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Comment parler de sa recherche d'emploi en société ?

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Sylvie Laidet

05/04/2016

"Et vous, vous faites quoi dans la vie ?" Dans un dîner en ville, il n’est pas rare que cette question arrive sur le tapis. Sauf que vous, vous êtes en recherche d’emploi et donc pas super à l’aise pour parler de vous, votre vie et votre œuvre. Nos conseils pour échanger plus sereinement.

Éviter le terme chômage

Aussi paradoxal que cela puisse paraître prononcer les mots chômage ou recherche d’emploi peut s’avérer contre-productif pour un chercheur d’emploi. « Aujourd’hui encore, le terme chômage fait l’effet d’une maladie. Les gens ont peur de l’attraper, donc ils fuient », prévient Hélène Picot, coach spécialisée en reconversion professionnelle. Parler de recherche d’emploi, vous place d’emblée en position de demandeur. « Vos interlocuteurs auront alors tendance à vous percevoir comme un boulet », précise Valentin Becmeur, coach et expert en communication au sein du groupe Othello. Et puis, ces termes renvoient également une mauvaise image de vous. « Plus on se répète que cette période de chômage est galère, plus elle le sera », ajoute Hélène Picot. Donc, on oublie ce champ lexical pour un discours plus volontaire et moins subi (même si ce n’est pas toujours facile de donner le change dans cette situation).

 

Se montrer proactif

« L’objectif est de prouver que vous avez encore de l’énergie à revendre et que vous faites toujours preuve de leadership. Bref, que vous ne subissez pas la situation », conseille Valentin Becmeur. À la sempiternelle question que tout le monde pose dans les dîners en ville, "et vous, que faites-vous actuellement ?", répondez par exemple "je fais quelque chose que j’ai toujours rêvé de faire : j’apprends une nouvelle langue, je suis inscrit à une formation, etc". Ou encore "j’actualise mes compétences. Jusqu’au mois dernier, j’étais directeur commercial dans le secteur…. ". « Vous pouvez aussi insister sur le fait que vous êtes en phase de changement, que vous prenez du temps pour vous afin de réfléchir à une nouvelle aventure », recommande Hélène Picot. C’est triste à dire, mais la société n’aime pas les gens qui ne vont pas bien. « Quelle que soit la situation, montrez que vous n’êtes pas affecté, que vous restez dynamique et gardez le moral », insiste l’expert en communication.

 

Ne pas se plaindre

Que vous ayez été viré ou que vous ayez quitté votre précédent poste, surtout ne vous lancez pas dans une diatribe contre votre ancien manager ou vos anciens collègues. « Cela ne donnerait pas envie à vos interlocuteurs de vous écouter. Pire, cela pourrait les dissuader de vouloir en savoir davantage sur vous. En effet, ils seraient tentés de se dire qu’un jour, vous risquez de parler d’eux de la sorte », argumente Valentin Becmeur. Donc, quitte à enjoliver un peu la situation, assumez votre départ par une phrase du genre "je suis content d’avoir coupé un lien qui ne me convenait plus".

 

Embellir l’histoire

Pour donner envie aux autres de vous écouter, voire de vous aider mais aussi pour vous renvoyer une bonne image de vous, il faut mettre en récit son parcours de vie et se rendre acteur de son histoire. « Des événements qui, il y a quelques mois, pouvaient vous apparaître comme un échec doivent se transformer en réussite. Dire "j’ai choisi d’arrêter ce projet pour débuter un autre parcours" marque une forme d’audace et de courage. C’est que l’on appelle l’art de relier les points entre eux. Il faut motiver son choix, quitte à romancer un peu », poursuit Valentin Bcmeur.  Et puis, même si vous ne l’exercez pas en moment, rien ne vous empêche de parler de votre métier, si tant est que vous souhaitez poursuivre dans cette voie. « Parler de son métier de manière positive, évoquer l’intérêt que l’on y trouve au quotidien suscite l’envie chez l’auditoire sans provoquer de la gêne ni de la pitié », assure Thierry Pacaud, coach certifié et dirigeant de Team For Development.

 

Parler de sa recherche avec parcimonie

Nombre de CV envoyés, d’entretiens décrochés, de refus, etc… toutes ces données n’intéresseront pas votre auditoire. En revanche, expliquer pourquoi vous tenez absolument à travailler dans telle entreprise ou tel secteur est judicieux. « Montrez que vous êtes encore plus sélectif qu’avant et certainement pas prêt à prendre un poste par défaut. Peut-être que dans l’auditoire, une personne pourra vous introduire dans la société visée ou vous recommander dans une entreprise similaire », conseille le coach en communication.

 

Jouer la carte de l’humour

Attention, cet exercice n’est pas forcément recommandé à tout le monde. Faire preuve d’humour en période de chômage suppose au moins d’avoir fait le deuil de son précédent poste. « Vous pouvez tenter "je suis redevenu actif" sous-entendu "j’étais au placard". Mais vous pouvez aussi retourner la question à votre interlocuteur avec une phrase du genre "et vous, comment vous définissez-vous en tant qu’individu ?". Cela vous permet de ne pas vous laisser enfermer dans une fonction », conclut-il. À défaut de parler de recherche d’emploi, vous recentrez ainsi la conversation sur la quête de sens. Une problématique commune à chacun.

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Koenig Olivier

02/05/2016

à 10:15

Avec l'apparition des réseaux sociaux ainsi que des sites de notation des entreprises, c'est toute la société qui évolue. A mon avis, les entreprises devront - du moins celles qui n'agissent pas déjà ainsi - penser à leur marque employeur en se posant des questions essentielles comme "que dirait un de nos ex-employés", "que racontent nos employés à leurs connaissances ainsi que sur le Web ?"

La question des motifs du départ tendrait à mon avis à révéler au candidat que son interlocuteur n'a pas encore pris la mesure de la nouvelle donne.

Enfin, parler de son travail, comment on s'y sent, des expériences que l'on faits n'a rien de confidentiel.

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Elodie

26/04/2016

à 13:56

Ah décidément, nous n'en avons pas terminé avec le "politically correct" ! Soit, il est dans l'air du temps de ne pas appeler un chat un chat, d'enjoliver les choses, et de ne surtout pas dire la vérité lorsqu'elle ne correspond pas au courant positif. Personnellement, après 39 ans de carrière, j'avoue que retrouver un poste -je ne parle bien sûr pas d'un CDI- n'est pas chose facile. Ce qui me hérisse particulièrement, ce sont les réflexions de mâles (ou machos ?) de mon entourage qui me demandent tout de go "Tu ne trouves pas, mais au moins est-ce que tu cherches vraiment ?" alors qu'ils sont loin d'imaginer le temps que je consacre à la recherche de job et qu'ils sont confortablement ancrés dans leur poste depuis 20 ans, sans avoir expérimenté ce qu'est le marché de l'emploi actuel. Désespérants, ce manque de respect de l'humain et cette absence de bienveillance.

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Firenze

17/01/2017

à 16:27

Tout à fait d'accord avec le commentaire d'Elodie. je pense que notre société est très hypocrite et manque de pragmatisme. En quoi rechercher à travailler peut il être mal vu - c'est au contraire quelque chose de positif que l'on devrait pouvoir exprimer sans honte et sans le cacher sous des circonvolutions dépassées. Avec environ 5 Millions de chômeurs de cétgorie A , plus tout ceux en plan sociaux non comptabilisés, plus ceux en formation, plus ceux complètement sortis, il y a un problème strcuturel dont ceux qui sont en recherche à plus de 50 ans n'ont pas à se sentir fautifs !!! c'est une honte de ne pouvoir dire les choses.
Oui je recherche un amploi car mas société délocalisé mon service et que je ne voulais pas vivre sans mon mari, mes enfants... dois je en avoir honte !!! certainement pas. La honte c'est de ne pas l'assumer et se mentir. Retrouver un psote c'est le chercher et dire qu'on le cherche.

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tcd

26/04/2016

à 12:49

Article très utile, d'autant que le job des recruteurs est de vous mettre en difficulté (je croyais que c'était de sélectionner le meilleur candidat, mais non...), peut-être juste pour tester vos capacités à vous sortir de toute situation ? En tout cas la semaine dernière l'un d'eux m'a lancé "Moi je pense qu'il vaut mieux avoir moins que rien du tout" pour dire que je lui semblait trop cher, et là on se sent très mal. C'est mal parti. Il ne faut jamais se trouver dans cette situation ! Un ou deux ans de chômage ne sont vraiment pas exceptionnels par les temps qui courent, mais on ne doit surtout jamais donner l'impression qu'on le vit mal, et en ça l'article nous donne de vraies pistes.

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Fraîchement réembauchée

26/04/2016

à 12:00

Franchement, si l'on vient de quitter son poste ok, mais quand cela s'inscrit dans la durée il devient de plus en plus dur de justifier. Oui il y a les "repas en société" avec des inconnus (honnêtement on en fait pas souvent quand on est au chômage), mais il y a aussi les relations, qui te demandent "tu n'as toujours pas de travail?!". Je crois que c'est ça le plus dur à supporter. Je viens de trouver après 1 an et demi de recherche et franchement ce n'est pas facile à justifier 1 an et demi.

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ONE

26/04/2016

à 03:34

J'ai vraiment aimé ces suggestions
Comme si c'est à moi que vous venez d'écrire tout ca. Sincèrement merci pour ces astuces

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Fraîchement réembauchée

25/04/2016

à 19:45

Franchement, si l'on vient de quitter son poste ok, mais quand cela s'inscrit dans la durée il devient de plus en plus dur de justifier. Oui il y a les "repas en société" avec des inconnus (honnêtement on en fait pas souvent quand on est au chômage), mais il y a aussi les relations, qui te demandent "tu n'as toujours pas de travail?!". Je crois que c'est ça le plus dur à supporter. Je viens de trouver après 1 an et demi de recherche et franchement ce n'est pas facile à justifier 1 an et demi.

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ARDD

25/04/2016

à 19:30

Très belles suggestions,
car lorsque l on parle aux autres de notre situation on se parle d'abord à soi même.
ne nous dévalorisation pas ce n est pas parce que nous sommes en phase de transition que nous devons noircir le tableau.

Merci à tous et bonne créativité pour vos projets de vies professionnels

Michel

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En réponse à ARDD

CHRISTINE SANANES

26/04/2016

à 09:12

C'EST UNE APPROCHE TRES OUVERTE SUR L' avenir et non sur le passé , merci pour cette optimisme,.
Christine

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Cathie

25/04/2016

à 18:28

C'est bien beau ,mais quand tu es en recherche d'emploi , déjà tu es rarement invité à un dîner sauf si c'est en début de recherche d'emploi !

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Un proposeur d'emploi depuis plus de 5 ans (bac + 5, etc ....)

25/04/2016

à 18:21

Article intéressant, qui tend à montrer que l'usage de mots "positifs" est préférable à des mots plus "sombres".
Mais au delà des mots utilisés, il demeure les réalités: Marché du travail France: 1 millions de postes proposés,
pour plus de 6 millions de "proposeurs de compétence" (chômeurs), toutes catégories confondues.
Il demeura donc toujours 5 millions de personnes en quête d'emploi, ce quelque soit les mots utilisés par ces chômeurs.
Ce ne sera que le jour où le marché de l'emploi s'équilibrera que l'on verra l'horizon s'éclaircir.

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DCH

25/04/2016

à 17:15

Je serai curieux de connaître l'age des personnes que l'on cite dans cet article et le temps qu'elles ont passé à "faire ce qu'elles rêvaient de faire" ou combien de temps cela leur a pris "pour apprendre une langue", comme elles disent !!!
On peut pratiquement palper dans leurs propos, la frayeur de se trouver dans cette situation ...
Elles n'ont sûrement jamais connu la joie de rencontrer des interlocuteurs totalement ignorant de ce qu'est votre monde du travail et d'avoir à vous dévoiler au-delà de ce qui serait nécessaire, sous prétexte que vous proposez vos services en répondant à une offre d'emploi.
Je me dis que ça doit être un business juteux... Il y a pléthore de ces cabinets de recrutement (les vendeurs de pelles et de pioches... comme cités) .
On ne peut bien évidemment pas rejeter l'entière responsabilité aux Ressources Humaines, fussent-elles de l'entreprise ou d'un cabinet.
Néanmoins, ne sont-elles pas à l'origine de toutes ces modes où le chômeur (le mot est lâché) qui n'a qu'un seul désir: trouver un job qui lui convienne, doit passer par des gesticulations intellectuelles variant au gré de l'humeur de ces interlocuteurs à la légitimité autoproclamée.
Il ne devrait pas y avoir de honte à dire qu'on est chômeur, il est en revanche insupportable de constater, qu'un trop grand nombre finit par se résigner et s'en remettre au système de protection sociale...

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En réponse à DCH

plume

16/01/2017

à 16:32

Je suis d'accord avec ce que vous dites. Pour tous ces cabinets, cela est tellement juteux, que le fait que nous soyons sans emploi, au chômage, mot que personne ne veut prononcer où entendre, fait bien parti malheureusement de notre société, de notre vocabulaire inscrit depuis des années dans notre société et créer par tous ces gens qui se disent intermédiaires.
Intermédiaires de rien du tout. La plupart du temps, ne sont pas fichu de savoir ce que la société à réellement besoin. On vous regardent de haut, eux qui pour beaucoup, ne possèdent souvent peu de diplômes et sont incompétents.Par ailleurs, au vu du temps dispensé pour donner une réponse à la suite de l'entretien enfin décroché, je trouve cela irrespectueux pour ceux qui attendent. Il serait tant que les choses changent, tant du côté de la réactivité des entreprises que de ces cabinets. Sinon, nous, chercheurs d'emploi, allons devoir changer les choses.

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Stephanie

25/04/2016

à 17:50

Franchement avez-vous la moindre petite idée de ce qu'est le chômage ? C'est avec des propos pareils que l'on se retrouve totalement exclus. Vous venez d'en faire une jolie démonstration ;-)

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Un homme

25/04/2016

à 17:10

Très bon article. C'est valable pour les personnes qui ne se jugent que par leur capacité à apporter plus mais sont rebuté pour des raisons aussi idiotes que d'autres à l'embauche?

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bossanovajm

25/04/2016

à 16:22

Finalement tout ça c'est une belle hypocrisie bien Française! On refuse systématiquement l'échec dans notre société alors que ça devrait faire partie des expériences qui font avancer. Aux États Unis les périodes de travail alternent beaucoup fréquemment avec les périodes de sans emploi, il suffit d’observer les CV pour se rendre compte que le turnover est énorme outre Atlantique bien plus que c'est chez nous et les périodes de chômage sont perçues comme des remises en questions constructives pour pouvoir redémarrer autre chose donc du positif. La France est à la ramasse surtout dans sa mentalité mesquine et conservatrice.

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En réponse à bossanovajm

Patbil

27/04/2016

à 11:12

Tout a fait d'accord avec vous. Tenter des expériences différentes qui viennent vous enrichir est perçu en France comme négatif. Nous avons affaire à des esprits sclérosés enracinés dans une vision archaïque du monde du travail. Malheur ensuite au sénior qui se retrouve confronté au regard des recruteurs.

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A Pkmy

25/04/2016

à 16:22

Cet article est très bien, et je suis d'accord avec cette façon d'aborder la conversation et encore plus avec la façon dont il faut voir les choses pour ne pas "sombrer"..
Le problème en France comme dans tout autre pays occidental est que notre image est basé sur notre "rang" dans la société et donc notre travail .. Chose stupide, nous possédons tous des valeurs avec ou sans..

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Alex.Christian

14/04/2016

à 11:06

Chercher un emploi en France, ressemble de plus en plus à chercher de l'or. Ce sont les vendeurs de pelles et de pioches qui s'enrichissent.

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En réponse à Alex.Christian

ManuCh

23/05/2017

à 15:36

On peut toujours consulter un bon site pour trouver un emploi.
Moi, j'préfère villetravail.fr
Qui cherche, trouve, faut pas l'oublier ^^

> Répondre

En réponse à Alex.Christian

ManuCh

23/05/2017

à 15:11

On peut toujours consulter un bon site pour trouver un emploi.
Moi, j'préfère villetravail.fr
Qui cherche, trouve, faut pas l'oublier ^^

> Répondre

Olier, Yves

12/04/2016

à 16:31

La recherche active d'un emploi est un travail à plein temps.

> Répondre

Nadège HUQUE

07/04/2016

à 10:39

Bonjour, j'apprécie particulièrement cet article qui pointe du doigt ce moment particulier de "l'entre-deux". Des astuces et pistes qui permettent de maintenir son état d'être, en se montrant serein et proactif. A faire suivre.....

> Répondre

Dupont T

05/04/2016

à 20:10

Très bonne analyse. Il faut effectivement être et se montrer positif; être acteur (ne pas subir la situation, les difficultés du Marché), garder la main. J'adhère à 200% !!

> Répondre

Cha

05/04/2016

à 19:29

Très rafraîchissant à lire ! L'optimisme et le bien-être dégoulinent de cet article.

Il est vrai qu'en étant en période de recherche d'emploi, certaines personnes ont tendance à se refermer sur elle ou à donner l'impression d'avoir au-dessus de leur tête le lourd poids d'une épée de Damoclès symbolisée par ce qu'elles pensent être la réprobation des autres quant à leur situation professionnelle.
Etre en recherche d'emploi n'est point une tare ou une quelconque maladie contagieuse, surtout dans la société actuelle dont l'évolution rend le marché de l'emploi de plus en plus complexe.

Je ferai suivre cet article aux personnes de mon entourage qui sont concernées.

Merci beaucoup, Sylvie Laidet !

> Répondre

constant

05/04/2016

à 17:42

bonjour! j'aimerais savoir si être honnête peut nous avantager ou pas lors d'un entretien c'est à dire se valoriser sans exagération et ne parler que des compétences qu'on possède sans prétention

> Répondre

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