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Pourquoi tous les recruteurs recherchent des profils entrepreneurs ?

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Sylvie Laidet

17/01/2017

Il suffit de parcourir les offres d’emploi pour se rendre compte que la qualité d’entrepreneur est largement recherchée pour des postes cadres. Mais pourquoi les recruteurs recherchent-ils des entrepreneurs dans l’âme ? Qu’attendent-ils exactement ? Cadremploi décrypte pour vous cette nouvelle tendance.

Un profil entrepreneur, c’est quoi  exactement ?

Quand une entreprise recherche un candidat aux qualités entrepreneuriales, c’est qu’elle recherche un candidat autonome, qui n’a pas besoin de chef pour lui dire ce qu’il a à faire. Un professionnel débrouillard, polyvalent, innovant, qui affectionne le travail en équipe et en mode projet, et qui ne rechigne pas à prendre des risques. « L’image que l’on a d’un entrepreneur est effectivement quelqu’un qui n’hésite pas à sortir de sa zone de confort pour s’adapter à des environnements très changeants. Bref, un candidat qui n’a pas peur du changement », résume Denis Monneuse, chercheur au sein de l’Institut de l’entreprise.

 

Pourquoi les recruteurs veulent-ils des candidats avec un côté entrepreneur ?

« Les générations Y et Z ont peur des grandes entreprises avec des organisations hiérarchiques très fortes et des processus pour tout. Elles veulent de l’autonomie », observe-t-il. Alors pour les attirer, les employeurs déploient de nouveaux arguments, notamment la notion d’entrepreneuriat, sous-entendu, vous serez plus autonome. « Les recruteurs surfent sur la vague des start-up qui attirent de plus en plus de jeunes et sur le fait que plus de 60 % des jeunes aspirent à la création d’entreprise. C’est un moyen de les attirer. Il y a quelques années, on insistait beaucoup sur la notion de créativité. Désormais, c’est l’entrepreneuriat », argumente Cyril Capel, dirigeant du cabinet CCLD Recrutement

 

Quelle réalité derrière l’offre d’emploi ?

Autrement dit, les candidats ayant une âme d’entrepreneur pourront-ils vraiment laisser libre cours à leur autonomie, créativité, prise de risques, etc. ? Sur le sujet, les avis sont partagés. « C’est une promesse illusoire. Dans les grandes entreprises, il n’y a ni liberté d’action, ni feuille blanche. Mais au contraire des feuilles de route bien tracées et bien encadrées », défend Jean Pralong, professeur en gestion des ressources humaines et titulaire de la chaire Nouvelles carrières à Neoma Business School. « À part dans les entreprises dites libérées, les organisations n’ont pas réellement changé. Un poste de commercial à pourvoir reste un poste de commercial avec des objectifs à atteindre. Qu’il s’appelle chef de publicité, gestionnaire de patrimoine, business développer,… C’est un job de commercial et pas d’entrepreneur », insiste Cyril Capel.

Toutefois, il existe des configurations d’entreprises pour lesquelles ces profils entrepreneurs semblent davantage justifiés. « Les entreprises qui travaillent en mode projet sans réelle ligne hiérarchique directe peuvent avoir besoin de ce type de profil plus entrepreneur », souligne Denis Monneuse. Idem pour les celles qui montent des start-up en interne. La marque de sous-vêtement Undiz vient ainsi de lancer Undiz Academy. Objectif : « recruter 7 jeunes entrepreneurs audacieux et ambitieux, à travers le monde, pour lancer des sites de e-commerce Undiz dans leur pays ». Ils auront un an et un budget de 300 000 euros chacun pour prouver que leur pays est le meilleur. « Recrutés en CDD d’un an à l’issue de plusieurs phases de sélection, ils devront s’engager, innover et prendre des risques en sortant du cadre. Ils ne sont pas là pour juste remplir une case dans notre organisation », insiste Sébastien Bismuth, directeur général d’Undiz. Pour ce dirigeant, « ce sont des profils qu’il faut avoir dans l’entreprise mais il ne peut pas y avoir que des entrepreneurs ». « Notre cabinet affiche l’entrepreneuriat comme une valeur. Pour autant, on ne peut pas faire tout ce que l'on veut quand on veut. Un entrepreneur n'est jamais complètement libre. Cette posture développée au sein d'une entreprise peut aider les salariés à comprendre qu'un entrepreneur a aussi des contraintes", précise Sylvie Baychelier, directrice générale du cabinet Arthur Hunt. Alors, faut-il croire que les recruteurs sont prêts à faire entrer des entrepreneurs dans leurs organisations ? La réponse est donc loin d’être tranchée. « Si les employeurs étaient réellement honnêtes, ils parleraient d’intrapreneurs, ou encore de collaboracteurs. Mais comme ces termes ne sont pas très connus et donc pas bien référencés, ils indiquent entrepreneurs », regrette Cyril Capel. Une solution de facilité qui ne doit quand même pas faire oublier que les candidats postulent à des jobs de salariés.

>> Lire aussi : Intrapreneurs : quels sont les obstacles à franchir pour réussir ?

Et vous, aviez-vous remarqué cette nouvelle tendance ? Quand vous lisez "profil entrepreneur" sur l'annonce, vous êtes attiré ou sceptique ? Dites-nous en commentaire ?

 

19

commentaires

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Carine

26/01/2017

à 09:26

Très joli article qui continue d'enjoliver le travail salarial déguisé. Ne vous leurrer pas ce type d'offre d'emploi n'est là que pour servir les intérêts de l'entreprise en lui évitant de payer les charges sociales d'un salarié, en récupérant la TVA.
Quand à vous petit entrepreneur, malgré les heures que vous ne comptez plus, après avoir payer les charges qui vous incombent (TVA, RSI, CFE, IMPÔTS), vous verrez que vous êtes loin d'une rémunération honnête, et que du jour au lendemain ce partenariat peut prendre fin car vous n'êtes qu'un sous traitant pour cette entreprise .

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rejasse Jean jean

25/07/2017

à 11:48

Très bien évalué Carine,

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Olivier

20/01/2017

à 10:52

Le profil d'entrepreneur n'est pas en adéquation avec les demandes de l'entreprise. Pourquoi? Tout simplement parce qu’un entrepreneur est indépendant dans son travail, par conséquent il ne rend pas de comptes si ce n'est à lui même, il est autonome dans son travail et dans ses plans d'actions.
L'entreprise cherche des profils indépendants mais veut les contrôler , car de nos jours la confiance n'existe plus ou peu et elle est mélangée à la peur de ne pas maîtriser l'individu.
Par conséquent il y a des éléments que je ne comprends plus si ce n'est vouloir le beurre et l'argent de celui-ci.

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Fernando

19/01/2017

à 20:52

Pour ma part, je reste très méfiant car ce terme d'entrepreneur" peut regrouper des notions telles que le "portage salarial", ou le statut de mandataire, ou de franchisé...autant de statuts qui permettent aux entreprises de ne pas prendre de risque en embauchant un salarié, avec un véritable contrat de travail.

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Lucien

18/01/2017

à 20:07

Récemment, certains RH gémissaient à la radio sur le peu de constance des recrutés récents étant en CDI avec des salaires pas des plus médiocres et qui choisissaient de trouver un sens à leur travail quotidien en devenant "entrepreneurs".
Que faut il en penser, au final ?

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Pascal

18/01/2017

à 17:41

Ce n'est pas encore franchement exact. Entre l'annonce et les exigences réelles de l'entreprise il y a très souvent une différence.
L'autonomie fait peur à l'entreprise car l'on veut contrôler ce que fait le salarié hors un vrai entrepreneur dans l'âme aura du mal à naviguer avec une puce au c !
Laisser les talents s'exprimer comme au temps de nos parents est possible et fortement recommandé si l'on souhaite sortir durablement de cette crise.

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Lucien

18/01/2017

à 15:56

Récemment, certains RH gémissaient à la radio sur le peu de constance des recrutés récents étant en CDI avec des salaires pas des plus médiocres et qui choisissaient de trouver un sens à leur travail quotidien en devenant "entrepreneurs".
Que faut il en penser, au final ?

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JD Gallet

18/01/2017

à 14:53

Très intéressant cet article.
Nul ne peut effectivement douter, qu'au-delà de quelques entreprises qui vont réellement donner une large autonomie à leurs nouvelles recrues, la plupart veulent de bons soldats qui vont passer autant voire plus de temps à faire du reporting qu'à faire leur travail.
Mais il y a plus grave. Les grandes entreprises ont depuis une dizaine d'année cherché, plus ou moins consciemment, à éliminer tous les profils entrepreneurs de leurs sélections. Elles les ont éliminés car ils sont un peu trop indépendants, un peu rebelles, accordent plus d'importance au client (interne ou externe) qu'à leur hiérarchie et sont capables de shunter les règles de temps en temps pour aller droit au but et au résultat. Et ça, ça agace franchement le management intermédiaire qui a peur de ces électrons libres plutôt compétents et plutôt courageux, mais pas forcément enclins à suivre les errances du management financier d'aujourd'hui.
Depuis 10 ans, j'ai vu les entreprises les évincer progressivement. Ce n'est pas faute d'avoir alerté : il en faut une petite dose dans les organisations, car ce sont eux qui fluidifient les process et qui sont capables de mettre au jour les non-sens de toutes les procédures. Rien n’y a fait !
Aujourd'hui, tous ces "rebelles" sont à leur compte et les grandes entreprises sont au bord de l'étouffement, grippées par le politiquement correct et le "pas de vague". Sans ces profils, personne n'ose dire les choses, contrarier vraiment le management, transgresser certaines règles ; bref, agir là où il le faut et quand il le faut.
Les entreprises commencent à s'en rendre compte. Mais le mal est fait. Plus personne n'a d'autonomie. Plus personne ne peut prendre de décision seul. Au final, le service se dégrade et c'est le client final qui en fait les frais.
Alors les RH réagissent : il faut des entrepreneurs ! Mais c'est du marketing. En France, nous gardons le management le plus bête du monde. On essaie désespérément d'imiter les anglo-saxons en singeant leurs pratiques et leurs modes. Mais on n’y arrive pas. On ne singe que l'étiquette car nous ne sommes absolument pas prêts à vraiment remettre en cause nos manières hiérarchiques et peureuses de faire du management...
Jean-David Gallet - Gérant du cabinet JDéveloppement

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C VERDEAU

18/04/2017

à 20:03

JD Gallet, que je félicite et que je remercie, synthétise avec justesse et brio, une réalité rencontrée souvent par les "seniors" (les "majors", soyons positif).

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Jean-Marie Maupin

25/01/2017

à 07:57

Absolument exact en tous points.

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zoe

21/01/2017

à 09:54

J'ai rarement lu une contribution aussi pertinente et reflétant la simple réalité du terrain: à 1000 lieux des beaux discours et concepts

Merci M.Gallet

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Dominique Maury

20/01/2017

à 14:40

Je suis totalement d'accord. J'ai fais parti à une période de ma carrière de ces gens qui réussissaient mais qui ne respectaient pas les règles.
Ces grandes entreprises ont tue le bon sens et on tue l'envie de créer et de développer au sein même de la société
C'est pourquoi on trouve de plus en plus de petits indépendants qui essayent de se développer au risque de tout perdre

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Herve Joffres

18/01/2017

à 20:52

John Kenneth Galbraith

« La bureaucratie atteint des sommets dans les grandes firmes »

2 Tomes : « L’ECONOMIE HETERODOXE » Edition du Seuil
35e le volume
Célèbre économiste américain, maître à Princeton & Harvard
Auteur de nombreux best-sellers mondiaux sur le thème du syndrome bureaucratique

Vous portez un regard très critique sur la culture des grandes organisations … ?
J.K.G : Toute organisation importante, publique ou privée est pourvue d’un objectif commun nommé politique d’entreprise. Toute personne qui s’interroge sur son bien fondé contrevient aux exigences fondamentales de la réussite collective qui est de la servir sans broncher. Elle s’expose à des représailles. C’est pourquoi les serviteurs de la grande entreprise renoncent à toute réflexion indépendante, une capitulation intellectuelle faite d’acquiescement et d’indifférence.

De quelle manière la bureaucratie se développe t’elle ?
J.K.G. : Cette culture du renoncement incite puissamment à repasser les problèmes aux autres, sans en prendre la responsabilité. Une délégation qui accroît inéluctablement les échelons hiérarchiques et le prestige du commandement. Et le personnel d’encadrement devient pléthorique.
Malgré la pression du marché, la bureaucratie atteint des sommets dans les sphères supérieures, où les responsables jouissent d’une immunité consternante face à la critique, comme le montre l’actualité.
Pourtant, cela finit par mal tourner…
J.K.G. : La bureaucratie conduit les entreprises au bord du gouffre, les rendant incapables de s’adapter au changement de leur environnement et conduit à des dégraissements par milliers pour réduire les coûts. Mais on ne se demande jamais ce que faisaient tous ces gens dans l’entreprise.

COURRIER CADRE 2007 déjà !!! je partage votre analyse voir aussi les posts sur lk de Christine LY via 3 portraits seniors juniors et atypiques : perso je suis les 3 et en plus ....Entrepreneur et manager de transition

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Nicolas

18/01/2017

à 12:01

Bonjour à tous.
Quand je lis "profil entrepreneur", je sens venir le coup tordu.
J'assimile ça à une décharge de responsabilité de la direction vers certains salariés, un moyen confortable de ne jamais remettre en question le fonctionnement de la direction, car l'initiative est à la charge d'un seul élément, qu'on peut faire sauter comme un fusible en cas d'échec (et il y en aura forcément).
Une autre façon de le lire est "je veux un employé qui acceptera un salaire et un statut de salarié mais qui fera le boulot d'un directeur".

Outre cet aspect, j'ai des doutes concernant l'autonomie supposée de ces intrapreneurs qui, même si on leur laisse une marge de manoeuvre, devront composer avec les structures rigides des grosses entreprises.
Dans ce cas, soit ils dépasseront les limites de ces structures (dissimulation, falsification et magouilles internes en tout genre), ce qui les fera renvoyer en cas d'échec des projets, soit ils devront attendre que les structures suivent, auquel cas leur role "intrapreneur" se limitera à un role "d'éclaireur".

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Gaius

18/01/2017

à 07:27

Je doute que les entreprises recherchent des profils entrepreneur. Ce qu'elles recherchent, ce sont de bons petits soldats. Il n'ya qu'à voir le nombre de recruteurs qui réagissent avec dédain quand on leur explique qu'on a travaillé dans une petite entreprise, voire une start-up, sans parler de ceux qui étaient leur propre patron.

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JulieHappychiefofficier

17/01/2017

à 17:40

C'est vrai car finalement même si le métier reste parfois l'approche peut être différente avec des espaces aménagés pour l'entrepreneuriat et afin que chaque se saisisse de sa mission et l'accomplisse jusqu'au bout.

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Danielle D.

17/01/2017

à 17:24

Effectivement, j'avais aussi noté cette notion d'"entrepreneur" dans bon nombre d'annonces. Cela me paraissait aller à l'encontre du salariat. Généralement, les sociétés n'aiment pas les électrons libres.... Encore une fois :-(, je constate le double langage: il y a ce que l'annonce dit et la réalité de l'entreprise. Merci les recruteurs! Je vous aime (pas).

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Cassandra

17/01/2017

à 16:53

Quand je lis "profil entrepreneur" sur l'annonce, je suis sceptique car ça n'as pas de sens dans une annonce pour un poste salarié. Comme dit l'article, il y a une illusion d'autonomie...

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Christian

17/01/2017

à 16:50

Merci pour ce sujet intéressant que l'on retrouve en effet souvent dans des annonces, au moins pour les cadres dirigeants.
Dommage que la culture de bon nombre de sociétés ne permette pas de les recruter et même de les conserver.
Il s'agit vraisemblablement de ce mal français dont on parle si fréquemment, l'inculture de la création de valeur.
Un entrepreneur/cadre dirigeant

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