Outplacement : comment il profite aux cadres

Publié le 13 avril 2012 Sylvie Laidet

Même si le taux de chômage des cadres plafonne encore autour de 5%, cette population n’est pas épargnée par les licenciements ou autre rupture conventionnelle du contrat de travail. Pour faire passer la pilule, les DRH financent des outplacements à certains cols blancs débarqués. Explications.

Qu’est-ce que l’outplacement ?

L’outplacement est un accompagnement personnalisé pour cadres au chômage. Ce dernier est financé par l’entreprise se séparant du collaborateur et il est réalisé par un cabinet spécialisé. « Plus qu’une aide à la recherche d’emploi, l’outplacement est un accompagnement au changement de posture des cadres. La plupart se retrouvent confrontés à une période de chômage pour la première fois et sont déboussolés dans le cadre de leur recherche d’emploi », explique Marc Saunder, auteur de « Cadres en Stock, pour en finir avec les idées reçues sur l’outplacement » (village Mondial) paru en mars dernier.

Le cabinet d’outplacement, mandaté par l’entreprise, a donc pour mission de les guider vers un nouveau projet professionnel. Les contrats d’outplacement sont conclus pour une durée indéterminée, éventuellement jusqu’à la reprise d’un emploi (souvent pour les plus seniors). « Depuis le début des années 2000, l’âge moyen des cadres en outplacement a baissé de 10 ans. Aujourd’hui, il est d’environ 45 ans », observe notre expert, également dirigeant du cabinet Nexmove.

Comment choisir un cabinet d’outplacement ?

L’employeur présélectionne en général une liste de cabinets. Mais rien n’empêche le cadre de proposer lui-même un cabinet avec lequel il aurait davantage de feeling, ou que son réseau lui aurait conseillé. Pas facile de sélectionner un cabinet. Aussi faut-il rencontrer plusieurs consultants avant de choisir le vôtre et multiplier les questions : quels sont la spécialité et le réseau du cabinet ? Ses méthodes de travail ? Les profils que ce dernier accompagne le plus souvent ? Les réponses devront évidemment correspondre à vos attentes. Vous devez également porter une attention particulière à la logistique du cabinet et à la formation et à l'expérience du consultant qui vous sera attribué.

Comment se déroule un outplacement ?

Concrètement, une fois le choix du cabinet effectué, tout commence par un bilan. « Il s’agit d’un état des lieux mais surtout d’une réflexion sur la construction du projet professionnel de la personne », insiste Marc Saunder. Vient ensuite une phase de « personnal branding » ou de marketing personnel. Au cours de cette étape, le cadre est coaché pour parfaire sa communication écrite (CV, profil sur les réseaux sociaux, rédaction offre de service…) et orale (synthétiser une entretien d’embauche, atelier de relooking…). Sans oublier la communication digitale. « Les cadres doivent travailler leur e-réputation afin que leur référencement naturel sur les moteurs de recherche soit favorables. C’est ce que l’on appelle l’outplacement 2.0 », souligne Marc Saunder, par ailleurs président du Syntec Conseil en évolution professionnelle.

Une fois la communication bien rôdée débute la campagne de recherche d’emploi, en général entre 1 et 2 mois après le début de l’outplacement. « En lien avec le consultant, le cadre cible les entreprises, les réseaux, les personnes à contacter… Après chaque réponse ou rendez-vous, le coach fait un débriefing. Cela suppose de la réactivité de la part de ce dernier et de la créativité. C’est à lui de s’adapter au mode de fonctionnement du cadre. Et pas l’inverse », insiste-t-il. Enfin, dernière étape : le coaching d’intégration vise à transformer l’essai en emploi durable. Selon les contrats, la garantie de reprise, soit la possibilité donnée au cadre de faire à nouveau appel au cabinet d’outplacement en cas d’échec dans son nouveau job, est plus ou moins limitée dans le temps.

Les erreurs à éviter

Premier écueil ? Se précipiter. « Certains cadres ont du mal à gérer leur impatience et se jettent sur le premier job venu. A quelques exceptions près, il faut prendre le recul nécessaire pour tourner la page et se projeter vers un emploi pérenne. L’outplaceur n’est pas là pour aider le cadre à vite retrouver un job mais pour l’épauler dans une recherche d’emploi dans lequel il se sentira bien », recadre Marc Saunder. L’autre piège est de ne pas tirer les enseignements de ses expériences précédentes. Le risque est alors de reproduire les mêmes erreurs.

Taux de réussite de l’outplacement

« A part ceux qui approchent de la retraite et décident de sortir du dispositif, l’ensemble des cadres en outplacement retrouvent un nouveau job. Tout est en fait une question de temps », assure Marc Saunder. Selon la dernière étude sur le sujet du Syntec conseil en évolution professionnelle, 80% des cadres ainsi suivis décrochent un boulot en moins d’un an.

Sylvie Laidet © Cadremploi.fr

Sylvie Laidet
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Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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