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Les recruteurs ont-ils une âme ?

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Benjamin Fabre

[Chronique] Avec leurs questionnaires constipants et leurs lettres de refus glaciales, les recruteurs ne sont pas réputés pour leurs qualités de cœur. Mais d’ailleurs, en ont-ils vraiment, des cœurs ? La réponse de notre chroniqueur Benjamin Fabre.

Pour Total, la matière première, c’est le pétrole. Pour les banquiers, c’est l’argent. Pour les recruteurs, c’est l’être humain. Sélectionner et trier les candidats comme des têtes du Charolais ne fait pas de cette corporation d’écrémeurs la plus sympathique qui soit. Ni la plus philanthrope. Au point de se demander si elle est dotée d’une âme, débat qui n’est pas sans rappeler, en poussant un peu le bouchon, la controverse de Valladolid qui se posa, en 1527, la même question à propos des Amérindiens au motif qu’ils pratiquaient des sacrifices humains…

Ils traitent votre CV avec mépris. Répondent à vos candidatures une fois sur dix. Vous reçoivent en entretien d’un air blasé, pour ne pas dire somnolent, en vous aspergeant de questions insidieuses dont les réponses semblent tomber dans des abîmes sombres et insondables. Ils vous soumettent à des tests de personnalité ridicules dont les résultats peuvent être interprétés à l’endroit, à l’envers et même en diagonale si la météo le permet. Ils vous font des sourires de faussaires. Vous annoncent des process de recrutement accélérés puis vous infligent onze entretiens et six mois d’attente avant de déclarer finalement, à peine gênés, que le poste n’a jamais été ouvert.

Votre opinion est faite : de même que ces gens vous barrent la route de l’emploi, le bon Dieu leur barrera celle du Paradis. Ils méritent encore moins la vie éternelle que les plantes et les dalmatiens à qui Saint Thomas d’Aquin reconnaissait l’existence d’âmes, de seconde catégorie certes, mais d’âmes quand même.

Et pourtant… La rigueur du débat m’oblige à renverser la perspective. Et à vous demander ce que serait votre cœur si pur et si grand si vous passiez vos journées à écouter des gens vous narrer leurs exploits sur SAP, en six-sigma et en gestion actuarielle. Si vous deviez traiter six-cents CV par jour. Si vous deviez subir soixante minutes d’entretien avec un contrôleur de gestion haletant alors que vous vous êtes fait une opinion (négative) sur lui en moins de dix secondes. Si vous deviez grouper tous vos entretiens aux heures des repas pour arranger ces messieurs-dames. Si vous étiez régulièrement moqué par Benjamin Fabre sur Cadremploi…

Je connais plusieurs recruteurs. Vous aussi, je parie. Ils ne sont pas si inhumains. J’ai vu certains d’entre eux cueillir des fleurs, sauver des hérissons et même pleurer devant La La Land. Faites un pas vers eux. Tendez l’oreille et écoutez leur petit cœur qui bat. Je vous jure qu’il existe. Nous les retrouverons au paradis avec Mère Teresa et l’inventeur de l’open-space. Peut-être que dans cinq siècles, nous rirons tous ensemble de ce débat obscurantiste ? 

Et vous ? Quelle est votre vision des recruteurs ? Poursuivez le débat sur la page Facebook de Benjamin Fabre 

>> Retrouvez toutes les chroniques mordantes de Benjamin Fabre sur Cadremploi

 

9

commentaires

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RICHARD du Perron Olivier

16/09/2017

à 07:59

Bonjour je suis actuellement en recherche d'emploi. J'ai rencontré plusieurs recruteurs (RdV physiques, Skype,et Téléphone). Je n'ai à ce jour pas eu de "monstres" en face de moi. Il y a eu des questions qui me paraissent justifier et un temps suffisant à l'analyse de ma candidature. Seul bémol, j'ai rarement eu de retours sur ma non sélection malgré demandes.

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Frances

13/09/2017

à 21:50

excellent article, j'adore aussi le choix de la photo.

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Yann

08/08/2017

à 19:05

Le seul reproche que je puisse leur faire, c'est leur manque de franchise. Si ils se font une opinion sur moi en moins de dix secondes, qu'il me le disent à la onzième, et si ils ont changé d'avis au 3ème entretien, je prend également. Si je suis trop cher, trop vieux, trop laid, trop incompétent, ou trop direct :-) qu'ils me le disent, je saurai au moins quoi améliorer.

Encore une fois, dans une recherche, clore une piste est aussi important que de l'ouvrir, pour ne pas gaspiller son énergie, et focaliser ses actions.

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En réponse à Yann

Zoé

25/08/2017

à 12:18

Et pourquoi ne le font-ils pas?

Savoir "clore une piste" requière de la compétence
Savoir la mettre en œuvre ou qu'il faudrait l'acquérir, demande de l'humilité

Un recruteur qui ignore la signification de l'acronyme RH s'identifie en bien moins de 10s

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isacha

26/07/2017

à 13:15

J'adore les faire rire ! Ils se souviennent de moi en général et me recontactent

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Kris13

26/07/2017

à 07:24

Bonjour,


Quelques recruteurs ont une âme et une véritable sensibilité envers le candidat!
95% ne sont que des machines à fric , des robots !

Pour cela que des entreprises reviennent aux recrutement sans eux !

Revoyez votre travail !

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gila

25/07/2017

à 20:55

bah s'ils sont malheureux qu'ils changent de métier,

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Leïla19

25/07/2017

à 17:50

Bonjour Benjamin,
Merci pour votre article sur la présupposée âme des recruteurs ; un bon moment de détente dans ma quête du Saint-Job !

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Valérie CHATAIN, Vall

25/07/2017

à 12:59

Merci pour cet article, j'apprécie le point de vue mis en lumière. J'irai jusqu'à énoncer que leur comportement relève souvent de la vision, consciente ou inconsciente, éclairée ou pas, du capitaine de l'entreprise... Alors, effectivement, qui dirige vraiment ? Heureusement, ces recruteurs bienveillants ont gardé leur pouvoir ( pour voir) pour accomplir parfois ( relativement souvent ?) une telle mission. Merci à eux de participer à la préservation de notre liberté en conservant la foi en l'humanité justement...

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