteur. N’ayez pas peur de parler au futur et de décrire votre projet pour les années qui viennent. Votre futur employeur connaît vos compétences : montrez-lui maintenant qui vous êtes et ce que vous voulez !

Nicolas Chalon © Cadremploi.fr

Les conseils d'Alain Mlanao, directeur général de la société spécialisée dans l’intérim expert Walters People.

Selon les dernières prévisions de l'Apec, le recrutement des jeunes diplômés demeurera stable au second trimestre 2012, par rapport à l'année dernière. Le diplôme protège-t-il toujours de la crise  ?

Malheureusement non, mis à part ceux des écoles de rang 1 [HEC, ESSEC, ESCP, EDHEC et EM Lyon du côté des écoles de commerce ; Polytechnique, centrale, les Mines et les Ponts, notamment, du côté des écoles d'ingénieurs ; ou encore Sciences Po Paris, NDLR]. Leurs étudiants trouvent assez facilement à se placer. Pour les autres, la concurrence ces dernières années est plus rude, et nous pouvons noter à ce titre que les entreprises s'ouvrent de plus en plus aux universitaires. En fait, tout dépend du secteur et de la fonction visée. Ainsi, si les banques par exemple les recrutent en moins grand nombre, les jeunes commerciaux ou encore les ingénieurs sont toujours très demandés. Et, pour ma part, ce qui fait la différence est la personnalité du jeune diplômé.

Comment doit se positionner un jeune diplômé pour décrocher son premier poste ?

Je ne lui conseille pas d'accepter une mission qui serait trop éloignée de ses objectifs, puisque les premières expériences acquises s’avéreront déterminantes pour la suite. Je dirais qu'un contrat est acceptable s'il lui permet de mettre en œuvre 30 ou 40% des compétences directement liées à son objectif, sachant que ses expériences suivantes pourront compléter son parcours. Par contre, je lui conseille de rester mobile : un jeune diplômé souhaitant évoluer doit aujourd'hui maîtriser l'anglais et, si possible, avoir déjà une expérience à l'international (tel un stage). Les Français, globalement, sont en retard en la matière et une évolution à l'international est un levier important pour la carrière d'un jeune diplômé aujourd'hui. Globalement, ce dernier devrait surtout se focaliser sur la mission qu'on lui confie : l'intérim, que nous proposons chezWalters People [société spécialisée dans l’intérim expert en comptabilité, banque, assistanat et IT, NDLR] peut être ainsi une alternative intéressante au CDI.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune diplômé pour que sa candidature fasse la différence ?

La première difficulté, à l'évidence, pour ces candidats, est de faire valoir leur expérience, même si elle n'est pas professionnelle. Certains y arrivent bien mieux que d'autres, comme cette jeune fille que j'ai recruté et qui, outre une formation adéquate, m'avait démontré sa pugnacité par le fait qu'elle avait fait 12 ans de danse. Ainsi, lorsqu'un candidat nous dit qu'il est motivé, qu'il est prêt à s'engager, nous entendons qu'il le démontre. De même, lorsqu'un candidat arrive en entretien en ayant fait plus que lire la site web de l'entreprise, en ayant pris connaissance d'articles de presse sur la stratégie de l'entreprise et aux déclarations du CEO [PDG, NDLR] par exemple, cela est très apprécié. Dans les faits, trop peu de jeunes diplômés prennent la peine de se renseigner plus avant sur l'entreprise au sein de laquelle ils postulent : ceux qui le font prennent une longueur d'avance. Enfin, pendant l'entretien, il ne faut pas oublier de s'intéresser à la mission et à l'entreprise sous prétexte de se vendre : préparer des questions à destination du recruteur, prendre des notes pendant l'entretien... Dans cet exercice difficile que représentent les premiers entretiens de recrutement, cela peut faire la différence.

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